Jacques Cardoze : Commençons par le drame à Aubagne. Est-ce que comme le dit Édouard Geffray, c'est le symbole d'une violence débridée, un phénomène sociétal global ?
Manuel Bompard : « D'abord, c'est un événement dramatique et je veux dire évidemment mon soutien aux personnes qui ont été visées, mes remerciements aussi au personnel de l'établissement qui est intervenu et aux services de secours qui sont arrivés aussi rapidement. Donc évidemment que c'est un événement dramatique et ça pose un certain nombre de questions.
Comment un jeune de 14 ans aujourd'hui peut avoir accès comme ça à des armes à feu ? Comment il peut s'engager dans un acte aussi terrible ? Et je trouve que ça ouvre des débats sur la circulation des armes, sur la santé mentale des jeunes, et je pense que ces débats, il faut y apporter un certain nombre de réponses politiques. »
Aubagne : "Ça pose la question de la santé mentale des jeunes"
Vous auriez des suggestions ?
« Oui. Pour notre part, par exemple, ça fait depuis maintenant plusieurs années qu'on défend un plan pour mettre fin à la libre circulation des armes. En France, il y a plusieurs millions d'armes à feu qui circulent. On va quand même se poser la question de comment c'est possible qu'un jeune de 14 ans se retrouve avec une carabine entre les mains. »
🔴 Coups de feu dans un lycée à #Aubagne 🗣️ @mbompard : "C'est dramatique. Cela ouvre un débat sur la circulation des armes et la santé mentale des jeunes" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJRBVG https://t.co/aSyv7hA7h1
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Apparemment, les armes étaient au domicile familial puisque le père est militaire.
« Oui. Ça pose la question du contrôle de l'utilisation de ces armes. Ça pose évidemment la question, je le disais, de la santé mentale des jeunes, parce que comment un jeune de 14 ans peut avoir ces idées dans la tête ?
Et donc là, je trouve que là aussi ça ouvre un certain nombre de débats sur le nombre de psychologues scolaires à l'école par exemple, et je trouve qu'il faut y apporter des réponses qui sont des réponses politiques. »
"Heureusement tous les jeunes n'ont pas ça en tête"
Est-ce que vous rejoignez l'analyse du ministre de l'Éducation nationale qui parle d'une violence débridée, d'un phénomène sociétal global ?
« Heureusement tous les jeunes n'ont pas ça en tête. »
Non, mais on voit bien qu'il y a quand même une forme de violence qui s'exprime un peu partout, pas seulement à l'occasion de ce fait.
« Il faut faire en sorte de s'attaquer, de se confronter à ce climat de violence parce qu'effectivement il est extrêmement problématique, d'ailleurs quand il cible des personnels de l'Éducation nationale comme quand il cible d'autres élèves par exemple. Et donc oui, c'est évidemment un fléau sur lequel il faut lutter. »
🔴Fusillade à #Aubagne 🗣️@mbompard : "Quand je lis @GabrielAttal, @BrunoRetailleau et @J_Bardella qui font un lien entre cet acte et la mobilisation lycéenne, c'est ignoble. LFI n'a aucun rapport avec la violence en général" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/aaoij8B6Jt
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Il faudra le condamner ce garçon ?
« Évidemment qu'un même jeune de 14 ans qui commet un acte d'une telle gravité, il y a des procédures judiciaires, il y a une enquête qui est en cours et ça donnera lieu à des sanctions. »
"Bruno Retailleau dit chaque jour une bêtise sur LFI"
Vos concurrents expliquent que vous entretenez une forme de violence globale dans le discours, et Bruno Retailleau par exemple estime que cela s'inscrit dans un climat de violence et d'impunité que La France insoumise. Qu'est-ce que vous lui dites ?
