Jacques Cardoze : Vous avez vécu dans votre chair les émeutes urbaines en 2023, votre maison ayant été attaquée à la voiture-bélier. Quel sentiment avez-vous devant les images de destruction des lycées que l'on voit ces dernières heures ?
Vincent Jeanbrun : « Ça glace le sang pour deux raisons. D'abord parce qu'on voit à nouveau cette jeunesse pleine de violence, pleine d'envie d'en découdre avec les symboles de la République, à la fois les forces de l'ordre et les établissements scolaires. Et puis ça glace le sang parce qu'on voit à nouveau ce petit jeu malsain de La France insoumise qui vient jouer avec le feu, alimenter les braises, souffler sur tout ça pour faire en sorte que l'incendie prenne.
Moi je me souviens très bien, vous citez les émeutes de 2023 quand Monsieur Mélenchon faisait la liste sur Twitter de ce qu'on avait le droit de brûler ou de ne pas brûler, tout ça pour inciter à ce mouvement de conflictualisation dans le pays. On assiste là au début de campagne qui sera une campagne violente, une campagne de déstabilisation de notre pays. On voit bien que c'est extrêmement dangereux. Il faut le condamner avec beaucoup de fermeté. »
🔥 Tensions et blocages dans les lycées
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Mobilisation lycéenne : "Je n'allais pas manifester avec une cagoule"
Les facs pourraient suivre le mouvement de grogne. On voit ce matin qu'a priori dix facs sont bloquées. Est-ce que vous craignez cette évolution ?
« Est-ce qu'on peut arrêter deux secondes de dire que les lycées sont en train de manifester, que les facs sont en train de suivre le mouvement ? Ce n'est pas vrai. Il y a une minorité de lycéens qui viennent saccager les entrées des lycées. Ça n'empêche pas qu'il puisse y avoir de vraies revendications lycéennes pour qu'il y ait plus de profs, qu'il y ait plus de moyens, ça on l'entend, j'ai manifesté quand j'étais jeune.
Simplement, moi j'allais pas manifester avec une cagoule sur la tête et j'allais pas manifester avec des mortiers. Je tirais pas sur les forces de l'ordre ou sur le personnel enseignant. Donc je pense que tous ensemble, il faut qu'on surveille notre langage. Ce n'est pas vrai que les lycéens de ce pays sont en train de mettre le pays à feu et à sang. Il y a une minorité instrumentalisée par La France insoumise qui est en train d'essayer de mettre le bazar dans ce pays et de dégrader des choses qui sont pourtant des outils essentiels.
Quand on vient brûler la grille d'un lycée qui a été parfaitement rénové, Valérie Pécresse l'a très bien dit : en Île-de-France, on a mis des millions pour rénover les lycées. Paul Eluard à Saint-Denis venait d'avoir une rénovation à 45 millions d'euros. Résultat, après cette pseudo-manifestation, tout est brûlé, tout est cramé, on ne peut pas rentrer dans l'établissement, et tout ça sous les applaudissements et les danses de joie des leaders de La France insoumise, c'est inacceptable. »
"Un élu de la République se doit d'être exemplaire"
Si je comprends bien ce que vous êtes en train de nous dire, Vincent Jeanbrun, il y a une forme de noyautage du mouvement par un parti politique.
« Évidemment. Mais d'ailleurs, on l'entend y compris sur les antennes des différents médias. Vous avez des éléments de langage appris par cœur par des responsables syndicaux étudiants qui sont liés à La France insoumise et qui le font. Moi, je suis élu du Val-de-Marne, où on a la chance d'avoir des députés LFI bien impliqués et bien connus, Monsieur Boyard pour ne pas le citer. Ça fait déjà plusieurs semaines qu'il est en train d'aller de lycée en lycée créer le mouvement.
Et ce qu'on constate, c'est que ça ne le dérange pas d'être avec son écharpe tricolore alors que derrière lui, il y a des gens cagoulés, on croirait des personnes qui s'apprêtent à braquer une banque, qui tirent au mortier sur des policiers et des citoyens. Quand on est élu de la République, on se doit d'être exemplaire. »
🔴Blocages dans les lycées
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Justement, le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, maintient ses propos sur la violence légitime tout en appelant au calme. Quelle est votre réaction ?
« Ça s'appelle se moquer du monde. Quand on dit qu'il y a une violence légitime, qu'on vient danser avec des personnes qui viennent dégrader un établissement scolaire qui, comme je viens de le dire, avait été parfaitement rénové, c'est une irresponsabilité majeure. Et c'est dangereux.
