Jacques Cardoze : La primaire socialiste a donc sacré Raphaël Glucksmann comme candidat de la social-démocratie. Est-ce que ça clarifie ou complique le jeu politique pour votre propre famille politique ?
Jonas Haddad : « Ça clarifie de leur côté parce qu'on a été habitués à ce que la désignation des candidats socialistes soit compliquée. Pour la première fois, le Parti socialiste n'aura pas de candidat puisque c'est un candidat Place publique qui le sera. Après, je pense que c'est assez cohérent avec leur logique socialiste classique. »
Ça rebat les cartes selon vous, ou vous dites que ça les clarifie surtout ?
« Hier, il y avait des gens qui ont un peu pleuré aussi, à part Ségolène Royal, vous aviez d'autres personnes qui se voyaient comme recours et puis des gens qui essaient aussi de capter ce centre gauche et qui vont être en difficulté parce que Raphaël Glucksmann arrive aussi à parler à cette France urbaine qui va bien. »
🚨 Glucksmann remporte la primaire sociale-démocrate 🗣️ @jonashaddad : "Je n'oublierai jamais qu'il y a eu le Nouveau Front Populaire en 2024. C'est une tâche sur le parcours de ceux qui ont participé à cela" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/8Uo0sZZchQ
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Alliance Glucksmann-Attal : "Ça semble un peu compliqué"
Il peut s'affirmer comme le candidat du centre gauche. Une alliance avec Gabriel Attal, est-ce que ce serait logique ou souhaitable ?
« Ce n'est pas à moi qu'il faut le demander. Franchement, je ne sais pas vous répondre à cette question. J'ai entendu Raphaël Glucksmann dire qu'il voulait tourner la page du macronisme. Donc avec Gabriel Attal, ça semble un peu compliqué. Ce n'est pas à moi de vous répondre.
Il n'y aura pas d'union et d'alliance avec LFI, donc en ce sens, ça clarifie le propos
Après, je n'oublierai jamais qu'il y a eu le Nouveau Front populaire en 2024 et que tout le Parti socialiste a fait une alliance que j'ai qualifiée moi d'assez ignoble avec LFI. Maintenant, ils reviennent à des bases plus saines, mais ça n'empêche qu'il y a une tâche sur le parcours de ceux qui ont participé à ça, notamment Olivier Faure. C'est quelque chose qui est infamant pour le parti qui a été celui de Jaurès, de Blum et même de Mitterrand. »
Glucksmann-Retailleau : "Ce n'est pas la même France"
Est-ce que ça veut dire qu'éventuellement Raphaël Glucksmann peut aussi s'allier dans la perspective des législatives et avoir ce même chemin ?
« Non, je ne le pense pas. Et puis tout dépendra des présidentielles, on le sait, les législatives c'est après les présidentielles. »
Ça morcelle en tous les cas le vote central puisqu'il refuse cette alliance avec LFI. Est-ce que ça ne vous inquiète pas à droite ? Est-ce que ça ne vous oblige pas à vous unir, parce que le gâteau du centre n'est pas extensible ?
« Franchement, je pense que les électeurs qui nous écoutent ne voient pas de signe égal entre un Bruno Retailleau et un Raphaël Glucksmann. On est sur deux conceptions même de la politique qui sont différentes. J'ajouterai que — et je cite Glucksmann pour le coup — il disait qu'il se sentait plus proche de quelqu'un à New York ou à Berlin que de quelqu'un dans un territoire rural français.
Je suis vice-président de la région Normandie, qui est une région également rurale. Bruno Retailleau est un rural. Nous avons gagné les municipales avec de nombreuses villes qui sont notamment situées dans le périurbain et dans la ruralité. Ce n'est pas la même France. »
🔵 Une alliance des LR Avec @EPhilippe_LH ? 🗣️ @jonashaddad : "Il faut tourner la page du macronisme. C'est un en même-temps, un fourre-tout. On trace notre ligne, qui est de droite et qui est claire" " #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/BGNCrKptp0
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"On a perdu beaucoup de temps avec le macronisme"
Refusez-vous toujours cette alliance avec le camp d'Édouard Philippe ?
« Ce n'est pas la question de refuser une alliance pour refuser une alliance. Nous, ce que nous voulons dire, c'est qu'il faut tourner la page du macronisme. Il y a eu deux saisons du macronisme, on ne veut pas d'une troisième saison. Le macronisme, c'est un "en même temps" un peu fourre-tout dans lequel on ne décide de rien et dans lequel, au final, même ce qu'on décide au début peut contredire ce qui se passe après.