« Moi d'abord, je veux dire que quand il y a un acte terrible comme ça, je pense que la responsabilité des responsables politiques, s'ils sont effectivement responsables, c'est d'être capables de faire preuve d'unité, de rassemblement et d'avoir une condamnation qui soit unanime, de ne pas être en capacité ou en recherche immédiate d'instrumentaliser.
Mais écoutez, quand je lis Monsieur Retailleau, quand je lis Monsieur Bardella, quand je lis Monsieur Attal qui font un lien entre cet acte terrible et la mobilisation lycéenne en cours, alors que le préfet des Bouches-du-Rhône a dit lui-même qu'il n'y a aucun lien entre cet acte et la mobilisation, je pense qu'ils font quelque chose qui est assez ignoble, d'assez ignominieux pour vous dire la vérité, c'est-à-dire d'utiliser un drame terrible pour essayer de stigmatiser une formation politique.
🔴@mbompard charge @BrunoRetailleau 🗣️"Il raconte chaque jour des bêtises sur LFI. Il a absolument disparu du paysage, il cherche le buzz" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJRBVG https://t.co/sP3UricAk1
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La France insoumise n'a évidemment aucun rapport avec ce type d'acte et avec la violence de manière générale. Elle défend des modalités d'action qui sont des modalités d'action non violentes. On l'a toujours dit, je le redis et on le redit. »
Mais Bruno Retailleau dit chaque jour une bêtise sur La France insoumise en espérant par là même gagner un peu de lumière parce que sa campagne est en train de dégringoler absolument et qu'il a absolument disparu du paysage. Donc il cherche le buzz. Mais il n'est pas obligé de le faire sur notre dos, comprenez.
Lycées, 17 octobre : "J'appelle tous les Français à appuyer cette mobilisation"
Vous ne vous sentez pas responsable ?
Mais pas du tout ! Écoutez, La France insoumise, elle défend un programme, elle défend des propositions, elle se présente aux élections, elle appuie et soutient des mobilisations pacifiques, calmes et déterminées. Voilà, ça c'est le programme de La France insoumise. Donc il ne faut pas vous dire davantage que ça. »
Aujourd'hui, 5e journée de mobilisation pour les lycées avec le soutien de plusieurs syndicats de l'Éducation nationale et des Gilets jaunes qui pourraient également participer. Est-ce que vous appelez tous les Français à rejoindre les lycéens aujourd'hui ?
« Évidemment, moi j'appelle tous les Français à appuyer cette mobilisation parce que c'est une mobilisation qui part de revendications qui sont des revendications légitimes, et je pense que n'importe quelle personne qui nous écoute sera d'accord pour dire que ce n'est pas normal que nos gamins étudient dans des lycées qui sont absolument délabrés. C'est pas normal qu'en France aujourd'hui vous avez une heure de cours sur 10 qui ne peut pas être assurée parce qu'il y a des problèmes de remplacement des professeurs.
C'est pas normal que notre jeunesse soit mise dans une situation d'angoisse et d'inquiétude parce qu'il y a un système absolument indigne qui s'appelle Parcoursup, qui fait que même quand vous travaillez bien, vous n'êtes pas sûr d'avoir une place à l'université. C'est pas normal, cette situation. Je pense que tous les gens peuvent le comprendre et à mon avis le partager. Et d'ailleurs, c'est ce que disent les enquêtes d'opinion qui disent qu'une majorité des Français appuie ces revendications. »
✊ Acte V des #BlocusLycées 🗣️@mbompard : "On espère des mobilisations pacifiques et les plus larges possibles. Si le Gouvernement fait la sourde oreille, le mouvement se poursuivra le #17Octobre" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/mWdv8cjiaW
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"Le gouvernement prévoit de supprimer 1600 postes d'enseignants"
Qu'est-ce que le gouvernement peut faire ?
« Premièrement, il y a une discussion budgétaire qui s'ouvre aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Le gouvernement prévoit de supprimer 1 600 postes d'enseignants supplémentaires, il prévoit de faire encore des coupes dans le budget de l'Éducation nationale.
