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Pierre Conesa : la fin de la guerre froide signe une "transformation fondamentale"

Pierre Conesa, agrégé d’histoire et ancien Haut fonctionnaire au ministère de la défense, auteur de "Vendre la guerre le complexe militaro-intellectuel", aux éditions de l’Aube, était l’invité de “Bercoff dans tous ses états".

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Pierre Conesa, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

"Mon livre participe à une réflexion que j’ai commencé il y a un certain temps", explique Pierre Conesa. "C’est ce que j’ai appelé la fabrication de l’ennemi. La différence entre une dictature et une démocratie, c’est que dans une dictature, le dictateur se lève le matin en disant, ‘Tiens on va envahir le Koweït.’ et il a autour de lui une cours qui lui dit ‘quelle bonne idée chef. On aurait dû y penser avant’", explique l’auteur de Vendre la guerre le complexe militaro-intellectuel.

"Dans les démocraties, pour déclencher une guerre, il faut être démocratique. Il faut convaincre l’opinion", explique-t-il. "C’est là que le processus est différent, cela varie selon la nature du conflit. Quand on a un conflit territorial comme l’Alsace-Lorraine, les historiens et géographes ont beaucoup plus pesé que les industriels. Quand on est dans une guerre de religions, ce n’est pas les industriels non plus".

 

Avec la fin de la guerre froide "toute la pensée stratégique" disparaît

"Si vous voulez, cette analyse de Eisenhower est faite dans un contexte de guerre froide, de course à l’armement qui va très largement dépasser ‘l’over-Killing’, c’est-à-dire la possibilité de détruire plusieurs fois la planète. Eisenhower met en garde contre cette évolution", raconte Pierre Conesa au micro de Sud Radio.

"La transformation fondamentale se passe en 91-92 avec la chute de l’URSS. Finalement, le paradis structurant autour duquel a travaillé toute la pensée stratégique a disparu. On finit la guerre froide. Comme disait Arbatov, le conseiller de Gorbatchev, c’est ‘Je vais vous rendre le pire des services, je vais vous priver d’ennemis’. C’est vrai", juge Pierre Conesa.

 

"Il y a des degrés de violences et de complexités différents"

"Cette évolution n’a pas été étudiée comme une évolution sociologique, ce que j’ai essayé de faire. À partir de ce moment-là, ça devient open bar. Il y a environ 400 crises à la surface de la planète. Il y a des degrés de violences et de complexités différents mais à partir de ce moment-là, vous avez des gens qui vont se présenter sur les plateaux télé et les chaînes d’infos en continu et qui vont contribuer à ça.", explique l’ancien haut fonctionnaire.

"La grande transformation se passe en 91 avec la guerre du golfe. Pourquoi la guerre du Golfe, parce que pour la première fois la Russie s’abstient", explique Pierre Conesa. "Donc on va déclencher cette opération pour la libération du Koweït. Le Koweït qui était une grande démocratie était envahi par une autre grande démocratie, l’Irak de Saddam Hussein", ironise-t-il. "À partir de ce moment-là, on va vivre une guerre en direct. On lui donne trois mois de préavis, les antennes de télé s’installent partout et on suit tout à l’époque sur la 6. Et c’est le grand triomphe de CNN".

 

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff chaque jour à 12h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.

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