Je vous prends l'exemple du nucléaire : on a perdu beaucoup de temps avec le macronisme en éteignant pendant un moment le nucléaire et en le rallumant par la suite dans les difficultés que nous connaissons. Donc nous voulons tourner la page du macronisme et nous traçons notre ligne qui est une ligne de droite : d'un point de vue économique pour libérer les énergies, et d'un point de vue du régalien et de l'immigration, l'affirmation d'une droite qui est claire. »
"La configuration dite du bloc central explose"
N'y a-t-il pas une contradiction ? Vous voulez tourner la page du macronisme, mais cette offre centrale n'est pas extensible et on voit bien dans les votes que ça ne suffira pas à Bruno Retailleau.
« On est dans une nouvelle configuration : la configuration dite du bloc central, ce gâteau, tout ça explose. Ça tenait quand il y avait Emmanuel Macron qui tenait les deux bouts de la chaîne, mais maintenant qu'il n'y a plus personne dans ce bloc central pour tenir ces deux bouts de la chaîne, je pense que les gens ont besoin d'avoir des offres claires.
Je paraphrase encore Raphaël Glucksmann : il dit qu'il faut un cap clair. Nous aussi, nous avons notre cap clair qui est un cap de droite, qui n'est pas le même que Glucksmann, qui n'est évidemment pas le même que Mélenchon et qui n'est pas le même que Madame Le Pen. »
✊Acte V des #BlocusLycees demain 🗣️ @jonashaddad : "Qui va payer la casse ? Les honnêtes gens qui vont travailler ! C'est Nicolas qui va payer pour les petits délires révolutionnaires gauchistes" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJRBVG https://t.co/g69IFaYutR
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"Il faut distinguer le malaise étudiant du malaise lycéen"
Nouvelle mobilisation demain dans les lycées. Bruno Retailleau a dit que l'idéologie gauchiste veut tout détruire. N'y a-t-il pas un malaise étudiant plus profond ?
« Il faut distinguer le malaise étudiant du malaise lycéen. Au départ, ça commence dans les lycées et c'est une volonté assez gauchiste de l'étendre à tous les points de la société. Pourquoi l'a-t-il dit au lycée Nelson Mandela ? Le lycée Nelson Mandela, c'est plus de 70 millions d'euros qui ont été dépensés pour un lycée flambant neuf. Les casseurs alimentés par LFI ont brûlé ce lycée.
Quand on vous dit qu'il manque de moyens, quel est le rapport avec le fait de brûler le lycée dont on déplore qu'il manque de moyens ? Il y a bien une idéologie derrière tout ça. Et qui va payer ces casses, les 77 millions d'euros du lycée Nelson Mandela ? Ce sont les honnêtes gens qui vont travailler. C'est pour ça que j'ai dit "C'est Nicolas qui paie", parce qu'on en a marre de payer pour ceux qui cassent pour leur petit délire révolutionnaire gauchiste. »
"Le rôle de Bagayoko devrait être de rassembler plutôt que de diviser"
Mais beaucoup d'experts pensent que c'est avant tout un mouvement d'angoisse de cette jeunesse face au déclassement, à l'IA, aux guerres, au dérèglement climatique. Ce n'est pas l'extrême gauche.
« Ce n'est pas l'extrême gauche, mais on peut poser des bonnes questions sans apporter des réponses de violence. Quand vous avez un Bally Bagayoko qui dit que la violence est légitime, c'est un scandale. C'est un élu de la République, son rôle devrait être au contraire de rassembler plutôt que de diviser. Donc oui, il y a des questions existentielles qui se posent. Vous avez raison sur l'IA : la pyramide des âges, pour moi, n'existera plus, parce qu'une pyramide c'est avoir une base large d'actifs, et demain peut-être que cette pyramide n'existera plus.
C'est une question qui se pose, mais plutôt que d'apporter des solutions hypergauchistes révolutionnaires, nous pensons qu'il faudrait apporter des solutions concrètes. Par exemple : est-ce normal qu'aujourd'hui on continue d'envoyer des milliers de lycéens dans des filières à l'université qui ne leur apporteront pas de boulot ? Il faut tenir un vrai discours de transparence aux jeunes sur les débouchés de l'emploi et leur dire qu'on ne peut plus aller dans les mêmes filières qu'il y a 30 ou 40 ans parce que demain il n'y aura plus de travail dans ces secteurs-là.
