Papacito : "La société française est très fracturée, on va vers une libanisation".

Papacito, blogueur, écrivain, vidéaste, acteur et scénariste de bande dessinée française, auteur du "Crépuscule des Titans" (aux éditions Ring) était l’invité d’André Bercoff, mardi 29 octobre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Papacito invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Papacito revient sur la période du Moyen Âge et de la manière dont elle est enseignée aujourd'hui. Dans son livre, Le Crépuscule des Titians, publié chez Ring, il compte proposer une "contre-histoire" pour remettre à l'honneur ce millénaire médiéval.

 

"tout ce qu'on ne nous a pas appris dans les cours d'histoire, je vous le dis dans ce bouquin"

Dans son livre, Papacito n'épargne pas les professeurs des universités. "Il est le porteur de la propagande contre le Moyen Âge", dit-il en assumant vouloir "revenir à ce qu'est l'histoire organiquement". "C'est la différence entre le steak avec du nerf, du gras et de la viande et un steak haché recomposé. Je dis stop aux steaks hachés pour que l'on revienne à la pièce de boeuf travaillée par le boucher", clame-t-il. Si l'écrivain reconnaît que dernièrement "il y a une relecture du Moyen Âge", il se souvient surtout de ce qu'il a appris durant les années 1990. "C'était effroyable", relate Papacito, "ils rendaient ça chiant, ils parlaient des cathédrales et de l'art roman, ils ne parlaient jamais de la baston". Or, pour le vidéaste, "un gamin de 14 ans veut entendre parler des croisades, de la bagarre". Il précise que "tout ce qu'on ne nous a pas appris dans les cours d'histoire, je vous le dis dans ce bouquin". 

Alors que tant de monde s'essaye à définir notre époque, André Bercoff propose de parler de "contre-Moyen Âge". Pour Papacito, "si l'on entend l'inverse des valeurs, oui je le pense". Il s'alarme sur la façon aujourd'hui de "s'en prendre à des gens désarmés de manière arbitraire, d'où que cela vienne". Pour l'expliquer, l'auteur perçoit "une panne de communication, d'unité. La société française est très fracturée, on va vers une libanisation". Et c'est pour éviter ce destin tragique que Papacito a décidé de prendre la plume. "J'essaye d'apporter des questions qu'il va falloir aborder si on veut éviter une guerre civile".

"Si on ne s'interroge pas, on va vers l'affrontement violent"

Au lendemain de l'attaque de la mosquée de Bayonne, commis par un ancien candidat du Rassemblement national, Papacito rappelle "qu'elle fait suite à une très grande série d'attentats". "Dans un milieu naturel, agression, agression, agression, finit par générer de l'agression", rappelle-t-il. Il somme de s'interroger sur la suite des événements. "Si on ne s'interroge pas et qu'on continue à camper sur nos positions, on va vers l'affrontement violent, et je le répète, je ne veux pas ça". Il prédit la mort dans l'âme la probabilité "d'un retour de flamme". "De plus en plus, les gens ne se laisseront plus massacrer comme ça, c'est à prévoir", alerte-t-il.

Comme pour entretenir le clivage qui existe autour de sa personne et de son oeuvre, Papacito compare avec insolence le "monde de Poutine" et "le monde du progressisme", représenté par Emmanuel Macron. "Poutine conduit des portes avions, fait de l’hélicoptère, il pêche des truites, chevauche des ours, toute la journée c’est Action Man. Le gosse voit Poutine il a envie d’obéir, il sent qu’il appartient à une nation, qu’il va de l’avant. Quand je vois Macron, il fait du vélo, il met du chandail sur les épaules comme les mecs du Cap Ferret, il invite des transsexuels pour la fête de la musique...". Il avoue être "un petit peu plus séduit par le monde de Poutine, bien qu'il soit très critiquable pour x ou y raisons".

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