"L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, votée à l’Assemblée, sera-t-elle vidée de sa substance au Sénat ? La proposition de loi portée par la députée Ensemble pour la République de la Marne Laure Miller, soutenue par Emmanuel Macron et par le Gouvernement, adoptée à la fin du mois de janvier à l’Assemblée Nationale, est soumise ce mardi soir au vote des sénateurs qui pourraient en dénaturer le contenu. Le texte initial de Laure Miller, compatible avec le droit européen, prévoit d’interdire l’accès à tous les réseaux sociaux pour les adolescents de moins de 15 ans, comme cela a été initié en Australie en décembre dernier. Mais un amendement de la sénatrice centriste de Seine-Maritime Catherine Morin-Desailly, adopté en commission, veut distinguer les plateformes supposées dangereuses. Et les autres"
"Une telle issue priverait la France d’être à la pointe du combat mondial pour protéger les enfants des ravages des écrans"
"Certains réseaux sociaux seraient ainsi interdits. Et pour ceux qui seraient autorisés, les jeunes utilisateurs en passeraient par une autorisation parentale. La liste des plateformes proscrites serait établie par le ministère chargé du numérique. Et ce serait aux parents de prendre la responsabilité d’autoriserleurs enfants à aller sur les réseaux sociaux jugés fréquentables. Un changement fondamental de l’esprit initial du texte présenté par Laure Miller. Si la version sénatoriale est adoptée, l’arbitrage final sur le texte se jouera en commission mixte paritaire, la proposition de loi faisant l’objet d’une procédure accélérée. L’interdiction stricte aux moins de 15 ans, mesure forte, considérée d’ordre sanitaire aux yeux d’un grand nombre de spécialistes, serait ainsi largement vidée de sa substance. Une telle issue priverait la France d’être à la pointe du combat mondial pour protéger les enfants des ravages des écrans"
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