Fantasme : quand parle-t-on de comportement pervers ? La réponse de Brigitte Lahaie

Fantasmer est toujours positif, à condition de savoir qu’on est en train de rêver. Le danger serait de confondre fantasme avec besoin...

Fantasme : quand parle-t-on de comportement pervers ?
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Oui, toute pratique est permise entre adultes consentants. Il n’en est pas de même dans tous les pays. Et il faut se rappeler qu’en France, il y a deux siècles, la sodomie était encore condamnée. Aujourd'hui, le champ des possibles est large en terme de fantasme. Néanmoins certains, comme la nécrophilie, rapports sexuels avec des cadavres, trahissent toujours des troubles psychologiques.

Fantasme ou perversité ?

La définition de la perversité est assez différente suivant les époques et les personnes. La religion catholique a bien jugée pervers, tout comportement sexuel lorsqu’il n’était pas conforme à la procréation. Personnellement, je dirai qu’on peut appeler pervers, un individu dont le comportement sexuel ne lui permet d’atteindre la jouissance que d’une certaine façon, très précise ou ritualisée.

Disons-le aussi : un fantasme vécu n’est plus un fantasme. C’est pourquoi on dit toujours qu’il ne faut pas nécessairement réaliser ses fantasmes, bien au contraire. Puisqu'après c’est une course sans fin, on voudra toujours aller de plus en plus loin.

D’ailleurs on le voit bien : une personne qui a peu d’expérience sera terriblement excitée par un geste imprévu a priori anodin, elle sera plus facilement étonnée et stimulée. Alors qu’une personne d’expérience aura besoin d’une grande imagination pour pouvoir être excitée.

Regarder ses fantasmes en face

Cela dit, connaître ses fantasmes, en avoir vécu certains aussi, cela permet de connaître sa part d’ombre et de ne pas être surpris un jour ou l’autre par une pulsion qui nous entraînerait au moment où on s’y attend le moins. Les organismes de prévention contre les MST le savent bien : les personnes qui vont tout à coup faire l’amour sans préservatifs dans des situations particulièrement à risque, sont des personnes moins en relation avec leur sexualité. Elles sont submergées par un fantasme qu’elles ignoraient totalement et elles perdent pied, sans prendre de précautions. Comme si c’était une autre personne qui tout à coup agissait à leur place…

Méfions-nous de celui qui affirme ne jamais avoir eu de fantasmes. Car je dirai qu’on arrive à une sérénité lorsqu’on est capable de d’accepter ses fantasmes, de les respecter sans honte mais sans complaisance. Ils sont à nous, ils font partie de nous. Ils nous appartiennent et chacun a un univers fantasmatique particulier, un peu comme nos empreintes.

Enfin rappelons qu’il est criminel de réaliser un fantasme lorsqu’il met en scène un partenaire non consentant, lorsqu’il nous plonge dans l’illégalité, lorsqu’il met en scène un mineur, lorsqu’il peut mettre en danger la vie d’un être humain.

Brigitte Lahaie

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