Présidentielle 2022 : "La dernière élection des partis" par Philippe Lentschener

Et si la France venait de vivre sa dernière élection présidentielle ? Pour certains, le fiasco de cette élection marque la fin d’un cycle politique, et dénote une certaine incertitude quant à l’avenir. Pour en parler, Philippe Lentschener, homme d'affaires français, spécialiste du marketing et de la communication, auteur de "La dernière présidentielle. Ou comment le système a fini" (Éditions du CERF)

Philippe Lentschener
Philippe Lentschener, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

L’élection présidentielle de 2022 aura pour le moins marqué les esprits. L’irruption d’Éric Zemmour dans la vie politique française. L’échec des écologistes, certains de leur succès après leurs victoires au niveau local. La victoire en demi-teinte d’Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. Le début chaotique de son second mandat. Et surtout, une abstention record, qui s’est vérifiée avec les élections législatives.

Présidentielle : "Les partis font perdre"

Pour certains, à l’image de Philippe Lentschener, ce fiasco marque la fin d’un cycle politique. L’homme d'affaires français, spécialiste du marketing et de la communication, va même jusqu’à dire que ce scrutin était la dernière élection présidentielle de l’Hexagone. Invité sur Sud Radio, il explique que l’on a assisté à la dernière élection des partis. "La certitude que l’on a aujourd’hui, c’est qu’un parti vous fait perdre. Les quatre premiers ont l’apparence d’un parti politique, mais c’est très gazeux. Il n’y a pas de direction, pas de vote. Les quatre premiers de la présidentielle se sont libérés des partis", lance-t-il au micro d’André Bercoff.

Pour Philippe Lentschener, les principaux candidats de la dernière présidentielle ont compris que pour réussir, il fallait se dégager des partis. "Si vous regardez tous les autres, Yannick Jadot, Sandrine Rousseau, etc., ces gens-là ont montré que leur préoccupation première n’était pas les Français, mais leur famille politique. Valérie Pécresse, dès qu’elle est élue après la primaire, elle fait 17%. Pendant les jours qui ont suivi, elle n’a voulu que faire plaisir aux autres cadres de son parti", ajoute ce spécialiste de la communication et du marketing.

L’exemple des écologistes

L’homme d’affaires revient tout spécialement sur le cas des écologistes. Pour lui, ils avaient tout pour gagner leur combat : les publications du GIEC, une prise de conscience croissante dans l’opinion publique. Tout était là. "Il y a une tierce partie qui légitime leur action. C’est un rêve. Et pourtant, Yannick Jadot n’a pas touché les 5%. Il faut acter le fait que cette élection est contradictoire avec ce que sont les écolos. Il est fort possible que les écolos fassent un trait sur cette élection et sortent de la présidentielle", lance Philippe Lentschener.

Pour ce dernier, le problème des écologistes, c’est "qu’ils pensent le monde et la planète, mais qu’ils sont incapables de penser la nation. C’est pour cela qu’ils sont très mal à l’aise avec l’élection présidentielle. Il y a un manque de concret. La preuve par neuf, c’est que les agriculteurs et les ruraux ne votent pas pour eux", conclut-il à ce sujet, poursuivant le démontage en règle du dernier scrutin présidentiel…

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