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Nikola Karabatic : "Paradoxalement, il n’y a rien qui me manque"

INTERVIEW SUD RADIO - Nikola Karabatic était l'invité d'Au coeur de la mêlée sur notre antenne, l'occasion de se confier sur son après carrière, lui qui sort son autobiographie "Ma plus belle victoire" aux éditions Flammarion

Nikola Karabatic handball
Nikola Karabatic était l'invité d'Au coeur de la mêlée pour évoquer son après carrière

Nikola Karabatic, légende du handball français, triple champion olympique et quadruple champion du monde a stoppé sa carrière au lendemain des Jeux Olympiques de Paris 2024. Désormais en retrait des terrains, il a pris le temps de regarder dans le rétroviseur et d'écrire son autobiographie "Ma plus belle victoire" aux éditions Flammarion.

Invité d' Au coeur de la mêlée, sur Sud Radio, il s'est confié sur sa nouvelle vie et les quelques liens qui unissent le handball et le rugby.

Nikola vous sortez un livre, intitulé "Ma plus belle victoire" aux éditions Flammarion, pourquoi cette envie d'écrire un livre à ce moment-là ?

Je n'en avais pas vraiment envie à la base. Et c'est surtout des personnes autour de moi qui m'ont motivées. Mon agent de toujours, Bhakti Ong, ça fait dix ans qu'il me tâne pour faire une autobiographie, et moi je le freine depuis dix ans. Et puis c'est des rencontres. L'année dernière, avec mon frère, on a fait une BD et un joli livre de témoignages sur le handball. Ça, c'était plus l'angle transmission, passion, et c'est venu petit à petit

J'ai rencontré Philippe Spanghero, il y a quelques années, via Nicolas Jeanjean, un de nos amis en commun, et il nous a beaucoup parlé de transmission. On a créé notre fond de dotation avec mon frère, grâce à Philippe, c'est lui qui nous a guidés dans la création. Et c'est venu petit à petit la transmission, l'envie de transmettre aux plus jeunes, de partager, d'inspirer.

Et quand on arrive en fin de carrière, on s'autorise, un peu, à regarder en arrière et à prendre conscience de l'impact que j'ai eu sur beaucoup de fans de handball et de sport. De leur transmettre un peu les clés de ma réussite mon parcours.

Si vous aviez pu jouer au rugby, à quel poste auriez-vous aimé jouer ?

En équipe de France on avait Claude Onesta et Pierre Sébastien, qui venaient de Toulouse, et qui nous parlaient souvent de rugby. Pierre Sébastien avait beaucoup joué au rugby, donc lui me tannait à chaque fois. Il me disait que j'aurais fait un très bon trois-quarts centre.

En tout cas ce qui est sûr c'est que je me serais battu comme un chien. Ce que j'aime dans le rugby c'est vraiment ça, c'est le sport collectif ultime. Le meilleur joueur, n'est pas élu avec les essais qu'il marque et tout ce qui brille, mais aussi avec la défense et avec l'engagement.

Mais vous, il y a un poste qui vous attire ?

Quand t'as un gabarit comme le mien, 1m96, 103 ou 104 kg, on est plus deuxième ou troisième ligne. En tout cas, je n'aurais pas pu être trois-quarts aile parce que mon gabarit aurait été utile ailleurs. C'est un sport que j'aime beaucoup et j'ai beaucoup d'amis qui viennent de ce sport-là, donc il y a des vrais liens.

Vous vous êtes également reconverti dans une aventure dans le padel

J'ai rejoint Benjamin Kayser, ancien joueur international de rugby, dans son aventure TeamPact. C'est une structure qui investit dans des start-ups à impact positif, santé ou climat, et où l'on essaie d'extraire le meilleur du sport pour l'amener aux dirigeants et aux fondateurs. On a créé avec un autre rugbyman mais qui n'a pas percé, qui s'appelle Basile Agué, un club de padel qui s'appelle Sphère.

Qu'est-ce qui vous manque le plus aujourd'hui ? Le terrain et la compétition ?

Paradoxalement, il n'y a rien qui me manque. Petit à petit, je sors du personnage de compétiteur et de cette compétition que j'avais en moi, de ce besoin de me prouver des choses, d'être le meilleur au monde. J'essaye de comprendre mon parcours, parce que cet esprit de compétiteur qu'on a tous au fond de soi, ça part quand même d'un manque de quelque chose, d'une souffrance. Moi, c'était beaucoup lié à l'amour de mon père (Branko Karabatic, décédé en 2011, ndlr) et la fierté que je recherchais.

Aujourd'hui, il n'y a plus rien qui me manque dans la compétition. J'ai fait le tour de tout ça. Maintenant, je suis super heureux de revenir, de revoir des matchs, mais en tant que fan de sport. Là, ce week-end je suis allé voir PSG–Chambéry, au handball, et ça ne m'a pas manqué d'être avec eux sur le terrain. Je fais du sport, j'essaie bien-sûr de donner le meilleur de moi-même, de gagner, mais je fais du sport pour m'amuser, pour être en bonne santé physique et mentale, et surtout pour kiffer. Aujourd'hui, je peux être présent pour mes amis, je peux être présent aux anniversaires de mes enfants, partir en vacances avec eux. Je suis très heureux.

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