Quand il y a eu une prise de conscience de l'écologie et qu'une génération s'est levée pour dire "Nous ne voulons plus alimenter un système qui existait", les gens l'ont entendu et ont dit "La jeunesse a raison de réclamer une transformation de notre modèle écologique". Lorsque la jeunesse s'exprime de cette façon-là, elle a raison. Et il faut transformer notre modèle économique : il faut que notre modèle économique s'adapte à la nouvelle réalité démographique, c'est-à-dire qu'on a fait moins d'enfants et que demain il y aura avec l'IA des menaces sur leur emploi. »
✊Les Gilets Jaunes vont rejoindre le mouvement du #17Octobre 🗣️ @jonashaddad : "Les revendications sont légitimes. Ce qu'il ne l'est pas c'est la violence (...) Ils ont raison de manifester contre la cherté de la vie" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJRBVG https://t.co/nANDSIuVKT
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"Les faux Gilets jaunes n'ont pas leur place dans leurs revendications"
Vous êtes vice-président de la région Normandie, il y a des lycées en souffrance. Le mouvement est-il justifié ?
« Figurez-vous que dans notre région, il y avait très peu de lycées en souffrance parce qu'on a mis vraiment beaucoup d'argent pour que les lycées soient quasiment flambant neufs. Deuxièmement, avec la transition démographique et le fait qu'on fasse moins d'enfants, il y a déjà moins de lycéens dans les lycées. En région Normandie, sur les bâtiments et la vétusté, il n'y a pas ça. Quand on a vu des dégradations, et ça nous a coûté des millions d'euros à la région Normandie, je l'ai regretté. »
On se dirige vers une convergence des luttes avec l'entrée en piste des Gilets jaunes. Craignez-vous une volonté de bordéliser le pays ?
« Les revendications sur le pouvoir d'achat sont légitimes quand vous avez de l'essence à plus de 2 €, quand vous avez des difficultés pour trouver du travail parce qu'il y a 70 000 entreprises qui ont mis la clé sous la porte, ce sont des revendications légitimes. Ce qui n'est pas légitime, c'est la violence.
Je travaille beaucoup avec des gens qui ont été Gilets jaunes de bonne foi, je pense notamment à Benjamin Cauchy que je salue : ils ne veulent pas ces solutions de casse, ils veulent simplement que l'État les écoute et arrête de les assommer de normes et de taxes. Les Gilets jaunes ont raison de manifester contre la cherté de la vie, mais les faux Gilets jaunes, ceux qui veulent casser, n'ont pas leur place dans leurs revendications. »
"Que chacun se mêle de ce qui se passe dans son pays"
Faut-il aller plus loin et suspendre l'utilisation des LBD face à ce type de mouvement ?
« Je ne suis pas un spécialiste des doctrines de maintien de l'ordre. Ce que je sais simplement, c'est qu'il y a plusieurs policiers qui ont été violentés, certains aspergés, d'autres blessés, et je pense qu'on ne peut pas considérer qu'alors que la société devient de plus en plus violente, on doive désarmer la police. C'est comme ça que je le conçois. »
L'ONU s'inquiète d'un recours disproportionné à la force. Que répondez-vous ?
« Il faut être précis : c'est une commission spécifique des droits de l'Homme de l'ONU, et dans cette commission spécifique des droits de l'Homme de l'ONU, vous avez quand même des pays qui pratiquent encore l'excision. Donc les leçons de morale de cette commission des droits de l'Homme de l'ONU, je pense qu'on n'en a pas grand-chose à faire. Il y a l'Iran aussi qui nous a mis en garde en disant qu'il fallait qu'on regarde ce qu'on fait. À un moment, que chacun se mêle de ce qui se passe dans son pays ! »
🗣️@jonashaddad : "@davidlisnard est un ami. Bien évidemment, on serait ravi de travailler avec lui" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/5yPQGZODbZ
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"Comment émerger dans ce marais de candidats ?"
Aujourd'hui, le constat est que Bruno Retailleau ne décolle pas dans les sondages. C'est prévu pour quand ?
« Je ne partage pas ce constat. Si je regarde les deux dernières enquêtes d'opinion, on a pris deux points. Et par ailleurs, la question qui se pose, c'est : comment émergez-vous dans ce marais ? Il y a aujourd'hui 42 candidats à la présidentielle, et avoir quelqu'un qui a un bloc solide, stable dans ces 42 candidatures, ça permet pour la suite, une fois que le champ de bataille va s'éclaircir, de pouvoir émerger.
