Arrêt maladie payés par les entreprises : c'est non pour Sophie de Menthon

Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a récemment proposé de contraindre les entreprises à payer les arrêts de travail de courte durée. Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal ETHIC y est vivement opposée. Elle était invitée de la matinale de Sud Radio. 

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Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a récemment fait une proposition qui en a fait bondir certains. La membre du gouvernement a en effet lancé l’idée de contraindre les entreprises à payer les arrêts de travail de courte durée. Actuellement, passé les trois jours de carence, c’est la Sécurité sociale qui verse la moitié du salaire quotidien par jour d’arrêt. La suggestion de la ministre serait donc de faire passer quatre jours à la charge des entreprises pour les arrêts de moins de huit jours.

Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal ETHIC est vivement opposée à l’idée et l’a récemment fait savoir dans un article sur Challenges. Invitée de Sud radio, elle a réaffirmé ses positions : "Cette décision me fait bondir mais en même temps si j’écoutais le gouvernement, je bondirais souvent. C’est incompréhensible sur le fond et sur la forme. Qui plus est, c’est une décision inquiétante car elle ne s’attaque pas aux fonds. L’arrêt maladie n’est pas un mal, mais il y a des dysfonctionnements et des excès qu’il faut éviter à tout prix".

Cette "décision" du gouvernement qui n’en est pas une pour l’instant énerve d’autant plus la présidente d’ETHIC lorsque la ministre sous-entend que les salariés sont stressés par leur environnement de travail : "On vit dans un monde stressant […] Mais on ne peut en aucun cas implicitement vouloir accuser les entrepreneurs et les salariés eux-mêmes de stresser les salariés avec qui ils travaillent".

Persuadée que des salariés abusent d’arrêts maladies sous la bienveillance de médecins complaisants, Sophie de Menthon souhaiterait d’abord que ces dysfonctionnements soient réglés. Elle estime aussi qu’un décalage bien trop important existe entre les corps de métier : "Demandez donc à un médecin, un artisan, un commerçant, quelqu’un qui travaille à son compte et qui a des responsabilités, combien de fois il a dû être arrêté en 3 ans. En général, il vous répondra qu’il s’est arrêté 2 jours, il y a quelques années".

Pour l’instant, rien n’est fait du côté du gouvernement mais cette proposition lâchée comme une bombe en plein été a eu l’effet escompté. "C’est la théorie lamentable du ballon d’essai" selon Sophie de Menthon, en clair, c’est l’exécutif qui cherche à prendre la température avant de formuler une proposition de loi concrète. La rentrée, qui approche à grands pas, devrait donc éclaircir syndicats et entreprises sur cette idée encore bien floue.