Élection d'Olivier Faure et suspicion de tricherie à La Courneuve : le PS répond

Ce vendredi, Olivier Faure a été élu de justesse à la tête du PS. Mais une victoire qui a été entachée d'une polémique de bourrage d'urne.

PS
Thomas SAMSON - AFP/Archives

Quel bazar au Parti Socialiste ! Dans la nuit de jeudi à vendredi, aux alentours d'une heure et demi du matin, Nicolas Mayer-Rossignol puis Olivier Faure ont revendiqué tous les deux leur victoire à la tête du PS.

Olivier Faure vainqueur dans la polémique

Le résultat de l'élection du premier secrétaire du Parti Socialiste était encore incertain très tôt ce matin avant que le parti n'annonce finalement la victoire d'Olivier Faure vers 8h30. Mais les deux camps se sont accusés d’irrégularité. Les deux candidats se sont accusés de bourrages d’urnes ou de la présence de surveillants de scrutin non autorisés.

Conséquence, pendant plusieurs heures, il n'y a pas eu de premier secrétaire au Parti Socialiste. Les deux camps ont annoncé des recours avec la réunion d’une commission de recollement. Son but : procéder à un nouveau décompte. Et donc, finalement, après des heures de doute et d'incertitude, cette commission a tranché pour la victoire d'Olivier Faure avec une victoire in extremis et 50,83% des voix soit... moins de 400 voix près.

Bourrage d'urnes au PS ? une vidéo sème le doute

Un scénario et des doutes donc... concernant la probité de l'élection. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux par Philippe Doucet, membre du Conseil national du PS place les doutes très haut. "Vous n'avez pas le droit de faire voter les gens dans une salle avec une porte fermée à clef, clame cette secrétaire de section. Vous n'avez absolument pas le droit de faire ça. C'est scandaleux ! Je n'ai pas accès à l'urne. L'urne a disparu de la salle. Elle est dans une pièce fermée à clef dans laquelle je ne peux pas rentrée. Voilà commence ça se passe à la section de La Courneuve".

La réponse du Parti Socialiste

Face à cette polémique, le Parti Socialiste a répondu en fin de matinée via un communiqué publié sous la vidéo en question. Le PS, via Oumarou Doucouré, premier adjoint à La Courneuve, se défend. Selon lui, madame Delphine Pineda que l'on entend tout au long de la vidéo n'est pas la représentante de monsieur Nicolas Mayer-Rossignol comme elle l'affirme. "On m'a donné la confirmation que cette personne n'était pas habilitée à participer au déroulement du vote" peut-on lire. "Cette personne n'était pas mandatée" affirme M.Doucouré. "Le déroulé du vote s'est ensuite normalement et dans une ambiance cordiale" est-il également écrit.

Un scénario de guerre interne qui est tout de même loin d’être inédit. Il s’était passé plus ou moins la même chose en 2008 entre Ségolène Royal et Martine Aubry, où la candidate à l'élection présidentielle de 2007 avait accusée Martine Aubry de fraude... alors qu'elle s'était inclinée de 102 voix lors de l'élection de la première secrétaire du PS. Et 4 ans après, à droite, les guerres internes entre Jean-François Copé et François Fillon avaient entaché l'élection du chef de l'UMP.