Deuxièmement, la capacité d'émergence vient aussi du programme : avec Bruno Retailleau, on essaie depuis plusieurs mois de définir un programme détaillé, chiffré, construit, bâti. C'est ce qui fera la différence avec les autres candidats qui sont dans des postures. »
Faut-il aller chercher des gens comme David Lisnard ?
« David Lisnard est un ami, c'est quelqu'un qui porte des idées liées à la libération économique du pays. S'il se passe quelque chose sur ces idées-là, c'est tant mieux, et bien évidemment que pour qu'il se passe quelque chose, il faut qu'on soit rassemblés. Nous serions ravis de travailler avec David. »
🗳️Vers une primaire de la droite ? 🗣️@jonashaddad : "On n'a peur de rien ! " #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/5NOLRMqu8C
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Primaire à droite : "On ne peut pas forcer les gens"
Le Point rapporte que Bruno Retailleau essaierait de siphonner les parrainages de concurrents comme David Lisnard ou Éric Zemmour en écrivant directement aux maires.
« Il n'y a pas de siphonnage, c'est ce que font tous les candidats à la présidentielle. Actuellement, tous les candidats à la présidentielle écrivent à tous les maires de France. Moi par exemple, j'ai reçu un courrier de Gabriel Attal me proposant de le parrainer ! Tout le monde tire très large en ce moment, il n'y a pas d'opération dédiée. On écrit à tous les élus qui sont en capacité de parrainer, tout le monde le fait, même Asselineau le fait ! On ne va pas se limiter, et c'est pareil pour les autres. »
Édouard Philippe refuse la primaire. Seriez-vous favorable à une primaire à droite ?
« Écoutez, nous n'avons peur de rien. S'il y a une primaire, on fait la primaire ; s'il n'y a pas de primaire, on fait le premier tour. Bruno Retailleau a les idées claires, donc on n'est ni farouchement opposés ni farouchement favorables. S'il y a un sujet de départage, il n'y a pas de souci, on ira, mais on ne peut pas forcer les gens non plus.
J'ai cru comprendre qu'Éric Zemmour et Sarah Knafo, c'était le même parti, donc il y en aurait un seul qui soit candidat a priori, et par ailleurs ils passent leur temps à critiquer Les Républicains en disant qu'on n'est pas des gens de droite. C'est compliqué de faire des primaires avec des gens qui vous insultent. Encore une fois, on n'a peur de rien, mais j'ai l'impression que personne n'est d'accord sur le volume de la primaire. »
"Je ne travaille pas avec les gens qui nous insultent"
Vous venez de sortir ce livre qui s'appelle C'est Nicolas qui paie. C'est une expression qu'on retrouve très souvent dans la bouche de Sarah Knafo. Pourquoi n'y aurait-il pas un rapprochement entre Les Républicains et Reconquête ?
« Tout simplement parce que chez Reconquête, on passe son temps matin, midi et soir à insulter Les Républicains. Donc a priori, moi j'ai une petite éthique dans la vie, c'est que je ne travaille pas avec les gens qui nous insultent. »
Vous regrettez qu'il y ait des insultes ?
« Oui, je le regrette parce que dans ma bouche, il n'y a aucune insulte vis-à-vis de Reconquête sur le fond. Chacun porte ses idées et c'est tant mieux comme ça. »
Mais sur le fond, vous pourriez vous rapprocher du discours de Sarah Knafo ?
« 'C'est Nicolas qui paie', ça a été lancé sur Sud Radio il y a plusieurs années. Donc ce constat-là, je l'ai déjà fait avant. Si d'autres personnes rejoignent ce constat-là, j'en suis ravi. »
En tous les cas, vous n'êtes pas très éloignés sur le constat entre ce que dit Sarah Knafo et ce que vous dites.
« Honnêtement, ce sont des chiffres. Donc si on est d'accord sur les chiffres, tant mieux. »
🎗️Octobre rose : @MathildePanot refuse de porter le ruban rose 🗣️ @jonashaddad : "C'est à vomir ! Ces gens-là sont complètement dingues ! Qu'ils aillent créer un pays ailleurs avec toutes leurs obsessions" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/0Kgc2sb7oV
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LFI : "Ces gens sont complètement dingues !"
Que pensez-vous des accusations de Mathilde Panot contre Syngenta et de son refus de porter le ruban rose d’Octobre Rose ?
« D'abord ce matin, j'ai une pensée pour les femmes qui souffrent de cancer ou qui doivent se faire dépister. Vouloir conflictualiser ce sujet, c'est vraiment à vomir, je vous le dis. C'est à vomir. Et leur obsession maladive pour Israël devient un truc complètement dingue. Elle vous explique que comme il y a potentiellement une filiale de l'entreprise qui est aussi en Israël, ça veut donc dire que l'entreprise dans sa globalité serait pro-colonialisme. Ces gens sont dingues, ils sont complètement dingues !