Première étape : il faut annuler tout ça. Franchement, ce n'est pas raisonnable dans le moment dont on est en train de parler. Deuxièmement, il y a des dispositifs qui ont été mis en place par les macronistes et qu'il faut annuler : Parcoursup, il faut le supprimer, pas juste l'aménager comme ça en plein milieu. »
Comme ça en plein milieu ? Comment vous la remplacez ?
Mais évidemment. En créant des postes à l'université supplémentaires. Quand on a des jeunes qui veulent pouvoir rentrer à l'université, pourquoi en France on ne serait pas en capacité aujourd'hui de faire en sorte que toutes les personnes qui veulent aller à l'université puissent aller à l'université ? »
Universités : "Il faut créer des places supplémentaires"
Il n'y a pas forcément de place pour tout le monde.
« Et bien donc il faut créer des places supplémentaires. »
Et d'un point de vue philosophique, vous pensez qu'il faut que tout le monde trouve une place à la faculté ? Certains disent qu'il faut aussi pouvoir diriger ceux qui sont en échec vers d'autres filières.
« D'abord, il n'y a pas que l'université, il faut valoriser toutes les filières de l'enseignement. Il y a l'enseignement professionnel qui est très important aussi. Mais quand vous avez des jeunes qui veulent aller étudier à l'université, évidemment qu'il faut faire en sorte qu'ils puissent étudier à l'université.
Vous savez qu'on est dans un pays en France où notre force principale, notre richesse principale, c'est la matière grise. On a intérêt qu'un maximum de cette génération puisse avoir accès à des diplômes qui sont des diplômes qualifiants, à des formations universitaires et de faire élever le niveau d'enseignement général qui existe dans notre pays. »
"Il faut que la mobilisation soit non violente"
Ça c'est la réponse politique. Mais qu'est-ce qui va se passer dans la rue aujourd'hui ? Il y a la perspective du mouvement de samedi prochain. Qu'est-ce que vous espérez à LFI ? Bordéliser le pays ?
« Non, pas du tout. Justement, nous on espère qu'il y ait des mobilisations qui soient les plus larges possibles, les plus massives possibles. Et comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, moi-même, Jean-Luc Mélenchon et l'ensemble des dirigeants de La France insoumise, pour qu'une mobilisation puisse être très large, il faut qu'elle soit non violente, il faut qu'elle soit pacifique. C'est ça l'objectif des journées d'action comme celle d'aujourd'hui. »
Qu'est-ce qui va se passer ensuite ?
« Ça appartient un peu au gouvernement. Si le gouvernement continue de faire la sourde oreille et de ne pas répondre politiquement aux revendications, je crois que le mouvement se poursuivra, et il se poursuivra en particulier ce samedi 17 octobre puisque c'est une date de mobilisation de longue date qui concerne aussi la question des prix des carburants, la question des salaires, et donc oui évidemment on la soutiendra. »
"Le gouvernement doit annoncer la fin de Parcoursup"
Certains disent dans les rangs, dans les cortèges, que ce mouvement pourrait durer pourquoi pas jusqu'à la présidentielle. Vous le souhaitez ?
« Moi je souhaite d'abord que ce mouvement obtienne la satisfaction de ses revendications, et donc il durera le temps qu'il doit durer pour obtenir la satisfaction de ses revendications. Moi ce que je préfère, c'est que le gouvernement annonce la fin de Parcoursup et débloque 10 milliards d'euros sur la rénovation du bâti scolaire. »
10 milliards d'euros dans le contexte actuel c’est envisageable ?
