"Foutage de gueule" et "catastrophe humaine" : la CGT vent debout contre Carrefour

Magasin Carrefour à Calais (© PHILIPPE HUGUEN - AFP)

Reportage Sud Radio. Alors que le plan de restructuration de Carrefour annoncé par le PDG Alexandre Bompard fait beaucoup parler depuis des mois, la CGT a décidé de bloquer cette semaine la moitié des 22 entrepôts du groupe. Explications.

Nouvelle journée de mobilisation pour les salariés du groupe Carrefour. La CGT a décidé de bloquer à partir d’aujourd’hui et pour le reste de la semaine la moitié des 22 entrepôts du groupe. Le but : empêcher l’approvisionnement des magasins suite au plan de restructuration annoncé par le PDG Alexandre Bompard en début d'année. Alors que 272 magasins sont menacés de fermeture, seuls 15 seraient concernés par une offre de reprise. Un chiffre bien peu élevé, mais qui ne surprend pas Philippe Allard, délégué CGT Carrefour. "Nous pensons que c’est du foutage de gueule et qu’il n’y aura pas de reprise. Il y a des ex-Dia qui sont situés en face d’un Carrefour Market ! Ils ne vont pas mettre un concurrent en face de chez eux… Donc ils font tout pour qu’il n’y ait pas beaucoup de repreneurs. Pour nous, c’est une certitude !", affirme-t-il à Sud Radio.

Dans le cadre de ces 15 reprises potentiels, 88 postes pourraient être sauvegardés. Une misère au regard des 2100 emplois menacés. Pour Philippe Allard, la situation est aujourd’hui dramatique. "C’est un plan social déguisé ! Si les salariés ne trouvent pas d’offres de reclassement interne, ils vont être licenciés. C’est une catastrophe humaine ce qui se passe à Carrefour…", s’inquiète-t-il.

Et la CGT ne pourra pas compter sur un front syndical uni puisque deux accords de plan de sauvegarde de l’emploi et de départs volontaires ont déjà été signés entre la direction et d’autres syndicats, au grand dam de la CGT. "Les autres organisations syndicales nous ont lâchés il y a quelques semaines. C’est un frein important à la mobilisation en masse dans les magasins, justement parce qu’elles demandent aux salariés de ne pas sortir. Donc c’est un peu compliqué pour la CGT qui est seule dans ce mouvement...", regrette le syndicaliste.

Propos recueillis par Martin Juret

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