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Trois morts et 46 cas : la Savoie confrontée à une recrudescence de légionellose

DÉCRYPTAGE SUD RADIO - Quarante-six cas de légionellose ont été déclarés en Savoie entre le 1er juin et le 14 août 2026. Quarante-quatre malades ont été hospitalisés et trois personnes âgées de plus de 80 ans sont décédées.

Trois morts et 46 cas : la Savoie confrontée à une recrudescence de légionellose

Les investigations se concentrent notamment sur le bassin de Chambéry, fréquenté ou habité par 37 des 46 personnes touchées. Malgré près d’une cinquantaine de prélèvements, l’origine commune des contaminations n’a pas été établie à ce stade.

"Les légionelles se transmet en respirant des microparticules"

La Savoie fait face depuis le début de l’été à une recrudescence inhabituelle de légionellose. Parmi les 46 personnes touchées, âgées de 26 à 91 ans, 39 résident dans le département et sept y ont séjourné. La plupart des patients hospitalisés sont désormais guéris et ont regagné leur domicile. Deux des trois décès sont liés à une contamination d’un réseau d’eau privé, précise l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes.

La légionellose est une infection pulmonaire provoquée par des bactéries du genre Legionella, naturellement présentes dans l’eau. Elles peuvent proliférer dans les installations hydriques et contaminer l’être humain lorsque des gouttelettes d’eau sont inhalées.

"Les légionelles, ce sont de toutes petites bactéries qui sont contenues dans l’eau plutôt tiède. Elles sont généralement peu présentes dans les eaux froides. Et quand l’eau est très chaude, au-delà de 60 degrés, elles ne survivent pas. Le nombre de structures contenant de l’eau qui peuvent être contaminées est très important. La question, c’est que, généralement, cela ne se transmet pas en buvant de l’eau, cela ne se transmet pas en se lavant. Cela se transmet par des microparticules quand on prend une douche. Le réseau d’eau peut être contaminé, certains types de climatisation certainement, les tours de réfrigération certainement. Cela ne se transmet pas d’homme à homme. C’est vraiment en respirant des microparticules, qui s’inhalent et qui ne s’avalent pas", explique au micro de Sud Radio le Docteur Robert Cohen, infectiologue et pédiatre au CHI de Créteil.

"Cela se présente essentiellement comme une pneumonie, c’est-à-dire avec de la fièvre et de la toux"

Cette maladie touche surtout les personnes présentant des facteurs de vulnérabilité. L’ARS cite notamment les personnes âgées, les fumeurs, les malades souffrant d’affections respiratoires chroniques ou encore les patients dont les défenses immunitaires sont affaiblies.

"Cela ne touche pas tout le monde. Les enfants ne sont pas touchés. Ce sont surtout les sujets âgés, les sujets qui ont des pathologies pulmonaires sévères, ou ceux qui n’ont pas de bonnes défenses immunitaires, c’est-à-dire ceux que l’on appelle les immunodéprimés, notamment à cause de chimiothérapies. C’est très répandu, mais tout le monde n’est pas touché. Ce sont vraiment ces populations-là qui sont touchées", poursuit le Docteur Robert Cohen à l'antenne de Sud Radio.

Les premiers signes doivent conduire à consulter rapidement. "Cela se présente essentiellement comme une pneumonie, c’est-à-dire avec de la fièvre et de la toux. De temps en temps, il y a un peu de diarrhée. De temps en temps, les patients sont un peu obnubilés. Mais très tôt, on peut établir le diagnostic et proposer un traitement efficace."

Légionellose : un traitement efficace existe en cas de diagnostic précoce

La rapidité du diagnostic est en effet déterminante. En France, 1 939 cas avaient été notifiés en 2024, avec une létalité de 9 %, selon Santé publique France.

"Cela se traite essentiellement avec deux familles d’antibiotiques, qui fonctionnent très bien à condition que le diagnostic soit précoce. Parce qu’une fois que la maladie est installée et devient grave, souvent, malgré les traitements antibiotiques, cela ne suffit pas. Donc, une fois que l’on sait qu’il y a de la légionellose dans une région ou dans un hôpital — parce que c’est arrivé dans des hôpitaux, des EHPAD, et aussi dans des spas - il existe des tests très fiables pour établir le diagnostic, et le faire très rapidement. On peut alors débuter un traitement antibiotique. Ce ne sont d’ailleurs pas des antibiotiques si compliqués que cela. Ce sont des antibiotiques d’usage assez courant, mais ce ne sont pas des pénicillines : ce sont d’autres familles. À condition d’être traité tôt, et à condition que la pathologie sous-jacente du patient ne soit pas trop grave, ça guérit. D’ailleurs, même s’il y a trois décès — ce qui est beaucoup —, on voit bien que les autres patients ont guéri", fait savoir le Docteur Robert Cohen au micro de Sud Radio.

En Savoie, l’ARS, Santé publique France et plusieurs services de l’État poursuivent leurs investigations sur les réseaux d’eau, tours aéroréfrigérantes, commerces et restaurants. Les professionnels de santé du secteur ont également été alertés afin de repérer rapidement d’éventuels nouveaux malades.

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