Une violation de la souveraineté du Groenland entraînerait des "conséquences en cascade" qui "seraient inédites", a prévenu mercredi Emmanuel Macron à l'endroit des Etats-Unis qui veulent s'emparer de ce territoire autonome danois, Sébastien Lecornu invitant à prendre "très au sérieux" les intentions de Donald Trump.
"Nous ne sous-estimons pas les déclarations sur le Groenland. Si la souveraineté d'un pays européen et allié était touchée, les conséquences en cascade seraient inédites", a dit le président français en Conseil des ministres, selon les propos rapportés devant la presse par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
"Et la France suit la situation avec la plus grande attention et inscrira son action en pleine solidarité avec le Danemark et sa souveraineté", a-t-il ajouté.
Donald Trump a insisté mercredi sur la nécessité pour les Etats-Unis de s'emparer du Groenland, avec le soutien de l'Otan, juste avant un entretien sous haute tension entre dirigeants danois, groenlandais et américains autour de l'avenir du territoire autonome danois.
Les Etats-Unis "ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d'Or (le projet de bouclier antimissile, NDLR) que nous construisons", a dit le président américain sur son réseau Truth Social.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale, le 14 janvier 2026, à Paris
Alain JOCARD - AFP
"L'Otan devrait ouvrir la voie pour que nous l'obtenions", a-t-il ajouté, au risque de jeter le trouble sur le fonctionnement de l'Alliance atlantique.
Les intentions du président américain "sont sérieuses et (...) doivent désormais être prises très au sérieux", a appuyé le Premier ministre français Sébastien Lecornu devant l'Assemblée nationale, lors des questions aux gouvernement.
Il a redit que la France était "dans une pleine solidarité avec le Danemark et les autorités légitimes du Groenland", expliquant à "ceux qui pourraient être fascinés par la force ou l'épreuve de force" que "la défense de la souveraineté des autres pays conditionne la protection de notre propre souveraineté".
Le chef du gouvernement, qui répondait à une question du chef de file des députés Horizons Paul Christophe, a aussi insisté sur la nécessité pour la France d'avoir un budget pour financer son "autonomie stratégique".
"La capacité à vite avoir un budget" y compris militaire, "ce n'est pas un slogan dans le dérèglement international que nous connaissons. Et c'est un signal soit de force, soit de faiblesse, que nous envoyons non seulement à nos compétiteurs, mais aussi à nos alliés", a-t-il affirmé.
M. Lecornu a aussi appelé à un "réveil européen" pour "accélérer" sur "la question de l'autonomie stratégique sur l'agriculture, l'alimentation, l'énergie, mais aussi" sur les sujets "culturels et numériques".
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