"On s'étonne que la police essaie de réagir pour remettre de l'ordre"
Et eux disent que c'est de la faute de la police.
Mais pardon, mais enfin quand on vient cagoulé avec des mortiers, qu'on tire sur la police, on s'étonne que la police essaie de réagir pour remettre de l'ordre ? C'est scandaleux. Et je soutiens non seulement l'initiative de Valérie Pécresse qui est d'avoir envoyé la facture des dégradations au maire de Saint-Denis, et puis je soutiens également l'action du préfet de Seine-Saint-Denis qui a dit qu'il attaquerait le maire de Saint-Denis pour incitation à commettre des crimes parce que c'est ça d'une certaine façon.
Ce qui est certain dans ce pays, c'est que ce n'est pas aux gens honnêtes et responsables qui ne cassent rien de tout le temps payer pour ceux qui viennent casser, qui sont, je le rappelle, une minorité. Et de fait, il y a cette logique et le texte qui est actuellement en train d'être travaillé du « casseur-payeur », où on doit effectivement pouvoir dire que quand vous participez à une manifestation violente, que vous vous y maintenez, que vous applaudissez, que vous encouragez ceux qui brûlent, ceux qui cassent, eh bien on doit pouvoir vous mettre aussi à contribution. C'est de la justice. »
"La police doit jouer son rôle avec sérieux et défendre les innocents"
Pour finir sur ce thème, est-ce que la police doit lever le pied pour éviter que ça dégénère ?
« Mais qu'est-ce que ça veut dire, lever le pied ? On conteste toujours toute violence policière. Une violence policière, c'est quoi ? C'est quand la violence n'est pas légitime. En revanche, protéger un bien public, protéger des personnes innocentes... Parce qu'il y a 83 policiers qui sont blessés aujourd'hui. Vous avez aussi des personnels enseignants.
Vous avez aussi ce qu'on appelait les CPE à mon époque, le personnel qui encadre, qui ont essayé de s'interposer, qui ont essayé avec des extincteurs d'aller éteindre les incendies, ceux-là aussi ont été blessés. Donc la police doit jouer son rôle avec le sérieux qui la caractérise et défendre les innocents et les biens publics. »
🔴Jour-J pour le #Budget2027
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🗣️@VincentJeanbrun l'assure : "les APL ne seront pas revalorisées au 1er octobre 2027" #GrandMatin
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Budget 2027 : C'est un budget de courage"
Aujourd'hui, c'est le grand jour pour le budget. L'idée est que plusieurs catégories de la population soient mises à contribution. Est-ce que vous confirmez ce matin le gel des APL pour 2027 ?
« D'abord, je vais vous dire que ce budget, c'est un budget de courage. Mais un budget qui va éviter que dans quelques années, il y ait un budget beaucoup plus brutal. Parce que c'est parce qu'on fera des efforts aujourd'hui en les choisissant qu'on évitera demain d'avoir des budgets ultra-brutaux où on n'aura plus aucun choix sur rien. Donc l'État, on est parti d'un principe simple, c'est que c'est lui qui devait faire le plus gros effort.
Et donc l'État, il va réduire ses budgets, il va montrer l'exemple, et ensuite chacun va être mis un petit peu à contribution avec cette idée qu'il y a deux-trois choses qui ne seront pas revalorisées. Vous l'avez dit, il est proposé que soient gelées les APL. Les APL sont gelées et de fait pas revalorisées à partir du 1er octobre 2027. Donc c'est une mesure qui est assez éloignée quand même, mais que je veux redire ici : il n'y aura aucune allocation qui sera diminuée.
APL : "Les allocations ne seront pas diminuées"
Les allocations ne seront pas diminuées. Elles seront évidemment maintenues, mais simplement elles ne seront pas revalorisées au niveau de l'inflation. C'est ce qui est la copie d'entrée du gouvernement. Effectivement, vous le savez, on vient au-devant des parlementaires pour discuter avec eux de cette réalité budgétaire avec quelques fondamentaux. Le premier : pas d'augmentation d'impôts. Le deuxième : il faut tenir le déficit parce que sinon c'est nos enfants et nos petits-enfants qui seront en difficulté. »
💰Un délai de carence sur les APL pour les étrangers ?
