Une intersyndicale de l'Éducation nationale appelle les enseignants à la grève mardi pour contester les suppressions de postes et les fermetures de classes et exiger une revalorisation des salaires, une mobilisation nationale que les syndicats anticipent très inégale selon les territoires.
Jusqu'à 30% des enseignants du premier degré (écoles maternelles et élémentaires) du public pourraient être en grève, a indiqué lundi le SNUipp-FSU lors d'une conférence de presse réunissant également l'Unsa, la CFDT, la CGT et SUD.
La mobilisation sera "très disparate selon les départements", a précisé la secrétaire générale du premier syndicat du primaire, Aurélie Gagnier, en reconnaissant avoir "un petit peu de mal à avoir de la visibilité".
Paris, la Gironde, l'Aude ou les Yvelines "annoncent une forte mobilisation" dans les écoles publiques, a-t-elle ajouté.
Dans le second degré, les enseignants n'étant pas tenus de se déclarer avant le jour J, il reste difficile d'anticiper la participation. "On va être sur quelque chose qui pourrait être assez suivi dans certaines académies", comme à Aix-Marseille, en région parisienne ou à Lille, estime Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré.
Temps fort d'une semaine d'actions à l'appel de l'intersyndicale, la grève sera accompagnée de manifestations dans de nombreuses villes. À Paris, un cortège partira à 14H00 de Luxembourg en direction du ministère de l'Éducation nationale.
Les syndicats dénoncent des choix budgétaires "court-termistes" qui aggravent la dégradation d'un service public d'éducation déjà "exsangue".
Au total, 4.000 suppressions de postes d'enseignants, public et privé confondus, sont attendues pour la rentrée 2026, dont 1.891 dans le premier degré public et 1.365 dans le second degré.
L'académie de Lille est la plus touchée, avec 245 suppressions dans le primaire et 167 dans le secondaire.
"On a une chute démographique comme jamais notre pays n'en a connue dans son histoire. Nous aurons perdu dans le premier degré un million d'élèves entre 2019 et 2029 sur 6,5 millions", a une nouvelle fois justifié le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray lundi à Lyon.
"On fait tout notre possible pour minimiser les conséquences de ces fermetures de classes", a-t-il ajouté, assurant qu'il restait "encore quelques mois pour ajuster".
"Cette baisse démographique est utilisée comme une forme d'alibi pour une réflexion assez mécanique, alors qu'elle devrait être une opportunité pour nous donner de l'air", a fustigé Morgane Verviers, secrétaire générale de l'Unsa-éducation.
"On compte beaucoup sur la bonne volonté (des personnels) pour que le système fonctionne et aucune mesure salariale ne vient le reconnaître et cela pèse sur le moral des personnels", a également déploré Laetitia Aresu, secrétaire nationale de la CFDT Éducation.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP