Non, c'est non. Le gouverneur de la Cité du Vatican a refusé de nombreux protocoles proposés par la République française à l'occasion de la venue du Saint-Père en France, du 25 au 28 septembre, bien que celui-ci possède le statut de chef d’État. Des choix qui reposent sur le caractère religieux de Léon XIV, pour qui ce voyage à Paris, Lourdes et Metz est avant tout pastoral et ecclésial.
Du coup, Emmanuel Macron devra se contenter d'accueillir le pape au pied de son avion à l'aéroport d'Orly, puis de le rencontrer officiellement à L'Elysée. Mais pas de présence aux différentes messes qui seront données par le souverain pontife à cette occasion.
" Emmanuel Macron n'assistera pas aux messes "
Pour Marie Chantrait, cheffe du service politique de BFMTV, le paradoxe de cette rencontre repose sur le fait que« le Pape est à la fois chef d’État et chef religieux. Le Gouvernement y voit un ‘package’ qui justifie que Léon XIV soit reçu à l’Élysée, qu’il y prononce un discours vendredi. Mais en effet, Emmanuel Macron n’assistera pas aux messes. » En revanche, le premier ministre Sébastien Lecornu, et la première dame, Brigitte Macron seront bien présents à la messe, samedi 26, place de la Concorde.
Au nom du respect de la laïcité française
Malgré quelques polémiques, un « accord » entre l’État français et le souverain pontife a été conclu. L’entourage du Pape aurait, entre autre, refusé un dîner d’État ou encore une escorte pour se rendre à Notre-Dame. Une manière de respecter la laïcité française, pionnière en Europe, tout en soulignant la visite apolitique de Léon XIV.
Alors que de nombreux gouvernants participent aux célébrations religieuses, le doute subsiste : l’équipe papale a-t-elle « mis un stop » au président français ? Le premier ministre espagnol assistera notamment aux offices, mais « ce n’est pas un chef de gouvernement, et puis, l’Espagne n’a pas la même ‘relation’ de laïcité ni la même séparation entre l’Église et l’État », observe Patrick Sauce sur BFMTV.
Une visite "d'État" pour les uns, "apostolique" pour les autres
Mais alors, comment expliquer cet accueil d’Emmanuel Macron, en personne, à l’aéroport d’Orly ? C’est une première : jamais un pape n’a été reçu sur le tarmac par un président français. « C’est le rôle d’un ministre des Armées ou d’un premier ministre. Pas d’un chef de gouvernement avec son épouse ». Une confrontation d’envies qui, visiblement diffèrent.
Tête-à-tête, accueil sur le perron, discours officiel : L’Élysée souhaitait « une visite d’État de A à Z ». Un vœux qui ne sera donc pas totalement exaucé afin de respecter le « souhait d’un voyage apostolique » revendiqué par le Pape. De quoi tendre les relations entre le Vatican et Paris ? « En tout cas, on balaie ça côté président », glisse-t-on du côté de L'Elysée.