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🗣️@VincentJeanbrun : "C'est une question de justice. Un Français ne doit pas être moins bien traité que quelqu'un qui arrive pour la première fois" #GrandMatin
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Combien ça doit rapporter ? Ça a été estimé ?
« À l'échelle des APL, on est sur plusieurs centaines de millions d'euros. En année pleine, ce sera évidemment plusieurs centaines de millions d'euros. Les APL, c'est un budget considérable, c'est 17 milliards. L'idée, c'est de dire : cette année, dans le contexte que nous connaissons, il n'y a pas cette revalorisation à partir du 1er octobre 2027.
"Les petites rivières feront les grands fleuves"
Est-ce que ce gel n'est pas dérisoire ? On se souvient, au début de la présidence Macron, en 2017, des fameux 5 euros qui avaient fait polémique.
D'abord, dans la situation dans laquelle on est, c'est toutes les petites rivières qui vont faire les grands fleuves. Et pour que justement ce soit le plus indolore possible, il faut que ce soit des petites choses par-ci par-là. Deuxièmement, vous aurez noté qu'à l'époque, vous avez cité les 5 €, c'était moins 5 €. Il y avait une diminution des APL. Là, en l'occurrence, ce n'est pas du tout le propos. Il n'y a pas de diminution des allocations. Elles sont simplement pas revalorisées au niveau de l'inflation.
Par ailleurs, il y a quand même des bonnes nouvelles pour le monde du logement dans ce budget, avec notamment moins 500 millions, donc un demi-milliard de prélèvement sur les bailleurs sociaux pour que les bailleurs sociaux puissent produire du logement social et abordable et rénover le parc existant qui en a grand besoin. Il y a une autre bonne nouvelle pour le secteur privé, c'est la possibilité d'accéder à la propriété avec un prêt à taux zéro, celui qu'on connaissait jusqu'ici qui est prolongé dans le temps. C'est une première bonne nouvelle.
Et puis la création, l'invention d'un nouveau prêt à taux zéro qu'on appelle le prêt à taux zéro parentalité, qui permettra à celles et ceux qui nous écoutent de pouvoir accéder à la propriété en étant soutenus par l'État dès l'instant où il y a un enfant à naître ou jusqu me'aux 3 ans de l'enfant. Vous voyez, typiquement, c'est une nouveauté qui coûte elle aussi plusieurs centaines de millions d'euros et ça permet de relancer la machine du logement. C'est important. »
APL pour les étrangers : "Il y a une question de justice"
Sur les APL pour les étrangers, allez-vous instaurer un délai de carence ?
« Là, il y a une question de justice. Il faut que vos auditeurs comprennent que quand vous êtes Français expatrié, donc vous ne payez plus vos impôts en France, vous revenez en France, il y a un délai de carence qui est grosso modo de 12 mois pour pouvoir avoir droit à nouveau aux allocations. Là, le propos est de dire : on va aligner les personnes étrangères qui arrivent sur le territoire national sur ce régime des Français expatriés qui reviennent en France. Je pense que c'est une justice.
On ne va pas considérer qu'un Français qui revient en France serait moins bien traité que quelqu'un qui arrive pour la première fois. On l'aligne. C'est une économie, là aussi c'est une petite rivière mais qui participe à cet effort collectif. Là aussi on avoisine la centaine de millions d'euros. Il faut le regarder comme quelque chose qui ensuite est sur la durée, et c'est pour ça que c'est rentable sur la durée.
Ce n'est pas du tout le sujet de s'attirer le vote du RN. Le sujet, c'est d'aller regarder dans le budget des choses qui pourraient être mises à jour. Et vous m'accorderez quand même que si un Français expatrié peut attendre 12 mois pour avoir droit à nouveau à ses allocations puisque de fait il ne contribuait pas, il ne payait pas ses impôts avant, une personne qui arrive pour la première fois sur le territoire national va pouvoir attendre aussi une douzaine de mois. »
🏠Manque de confiance des "propriétaires-bailleurs"
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🗣️@VincentJeanbrun : "Ils sont très inquiets car il existe des professionnels de l'impayé" #GrandMatin
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"Le logement n'est plus un sujet de droite ou de gauche"
Gabriel Attal a estimé lundi que la politique du logement a été « un grand plantage économique du macronisme depuis 2017 ». Qu'est-ce que vous lui répondez ?
« Eh bien je réponds que dès que j'ai pris mes fonctions, j'ai souvent dit que je n'étais pas ministre du Logement, mais ministre de la crise du logement. On connaît dans ce pays la pire crise du logement depuis l’après-guerre. Donc la situation, elle est gravissime. Et c'est pour ça d'ailleurs que je compte sur la mobilisation de toutes les formations politiques lorsque le texte arrivera à l'Assemblée nationale, parce que le logement n'est même plus un sujet de droite ou de gauche.
Le texte arrivera à la fin de l'année, j'espère au mois de novembre. On parle de la date du 16 novembre qui est envisagée. Maintenant, on va voir. D'autant plus que vous savez, il faut qu'on soit très souple sur les dates parce qu'on va commencer l'analyse du budget prochainement, et l'année dernière par exemple, la partie une du budget avait été rejetée, ce qui avait libéré du temps.
Donc peut-être même que ce texte pourrait être examiné avant même le 16 novembre. Le Premier ministre l'a écrit sur la feuille de route du logement : que ce texte soit examiné à fond avant la fin de l'année. Donc on a besoin que les forces politiques se concentrent dessus, soient mobilisées dans l’hémicycle. Parce que je crois que le logement, ce n'est plus un sujet de droite ou de gauche, c'est un sujet qui touche tous les Français dans le monde du logement social, dans le monde du secteur privé. C'est ça qu'on veut relancer avec ce texte-là. »
"Des étudiants, jeunes actifs ou retraités n'arrivent pas à se loger"
Aujourd'hui, il y a de plus en plus de retraités ou d'actifs qui ont du mal à se loger dans le privé alors qu'ils ont les moyens, faute de cautions ou à cause de la peur des impayés. Est-ce un point sur lequel vous travaillez ?
« La vérité, c'est que vous citez les retraités, mais on pourrait prendre toutes les catégories : des étudiants qui n'arrivent pas à se loger, des jeunes actifs qui n'arrivent pas à se loger. Et d'ailleurs, on a dans notre pays aujourd'hui du renoncement aux études, faute de logement. Du renoncement au premier emploi, faute de logement. Vous avez les logements qu'on n'arrive pas à avoir, mais aussi les logements qu'on n'arrive plus à quitter. On parle souvent de violences faites aux femmes par exemple : vous avez des femmes qui restent dans un logement où elles ne se sentent pas en sécurité, faute de pouvoir en trouver un autre.
"La situation est extrêmement grave"
Donc la situation, elle est extrêmement grave sur cette question du fait au fond que les propriétaires aujourd'hui — qu'on appelle propriétaires-bailleurs, ceux qui mettent en location leurs biens — sont très inquiets. Pendant longtemps, ils avaient peur des squats. Aujourd'hui, les lois, d'abord avec Guillaume Kasbarian et aujourd'hui avec la loi Riposte qui vient d'être adoptée, on a protégé les bailleurs du squat.
En revanche, il y a la question des impayés et, pardon de le dire comme ça, de ce qu'on peut appeler parfois les professionnels de l'impayé. C'est une minorité, mais elle fait beaucoup de mal à tous les locataires parce qu'on est sur des profils qui vont régulièrement ne pas payer leur loyer. Je distingue ça de ceux qui à un moment donné ont un coup dur et vont avoir du mal à payer. Résultat : problème de confiance du propriétaire qui va demander des garanties sur des garanties sur des garanties.
🔴"Des Jeux olympiques du logement avec 2 millions de constructions supplémentaires d'ici 2030"
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🗣️La volonté de @VincentJeanbrun pour lutter contre la crise du logement
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Logement : "Beaucoup de choses pourraient être faites de façon réglementaire"
Comment vous luttez contre cela ?
On travaille actuellement, et j'ai missionné un rapport là-dessus, sur ce qu'on appelle la relation locataire-propriétaire pour se garantir à la fois pour protéger le locataire des marchands de sommeil, des propriétaires véreux — là aussi, on a une toute toute petite minorité, mais elle fait du mal à tout le monde — et puis de l'autre côté, les professionnels de l'impayé. Il y aura j'espère des solutions fortes dans ce rapport de façon à ce qu'on puisse améliorer les choses dans ce pays. Beaucoup de choses pourraient être faites de façon réglementaire, donc sans avoir forcément besoin d'une loi. »
Votre priorité dans ce plan de relance, c'est de relancer la construction plus vite. Comment ?
