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"Les jeunes doivent se vacciner contre la méningite !"... mais y a-t-il un risque d'épidémie en France ?

ENTRETIEN SUD RADIO - Alors que l'Angleterre fait face à une flambée de méningite à méningocoque, le décès d'une jeune femme à Cherbourg le 19 mars dernier a semé l'inquiétude sur les réseaux sociaux. Certains parlent même d'épidémie cachée. La France est-elle vraiment en danger ?

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Une jeune femme a succombé à une méningite foudroyante, malgré ses appels au SAMU. (AFP)


Une impression de déjà-vu. Une épidémie de méningite méningocoque sévit actuellement dans le sud-est du Royaume-Uni. Deux jeunes étudiants, âgés de 18 et 21 ans, sont décédés dans la région du Kent, et 25 autres sont hospitalisés dans un état grave, chiffre qui augmente chaque jour.

Selon certains internautes, l'épidémie menacerait désormais les Français. Mais qu'en est-il vraiment ? Renaud Verdon, chef de service des maladies infectieuses au CHU de Caen et professeur des universités à l'Université de Caen, livre son éclairage et rétablit ta vérité au micro de Sud Radio.

"Une épidémie cachée de méningite ? C'est totalement faux !"

Sur les réseaux sociaux, la rumeur circule : une flambée de la maladie serait volontairement dissimulée. Le décès d'une femme en Normandie, à Cherbourg, a alimenté les spéculations. "C'est totalement faux, s'indigne le spécialiste. Ce à quoi nous avons assisté est malheureusement banal, car des cas sporadiques de méningite à méningocoque, comme à Cherbourg, peuvent survenir " explique le Pr Renaud Verdon.

"Le décès dans la Manche n'est pas lié à l'épidémie en Angleterre"

Le décès de la jeune femme travaillant à La Hague (Manche), salariée d'Orano, n'a "à ce stade" aucun lien avec l'épidémie de méningite qui touche le sud-est de l'Angleterre, selon l'Agence régionale de santé. "Des analyses très précises permettent de comparer les souches (…) et aucun lien n'est établi. Ce qui s’est passé à Cherbourg survient malheureusement chaque année, de la même manière, dans plusieurs régions en France" affirme Renaud Verdon.

Par ailleurs, l'Agence régionale de santé de Normandie a confirmé qu'aucun autre cas n'a été détecté.

"Il faut se faire vacciner contre cette maladie qui, même rare, est dramatique à chaque fois"

La vaccination contre le méningocoque s'est largement étendue. Depuis un an et demi, elle est devenue systématique chez les nourrissons et couvre désormais la quasi-totalité des souches. Des campagnes de rattrapage ciblent aussi les enfants dès 5 ans, ainsi que les adolescents et jeunes adultes. "Il faut se faire vacciner contre cette maladie qui, même rare, est dramatique à chaque fois".

"Entre 15 et 25 ans, il faut voir avec son médecin traitant et demander à être vacciné contre le méningocoque"

Si la vaccination est désormais systématique chez les nourrissons, elle reste très faible chez les 15-24 ans : "Je dirais qu'entre 15 et 25 ans, il faut voir avec son médecin traitant et demander à être vacciné contre le méningocoque. Encore une fois, il ne faut pas grandir le risque au-delà de ce qu'il est. Même si l’on observe quelques centaines de cas par an en France, Renaud Verdon rappelle que "ce sont des cas extrêmement graves".

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