Jean-Michel Rouart : "Par la culture, on sait d’où on vient, on sait qui on est et on sait où on va"

André Bercoff reçoit Jean-Marie Rouart, romancier, essayiste, membre de l'Académie française, auteur du livre "Les Aventuriers du pouvoir" (aux éditions Robert Laffont).

Jean-Marie Rouart invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Jean-Marie Rouart, académicien, romancier et essayiste, présente au micro d’André Bercoff son dernier livre, Les aventuriers du pouvoir. Une sélection de ses ouvrages sur les hommes et femmes de pouvoir français, publiée dans la collection Bouquins aux éditions Robert Laffont.

 

"Les gens croient en Napoléon comme ils croiraient dans une sorte de Dieu"

Ce qui lie Jean-Marie Rouart aux grands hommes, "c’est la grandeur". Une grandeur dont "on a un peu besoin" aujourd’hui car elle "donne un peu d’oxygène". "Ce qui m’a frappé, c’est que dans toutes les sociétés, il y a toujours eu une mythologie", explique l’académicien. Cette mythologie est "religieuse" au départ, mais elle a été par la suite "remplacée par nos hommes politiques". Un exemple "frappant" pour Jean-Marie Rouart, c’est le personnage de Napoléon : "les gens croient en Napoléon comme ils croiraient dans une sorte de Dieu".

Cette situation a créé, chez les Français, "une telle attente vis-à-vis des Présidents et des hommes politiques que, forcément, il y a une terrible déception". Ce qui le passionne, "c’est la destinée" ; et, précise-t-il, "je suis plus intéressé par les échecs que par les réussites".

Les Français "deviennent des consommateurs, ils ne sont même plus des citoyens"

Entre les hommes politiques comme Napoléon et ceux d’aujourd’hui, "il y a une différence de culture". "Napoléon était un homme extraordinairement cultivé". Au contraire, chez Jean-Pierre Raffarin, "il y avait un vide culturel très net". "Ce vide culturel entraîne en même temps un vide d’ambition". "Aujourd’hui, cette absence de culture empêche de mettre la barre très haut", analyse Jean-Marie Rouart.

Chez les hommes de pouvoir, la culture "joue un rôle fondamental" car "la France, c’est une idée qui est issue de la culture". Aujourd’hui "la pensée française est en train de fiche le camp" à cause de "l’inculture" et du "franglais". Car la langue est "partie liée avec la pensée". "Par la culture, on sait d’où on vient, on sait qui on est et on sait où on va".

Les conversations aujourd’hui sont "d’un vide effrayant". Elles sont "nulles". Cette inculture fait que les Français "deviennent des consommateurs, ils ne sont même plus des citoyens". Ils sont "harcelés par la publicité" qui "vous conduit à acheter des choses que, finalement, vous n’avez pas envie d’acheter et qui fait de vous des êtres matérialistes".

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