« Regardez par rapport au budget précédent : le gouvernement va baisser de environ 3 à 4 milliards d'euros la contribution des très grandes entreprises, des 400 plus grandes entreprises du pays par rapport à l'année dernière. Donc oui, on a des marges de manœuvre financières. C'est une question de priorité politique. Est-ce que vous pensez pas que c'est une priorité politique que nos lycéens puissent étudier dans des lycées qui sont de bonne qualité ? Franchement, moi je pense que oui. Donc je crois que ça doit être une des priorités politiques de cette discussion budgétaire. »
⛽️ Baisse de 8 à 12 centimes à la pompe chez @TotalEnergies 🗣️@mbompard : "Je ne les remercie pas. Pourquoi ils ne répercutent que 8 à 12 centimes ? Parce que le reste ils se le mettent dans poche" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/Rtc4uehmbn
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Total : "Ce n'est pas la crise pour tout le monde"
Le gouvernement débloque des stocks stratégiques de carburant avec le prix du diesel qui va baisser à la pompe de 8 à 12 centimes chez Total. Vous remerciez Total ?
« Non, pas du tout. D'abord, le gouvernement débloque des stocks stratégiques en nous disant : « ça va faire baisser les carburants quasiment de 20 centimes », et puis Total nous dit : « non, finalement de 10 centimes ». »
C'est 20 centimes pour les non-professionnels.
« Les annonces de Monsieur Lecornu initialement elles étaient pas de 8 à 12 centimes, elles étaient supérieures. Donc pourquoi Total ne répercute que 8 à 12 centimes ? Parce que le reste il se le met dans sa poche ! Et d'ailleurs, depuis le début de cette crise qu'on connaît depuis maintenant plusieurs mois, les marges de Total ont été multipliées par 7,5. Donc ce n'est pas la crise pour tout le monde, permettez-moi de vous le dire quand même !
Donc la seule mesure qui permet d'avoir un effet immédiat et réel sur le prix des carburants, c'est la mesure que l'on propose : c'est de décider de bloquer les prix, de les ramener à 1,70 €, au prix auquel ils étaient avant le déclenchement de la crise, et de faire payer Total qui n'a pas à se faire des marges extraordinaires dans cette période. »
"Total utilise une stratégie commerciale"
Donc vous ne remerciez pas Total pour ce geste ?
« Non, parce qu'en plus vous savez, Total utilise une stratégie commerciale. C'est-à-dire qu'ils plafonnent leur propre prix parce que comme ils maîtrisent l'ensemble de la chaîne, ils peuvent se permettre de le faire. Mais en faisant ça, non seulement ils continuent à s'en mettre plein les poches, mais en plus ils mettent en difficulté tous les distributeurs indépendants qui eux ne bénéficient pas du contrôle de l'approvisionnement, du raffinage, etc. Donc c'est une stratégie qui est absolument déloyale. C'est pour ça qu'il faut bloquer les prix pour que tout le monde soit à égalité. »
Passons à la victoire de Raphaël Glucksmann. Jean-Luc Mélenchon n'a pas voulu réagir et n'a pas réagi à cette victoire. Pourquoi ?
« Parce que ce n'est pas vraiment notre sujet. Nous, vous savez, on est engagés dans cette campagne depuis le mois de mai, on défend nos propres propositions, notre propre programme. Je crois qu'on a fait encore le week-end dernier à Clermont-Ferrand un meeting formidable qui démontre l'extraordinaire dynamique qu'il y a autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. »
"Je vote avec les députés écologistes dans 80 à 90 % des cas"
Raphaël Glucksmann, vous le considérez comme un adversaire ou un possible allié ?
« Nous, vous savez, nos adversaires dans cette campagne aujourd'hui, ils sont dans le bloc central avec celles et ceux qui veulent perpétuer la politique macroniste, et ils sont à l'extrême droite. Donc on n'a pas l'intention de passer notre temps à commenter les faits et les gestes de Monsieur Glucksmann qui, j'ai bien vu, veut en permanence attaquer La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon. Mais voilà, nous ce n'est pas vraiment notre sujet pour être tout à fait honnête. »
🔴 Enfarinage de @rglucks1 après sa victoire 🗣️@mbompard : "Ce ne sont pas les méthodes de LFI. Quand il dit qu'il va "pisser" sur @JLMelenchon ou dit des propos sexistes sur @RoyalSegolene, il devrait balayer devant sa porte" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/hx893n4R6P
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Si, ça clarifie aussi un peu le paysage politique à gauche. Est-ce que par exemple vous dites aux Écolos : « ils ont plus à faire avec nous qu'avec Raphaël Glucksmann » ?