Je pense qu'il faut qu'ils aillent créer un pays ailleurs avec toutes leurs obsessions : leurs obsessions anti-science, leurs obsessions antisémites, leurs obsessions anti-tout le monde, et qu'ils aillent cracher leur haine ailleurs parce que franchement, moi je vous dis, là on passe les limites de l'acceptable. Quand on parlait tout à l'heure du fait de savoir si le PS doit encore s'allier avec LFI, comment imaginer de s'allier avec des gens qui sont aussi abjects sur un sujet où il n'y a pas beaucoup de sujets qui nous rassemblent en politique. »
"Le ruban Octobre Rose serait un ruban de droite ?"
Elle instrumentalise d'une certaine manière les femmes qui souffrent aujourd'hui d'un cancer du sein ?
« Mais qu'est-ce que ça veut dire ? À un moment, qu'est-ce que ça veut dire ? Je me mets à la place de ces femmes-là. Je vais vous dire : je ne m'étais pas procuré ce petit pin's d'Octobre Rose, mais je vais le porter tout le mois d'octobre juste pour les ennuyer, ces gens-là. Mais ce sont des malades, vraiment ! »
C'est que vous-même vous politisez du coup Octobre Rose ?
« Non, je ne politise pas, mais ça n'est plus possible. Vous voulez dire quoi ? C'est que maintenant ce ruban serait un ruban de droite ? Il faut arrêter le délire. Ces gens-là sont dans des bouffées délirantes. »
Mediapart/Bardella : "Il aurait pu avoir une autre voie judiciaire"
J'aimerais vous entendre sur la polémique Mediapart / Jordan Bardella. Les sondages semblent indiquer qu'il n'y a pas de vrai changement pour le RN. Pensez-vous que cette affaire peut profiter à la droite classique ?
« C'est très simple, cette affaire. Soit c'est Mediapart qui a menti et dans ce cas-là, ils devront rendre des comptes. On attend de voir les enquêtes et le contenu des enquêtes. Soit c'est Bardella qui a menti et dans ce cas-là, bien évidemment se pose la question du fond de sauce antisémite, mais se pose surtout la question du mensonge. »
Vous êtes avocat, vous lui auriez conseillé de plaider l'erreur de jeunesse plutôt que d'essayer de s'entêter avec une version très contestée par Mediapart ?
« Ce que je retiens, c'est que Jordan Bardella a déposé une plainte. Il aurait pu avoir une autre voie judiciaire, par exemple la citation directe, qui aurait tout de suite provoqué la confrontation avec Mediapart. »
"Bardella a essayé de gagner du temps"
Qu'est-ce que ça aurait changé ?
« Ça aurait changé que chacun abat ses cartes. On aurait su tout de suite qui ment : est-ce que c'est Mediapart ou est-ce que c'est Bardella ? Je pense qu'il a essayé de gagner du temps et que c'est la stratégie qui a été adoptée par son avocat. »
Qu'est-ce que vous en déduisez alors ? Qu'il n'a pas voulu qu'on aille vers le chemin de la vérité rapidement ?
« Je pense que la vérité est peut-être parfois un peu grise. Et j'ai l'impression que tout ça est un peu gris. Donc je n'en sais rien, je ne suis pas dans le fond du dossier. Et alors je peux vous assurer une chose, c'est que Mediapart ne me donne aucune info ! »
"Ce sont les racines du RN"
Le fait de multiplier les plaintes, c'est une façon assurément de gagner du temps et de repousser le temps de la décision judiciaire.
« C'est mécanique. C'est-à-dire une plainte, ça n'est pas une citation directe. Il y aurait eu un coup de poker à faire de sa part de dire : 'Voilà, je mets une citation directe, je demande à Mediapart de venir donner les preuves.' Il ne l'a pas fait. C'est une stratégie judiciaire qui est connue d'ailleurs des avocats. »
Au fond de vous, vous pensez que le RN est affaibli avec cette affaire ?
« Ce sont les racines du RN. Voilà, c'est ses racines. Voyez par exemple, on parle de Soral. Alain Soral, on le voit faire des vidéos de karaoké avec Marine Le Pen. Tout ça est su et connu, ça n'est pas nouveau. Après, les gens décident en conscience si ce genre de personnage est fréquentable ou pas. »