Au micro de Sud Radio, Mathieu Plessis, habitant de la commune, raconte les premiers jours de la catastrophe, lorsque les riverains ont dû s'organiser seuls pour protéger les quartiers sinistrés. Il évoque également des vols, des effractions et même l'apparition de faux pompiers.
"Il y avait des cuves d'eau qui avaient été volées"
Alors que les pompiers poursuivent leur lutte contre les incendies qui ravagent une partie de la Gironde, les habitants du Porge tentent de faire face aux conséquences d'une catastrophe d'une ampleur exceptionnelle. La commune a vu près de 200 habitations détruites par les flammes, contraignant de nombreuses familles à quitter leur domicile. Mais, selon plusieurs témoignages, les sinistrés ont également dû composer avec une insécurité grandissante dans les zones évacuées. Mathieu Plessis, habitant du Porge, affirme que les premières heures ont été particulièrement difficiles en raison du manque de surveillance et des nombreux actes de malveillance signalés dans le secteur.
Au micro de Sud Radio, il décrit notamment une situation qui s'est rapidement dégradée après les premières évacuations : "On a dû évacuer encore le soir. Mais dès le lendemain matin, quand je suis revenu, on a appris qu'il y avait des cuves d'eau qui avaient été volées, alors on n'avait pas beaucoup de matériel déjà au début. Des gens traînaient dans Le Porge avec des cuves d'eau accrochées à une remorque et faisaient le tour des habitations qui n'avaient pas encore brûlé. Ça, c'était dès les premiers jours. Ça s'est amplifié. Donc, après, on a essayé de monter des petits barrages, on a essayé de contrôler un peu les gens. On se connaît tous, hein. Maintenant on a des passes, donc des papiers imprimés par la mairie. D'autres communes l'ont fait également".
"Ils ont tout simplement volé les tenues des pompiers pendant qu'ils dormaient"
Selon Mathieu Plessis, ces mesures sont toutefois intervenues après plusieurs jours durant lesquels les habitants ont eu le sentiment de devoir assurer eux-mêmes la protection de leurs biens. "Hier encore, il y avait des pyromanes sur place. Maintenant, on a beaucoup de gendarmes qui sont arrivés, on a les sentinelles de Vigipirate, on a plusieurs camions de gendarmerie mobile. Mais les premiers jours, ce n'était pas le cas. On était vraiment abandonnés, on était tous seuls. Donc, on a protégé les maisons comme on pouvait, mais il y a eu des effractions, il y a eu des pillages", témoigne Mathieu Plessis à l'antenne de Sud Radio. Depuis, les autorités ont considérablement renforcé leur présence autour des secteurs évacués afin de sécuriser les habitations encore debout et d'empêcher toute intrusion.
L'habitant évoque également un phénomène particulièrement troublant qui aurait compliqué le travail des secours et renforcé la méfiance des riverains. "Il y a des faux pompiers qui sont venus, au point qu'un vrai pompier a été malmené parce qu'on croyait que c'était un faux pompier qui rentrait dans les maisons. […] En fait, ils ont tout simplement volé les tenues des pompiers pendant qu'ils dormaient", raconte Mathieu Plessis au micro de Sud Radio.
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