« Ça, c'est ce que je dis depuis le début de l'année. C'est-à-dire que du point de vue des propositions, du programme politique que l'on porte... Vous savez, à l'Assemblée nationale, moi je suis député, je vote avec les députés écologistes dans 80 à 90 % des cas, avec les députés communistes dans 90 % des cas. Donc je leur dis : il me me semble qu'il y a une convergence assez naturelle d'un point de vue des propositions. Et donc celles et ceux qui veulent participer à la campagne autour de Jean-Luc Mélenchon d'une campagne collective, évidemment ils sont les bienvenus. »
"La dynamique est assez manifestement de notre côté"
Raphaël Glucksmann a promis qu'il n'y aurait aucune alliance avec LFI lors des prochaines législatives. Ça veut dire que si vous êtes à l'Élysée, vous n'aurez pas forcément de majorité ?
« Ça veut dire qu'on a pris acte de la déclaration de Monsieur Glucksmann et que dans les prochaines semaines, La France insoumise engagera la mise en place de ses candidats aux élections législatives, et donc on désignera des candidats y compris dans les circonscriptions dont les députés sortants sont du Parti socialiste ou de Place publique puisqu'ils ont l'intention de refuser toute alliance avec nous. »
Avec le risque quand même qu'il n'y ait pas d'alliance du coup avec Place publique.
« Mais ça ce sont les Françaises et les Français qui décideront à quel candidat, à quelle démarche politique ils ont envie de donner un maximum de force. Pour l'instant, avec Jean-Luc Mélenchon, on est à près de 420 000 soutiens, on fait des meetings qui sont extraordinaires, je crois que la dynamique est assez manifestement de notre côté. »
"Glucksmann devrait commencer à balayer devant sa porte"
L'enfarinage de Glucksmann à la sortie de son QG dimanche soir, est-ce que c'est l'œuvre d'un militant de La France insoumise ?
« Non, pas du tout. Et je trouve que la manière avec laquelle Monsieur Glucksmann et un certain nombre de ses amis immédiatement accusent La France insoumise sans aucune preuve... Je vais vous dire les choses : franchement, La France insoumise, ça ne fait pas partie de ses méthodes. La France insoumise, elle mène des débats politiques sur la base de programmes dans des confrontations démocratiques. Donc je ne sais pas qui a fait ça, mais en tout cas ce ne sont pas les méthodes de La France insoumise. »
Il vous demande de désavouer cette violence.
« Moi je ne suis pas d'accord avec ce type de pratique. Mais Monsieur Glucksmann va falloir qu'il soit cohérent, parce que quand dans une vidéo qu'il produit par exemple, il dit qu'il va pisser sur Jean-Luc Mélenchon, quand il tient des propos sexistes à l'égard de Madame Royal, il devrait commencer à balayer devant sa porte. »
Vous ne portez pas de ruban rose ce matin, Manuel Bompard ?
« Non, je ne le porte pas. Ça m'arrive de le porter parce que évidemment je pense que tout le monde partage la cause de la lutte contre le cancer du sein. »
🎀@mbompard sur la campagne Octobre Rose : "Il y a une certaine forme d'hypocrisie dans cette initiative !" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJRBVG https://t.co/SqDYYJ6bg1
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Octobre rose : "Il y a une forme d'hypocrisie dans cette initiative"
Est-ce que c'est responsable de la part d'une femme, Mathilde Panot, d'adopter ce genre d'attitude à l'égard d'autres femmes ?
