Certaines substances interdites depuis plus de vingt ans continuent de circuler dans l’air, en raison de leur forte persistance dans l’environnement. Pour mieux comprendre cette pollution invisible, la Fédération des Associations agréées de surveillance de la qualité de l'air plus communément appelée Atmo France a lancé, le 30 mars, une carte interactive nationale qui permet de visualiser les concentrations de pesticides dans l’atmosphère.
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Baptisé PhytAtmo Dataviz, cet outil s’appuie sur une base de données qui rassemble les mesures réalisées depuis 2002 par les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA). Il met en lumière une réalité souvent méconnue : les pesticides ne contaminent pas seulement les sols, l’eau ou l’alimentation, mais aussi l’air que nous respirons.
Des données compilées pour créer une data visualisation
Invitée au micro de Benjamin Glaise dans Le Petit Matin Sud Radio, Emmanuelle Drab Sommesous, référente pesticide pour Atmo France, détaille la manière dont a été créée cette carte : "Les concentrations de pesticides dans l’air sont suivies depuis plusieurs années sur 30 à 40 sites à travers la France. Nous avons compilé toutes ces données pour créer cette data visualisation".
"Comparer les niveaux de concentration en pesticides"
Pour suivre la qualité de l’air et l’exposition de la population aux pesticides, Atmo France a développé un outil de repérage basé sur une vaste base de données nationale. Cet outil, appelé PhytAtmo Dataviz, permet de visualiser les concentrations de pesticides dans l’air à travers la France et sur différentes périodes de l’année.
"L’idée de cet outil de repérage est de comparer les niveaux de concentration en pesticides aux moyennes et aux maximums observés sur l’ensemble des sites, car dans le domaine de l’air, il n’existe pas de réglementation. Cela complique l’exploitation des données et l’orientation de l’action publique", explique le responsable.
Une dizaine de substances quantifiables
Les données montrent que, parmi une centaine de substances actives recherchées, une dizaine seulement peut être quantifiée régulièrement. "Parmi une centaine de substances actives recherchées, nous parvenons à en quantifier une dizaine, avec une présence particulièrement marquée du prosulfocarbe, un herbicide très utilisé dans les grandes cultures. Ses niveaux sont jusqu’à dix fois supérieurs à ceux des autres composés, surtout en automne", explique également l’experte.
L’outil ne donne pas de valeurs sanitaires ou réglementaires, mais il permet de repérer les zones où les niveaux sont inhabituels ou nécessitent une attention particulière, offrant ainsi un support pour le suivi environnemental et l’anticipation des risques.
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