« En fait, je parle souvent des Jeux Olympiques du logement. L'idée, c'est que dans ce pays, les normes, les procédures ont tellement complexifié les choses qu'il faut parfois jusqu'à 8 ans pour faire sortir un projet de terre quand la construction physique, elle, est de 2 ans ou 2 ans et demi maximum.
"Il faut écraser la bureaucratie"
Donc tout le reste, c'est quoi ? C'est de la paperasse, c'est de l'administratif, c'est des procédures trop longues, la bureaucratie comme on sait la faire. Tout ça, il faut l'écraser. Et pour le coup, on a su le faire pour les Jeux Olympiques où on a construit de la qualité, de la sécurité, des choses accessibles. Dans le projet de loi, on a des articles qui vont permettre de s'inspirer des Jeux Olympiques. J'ai appelé ça « opération d'intérêt local ». Le maire et le préfet décident d'une zone où on peut construire beaucoup plus vite, et on va pouvoir le faire.
Le Premier ministre a fixé un cap à 2 millions de logements supplémentaires d'ici 2030. Qu'on se comprenne : ça signifie de la construction neuve et de la réhabilitation à neuf, parce qu'il y a aussi du patrimoine abîmé qui n'est plus exploitable aujourd'hui, qu'il faut aller rénover. En faisant les deux, et en faisant du logement privé et du logement social, on doit pouvoir atteindre cet objectif. Si on a un texte de loi qui permet d'accélérer les choses, de ramener l'investissement et notamment l'épargne des Français vers le logement, qu'on fait confiance au maire et qu'on en profite pour avoir de vrais outils de réhabilitation et de rénovation du logement, alors oui, on peut y arriver. »
Affaire Bardella : "S'ils sont vrais, ça le discrédite et le disqualifie"
Après la réaction du président Emmanuel Macron depuis Madrid condamnant fermement les propos attribués à Jordan Bardella par Mediapart, le président du RN a répliqué en rappelant qu'après le 7 octobre 2023, il avait marché dans les rues de Paris et s'était rendu en Israël, contrairement au chef de l'État. Avez-vous un doute sur la véracité de ces propos et le chef de l'État a-t-il eu raison de réagir à ce stade ?
« Dans les propos du chef de l'État, il y a une condamnation de l'antisémitisme et du racisme. Et là-dessus, défendre la République, c'est évidemment condamner toutes les formes d'antisémitisme et de racisme. D'ailleurs, au passage, il faut les condamner d'où qu'elles viennent et j'espère que Mediapart mettra la même énergie à les débusquer, les propos antisémites et les propos racistes à La France insoumise qui en ce moment joue là aussi beaucoup avec le feu. Maintenant, Monsieur Bardella aura à dire si ces propos sont vrais ou pas. S'ils sont vrais, ils sont évidemment absolument condamnables et ça le discrédite et ça le disqualifie. C'est une évidence. »
🔴Affaire Bardella-Mediapart
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Si ces propos sont avérés, cela marquerait-il selon vous la fin de sa carrière et serait-il hors du jeu politique ?
« Il tombera sous le coup de la loi puisque l'antisémitisme et le racisme sont condamnables. Donc c'est à la justice derrière de s'en saisir et de voir s'il faut le condamner. Inéligible ou pas inéligible, ce n'est même pas le sujet : on est d'accord en République pour condamner. Évidemment qu'il serait hors du champ du jeu politique. »
LFI : "Il faut qu'on les combatte par tous les moyens possibles"
Bruno Retailleau a estimé ce matin que la question se posait d'interdire La France insoumise, accusée de jouer un jeu dangereux. Êtes-vous d'accord avec cette possibilité ?
« En fait, c'est très simple. Aujourd'hui, vous avez une formation politique qui assume et le dit régulièrement de vouloir tout bordéliser dans une philosophie trotskiste pour mettre le chaos dans le pays. Donc effectivement, il faut qu'on les combatte par tous les moyens possibles. Condamner... Bon, je ne suis pas juge, je ne suis pas juriste, mais en fait on en vient à se poser cette question-là parce que vous avez une formation politique qui défile écharpe tricolore à la poitrine avec des violents, avec des gens cagoulés qui tirent au mortier sur des policiers. À un moment donné, ça interpelle. »
Faut-il donc aller jusqu'à interdire La France insoumise ?
« Le sujet, encore une fois, c'est moins de les interdire que de les combattre. C'est de faire en sorte que leur idéologie recule et que, à chaque fois qu'ils se retrouvent à participer à un événement violent, ils puissent être eux aussi tenus responsables et condamnés. »