« Vous me permettez de le repréciser. Mathilde Panot, elle relaie une campagne qui est menée par un collectif de lutte contre le cancer qui comprend dans ses rangs des victimes du cancer. Donc je pense qu'ils savent et ils ont aussi le droit de s'exprimer, et qui disent qu'il y a une forme d'hypocrisie dans cette initiative puisque cette initiative de porter un ruban rose provient d'une entreprise qui est un géant de la fabrication des pesticides.
Or un certain nombre de pesticides ont un lien avéré avec la production de cancer dans la société, sont cancérogènes. Donc il y a une forme d'hypocrisie dans cette initiative. Est-ce que ça veut dire que toutes les personnes qui portent le ruban rose sont elles-mêmes hypocrites ? Évidemment que non ! Il y a plein de gens qui le font parce qu'ils ont envie d'exprimer, et on le comprend, leur indignation contre le cancer et la nécessité de lutter contre le cancer.
Mais oui, on peut dire qu'il y a dans cette initiative une certaine forme d'hypocrisie et qu'il y a des grandes entreprises qui essaient de se repeindre en défenseurs de la lutte contre le cancer alors qu'ils produisent eux-mêmes des produits qui fabriquent des cancers. Donc je pense qu'on peut aussi comprendre et écouter ce que dit Mathilde Panot, que je comprends en ce qui me concerne en tout cas totalement. »
Droite de vote à 16 ans : "Un jeune de 16 ans est responsable"
Vous souhaitez abaisser le droit de vote à 16 ans, mais Jean-Luc Mélenchon fustige Parcoursup et dénonce une machine qui oblige les jeunes à rédiger une lettre de motivation. Dans votre raisonnement, à 16 ans, on est capable de voter et de choisir une orientation politique, mais par contre on est incapable de choisir et de formuler son orientation professionnelle, n'est-ce pas ?
« Merci pour la question. Si on critique Parcoursup, ce n'est pas parce qu'on pense que les jeunes ne sont pas suffisamment intelligents pour faire leur choix. C'est parce que c'est une machine à créer de l'angoisse, à créer de la souffrance, et une machine qui oblige à mentir parce qu'on demande aux jeunes de dire quels sont leurs 10 choix d'orientation. En vérité, ils ne vont pas faire 10 choix d'orientation.
Ils peuvent en faire un ou deux, et au bout d'un moment, comme ils peuvent ne pas avoir leur premier ou leur deuxième choix, on leur demande d'inventer d'autres choix. C'est une machine malhonnête qui crée beaucoup de souffrance, et c'est pour ça qu'on critique Parcoursup. Pour le reste, un jeune aujourd'hui, quand il a 16 ans, il est responsable : il peut aller en prison, il peut voter aux élections professionnelles.
Donc oui, nous considérons qu'un jeune, quand il a 16 ans, devrait pouvoir voter. Ce que j'observe dans ce mouvement lycéen, c'est un haut niveau de conscience politique, un haut niveau de maturité politique et dans la formulation des revendications, et je pense que ce serait une richesse pour notre pays que cette jeune génération puisse aussi participer au scrutin. »
"Un blocus, ce n'est pas de la violence"
Je voulais vous faire réagir à un visuel qui fait polémique de La France insoumise sur le compte Instagram de la section LFI de Suresnes dans les Hauts-de-Seine. Ils ont lancé une série intitulée « Ces vieux qui nous font la misère », et dans ce cadre, ils s'en prennent au proviseur d'un lycée de la commune. En affichant le nom et le visage de ce proviseur, est-ce que LFI ne risque pas de le désigner comme une cible ?
