Le « plan Thaïlande » repose sur une proposition alléchante : billets d’avion, hôtel et dépenses sur place pris en charge, parfois accompagnés d’une rémunération. En échange, les participants doivent rapporter une valise censée contenir des téléphones portables. Mais plusieurs jeunes Français affirment avoir été piégés. À leur passage à l’aéroport, plusieurs kilos de cannabis ont été découverts dans leurs bagages.
Elias, 20 ans, avait notamment été contacté sur Snapchat. Le 14 juillet, il a été arrêté avec Ibrahim lors d’une escale à Hong Kong. Leur valise cadenassée contenait 16,8 kilos de cannabis. Selon leurs proches, ils ignoraient son véritable contenu.
Au moins onze Français détenus
Depuis le début de l’été, au moins onze Français sont détenus en Thaïlande pour trafic de stupéfiants, selon une source policière citée par l’AFP. D'autres jeunes ont également été interpellés à Hong Kong.
Mathis, 19 ans, a par exemple été arrêté le 16 juillet avec 18,75 kilos de cannabis. Sa famille affirme elle aussi qu’il pensait participer à un voyage gratuit et transporter des téléphones.
Les jeunes concernés auraient été recrutés principalement sur les réseaux sociaux et hébergés dans plusieurs hôtels situés à quelques dizaines de kilomètres de Bangkok.
Une enquête pour identifier les réseaux
Le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) a ouvert des investigations sur ce phénomène. Les enquêteurs cherchent notamment à identifier les commanditaires et à comprendre les méthodes utilisées pour recruter et prendre en charge ces jeunes. La justice devra également déterminer s'ils connaissaient ou non la véritable nature des marchandises transportées.
Jusqu’à dix ans de prison en Thaïlande
Le ministère français des Affaires étrangères indique suivre la situation des ressortissants concernés, tandis que les services consulaires en Thaïlande et à Hong Kong sont mobilisés.
Les autorités alertent également sur le recrutement croissant de jeunes par les narcotrafiquants via les réseaux sociaux. Selon les conseils aux voyageurs du Quai d’Orsay, l’exportation de cannabis depuis la Thaïlande est passible de deux à dix ans de prison.