« Il ne s'agit évidemment pas de mettre une cible dans le dos d'un proviseur. Je n'ai pas vu ce visuel, mais ce que je peux vous dire, c'est que je trouve absolument inacceptable de la part d'un proviseur d'envoyer des menaces aux familles en leur disant que si leurs enfants participent à un événement pacifique devant l'établissement scolaire, ils pourraient être sanctionnés. »
Il parlait de blocus et de violences en l'occurrence.
« Un blocus, ce n'est pas de la violence. Un blocus, ce n'est pas de la violence, il ne faut pas tout mélanger. La violence, c'est quand on dégrade, c'est quand on s'en prend à des gens. »
"Les modalités d'action de LFI sont non violentes"
Mais bloquer l'accès à un établissement, ça participe de l'illégalité.
« Ça participe des modalités d'action. Quand les agriculteurs ont occupé une autoroute et l'ont bloquée à la circulation, ils n'avaient pas le droit non plus. Et pourtant, Monsieur Attal, qui était ministre à l'époque, est allé les voir sur le point de blocus et a cassé la croûte avec eux, et je ne lui reproche pas de l'avoir fait. Je pense que les agriculteurs avaient raison. Mais à l'époque, personne n'a dit : "Oh là là, les agriculteurs, c'est illégal ce qu'ils font". Même Monsieur Darmanin l'avait dit à la télévision : il y a des colères légitimes et il faut être capable d'apporter des réponses à ces revendications. »
Est-ce que vous appelez vos militants à dénoncer publiquement les proviseurs qui s'opposeraient aux blocus ?
« J'appelle l'ensemble des personnels de l'Éducation nationale à ne pas tomber dans une forme de répression de la mobilisation, et d'ailleurs l'immense majorité d'entre eux ne le fait pas. Je désapprouve cette initiative du proviseur. En ce qui concerne les militants insoumis, je les appelle, comme je l'ai toujours fait, à se focaliser sur des modalités d'action évidemment non violentes. C'est simple.
Et vous avez entendu ce que j'ai dit aux insoumis, mais manifestement vous avez du mal à l'entendre : les modalités d'action de La France insoumise sont des modalités d'action non violentes. Vous pouvez essayer par tous les bouts de nous coller une image de violents, mais ça ne correspond pas à nos modalités d'action. »
🔴Le compte LFI-Suresnes dénonce un proviseur 🗣️@mbompard : "Je trouve inacceptable qu'un proviseur envoie des menaces aux familles ! Un blocus ce n'est pas de la violence !" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJRBVG https://t.co/Gtlw2oWtXW
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"On ne s'en prend pas aux individus"
Mais un visuel qui donne le nom et le visage d'un proviseur ?
« Il dénonce une prise de position politique, et cette prise de position politique du proviseur, je la trouve absolument inacceptable. »
Donc vous ne demanderez pas à ces militants de supprimer ce visuel ?
« Je n'ai pas vu le visuel, donc je ne sais pas quelle forme il a. Évidemment, il faut être très vigilant à faire la distinction entre la dénonciation d'une prise de position politique et la dénonciation d'un individu. On ne s'en prend pas aux individus, on s'en prend aux positions politiques qui peuvent être exprimées.
Il faut être vigilant là-dessus. Si ce visuel fait une confusion entre les deux, je le dirai évidemment, mais il ne faut pas mélanger les choses. Il y a un certain nombre de prises de position que je ne trouve pas acceptables et je suis d'accord pour qu'on les dénonce. »
"On sera aux côtés des lycéens cet après-midi, demain, après-demain"
On a le sentiment depuis le début de ce mouvement lycéen qu'au départ, les responsables de La France insoumise étaient aux côtés des lycéens, et qu'aujourd'hui vous ne savez plus comment éteindre cet incendie.
« Non, pas du tout. On sera encore aux côtés des lycéens cet après-midi, on y sera demain, on y sera après-demain. »
Ce mouvement ne vous dépasse pas ?
« Non, ce n'est pas ça qui s'est passé. Ce qui s'est passé, c'est que vous avez un gouvernement qui, au déclenchement de ce mouvement, plutôt que de répondre à ses revendications légitimes, a essayé de répandre une théorie complotiste en disant que c'est La France insoumise qui est derrière. Ce qui était absolument absurde, puisque s'il y a des lycéens qui se sont mobilisés, c'est parce qu'ils avaient des raisons de se mobiliser, pas parce que des responsables de La France insoumise étaient là. »
Être à côté d'eux, "c'est notre devoir !"
Avez-vous allumé la mèche ?
« On était à côté d'eux, mais c'est notre devoir ! La question que vous devriez me poser, ce n'est pas pourquoi nous avons fait ça, c'est pourquoi le gouvernement ne l'a pas fait. Le gouvernement aurait dû venir rencontrer les lycéens, écouter leurs revendications. C'est notre devoir et notre fierté d'avoir appuyé cette mobilisation, et ce n'est pas une histoire de mèche.
Il y a eu une mobilisation qui a commencé à naître dans un lycée parce qu'il manquait plein de professeurs et que les conditions d'éducation étaient absolument indignes. Qu'est-ce qu'on a fait ? On est allé appuyer cette mobilisation et on continue de le faire avec beaucoup de fierté. Depuis le premier jour, on a toujours dit la même chose : les modalités d'action doivent être pacifiques et non violentes. Et c'est le cas de l'immense majorité de la mobilisation. Cette manière de la stigmatiser comme l'a fait le gouvernement est absolument indigne. »
💥Qui va payer les dégâts des #BlocusLycées ? 🗣️@mbompard : "Il y a une responsabilité individuelle (...) La loi casseur-payeur est complètement inconstitutionnelle ! @vpecresse je lui enverrai la facture à elle" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJRBVG https://t.co/ftQHxYg1kd
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Casseur/Payeur : "C'est une loi absolument inconstitutionnelle"
Mais il y a eu des dégâts. Selon vous, qui doit payer ?
« S'il y a des actions individuelles de dégradation, il y a une responsabilité individuelle en France, et dans cette responsabilité individuelle, un tribunal, quand il condamne quelqu'un, peut le condamner à des amendes. Ça existe déjà. Mais la seule réponse du gouvernement à ce mouvement, c'est d'introduire à l'Assemblée nationale une loi qu'ils ont appelée "casseur-payeur", qui en fait vise à dire : si vous avez été sur un blocus et qu'il y a eu des dégradations, même si vous n'en êtes pas personnellement responsable, vous allez payer. Vous trouvez ça normal ?
C'est une loi absolument inconstitutionnelle. Le principe élémentaire du droit en France, c'est que vous pouvez être sanctionné pour des faits que vous avez commis vous-même, pas pour des faits commis par d'autres. Si le gouvernement n'a que ça à répondre à la colère des lycéens, ils n'ont absolument rien compris à la situation. »
"Madame Pécresse a une petite responsabilité"
Valérie Pécresse dit vouloir envoyer la facture des dégradations à Bally Bagayoko.
« Moi, je lui enverrai peut-être la facture à elle. Si elle nous l'envoie, on lui renverra à Madame Pécresse. Vous savez ce qu'elle a cassé, Madame Pécresse ? Faites le tour des lycées d'Ile de France et vous allez voir ce qu'elle a cassé. Du sous-investissement chronique pendant des années et des années. Elle devrait se faire toute discrète, Madame Pécresse, parce que si le mouvement est né en Île-de-France, ce n'est pas pour rien.
Elle trouve ça normal qu'on aille dans un établissement où les toilettes ne ferment pas, où il fait trop chaud l'été et trop froid l'hiver ? Elle a tellement amélioré les conditions que le mouvement est né et s'est diffusé comme une traînée de poudre dans les lycées franciliens. Madame Pécresse a une petite responsabilité : c'est elle qui est en charge de l'entretien des lycées, que personne ne l'oublie. »