Le prix du gazole a atteint un nouveau record ces derniers jours en dépassant 2,40 euros le litre. Pour limiter la facture, de plus en plus d'automobilistes tentent de remplacer une partie de leur carburant par de l'huile de colza, vendue entre 80 centimes et 1,45 euro le litre.
Des vidéos montrant des conducteurs verser plusieurs bouteilles d'huile directement dans leur réservoir ont notamment été publiées sur les réseaux sociaux. Certains utilisateurs vantent même des bénéfices mécaniques inattendus, assurant que le véhicule ne consomme pas plus qu'avec du diesel.
« C'est illégal ! Ça peut coûter très très cher »
Interrogé sur Sud Radio, Jean-Luc Moreau, animateur d'« On parle auto » explique que « ça paraît une bonne idée quand on voit le prix », avant d'ajouter que « c'est en pratique une très mauvaise idée. D'abord, c'est illégal. Si on se fait piquer par les douanes, ça peut coûter très très cher », rappelle-t-il. Un contrôle d'autant plus facile à déclencher que l'odeur caractéristique de l'huile trahit rapidement les véhicules concernés, « simplement parce que ça sent la frite derrière la voiture ».
Sur le plan mécanique, le verdict est tout aussi douteux. Selon Jean-Luc Moreau, la panne du moteur est « pratiquement assurée au bout de relativement peu de kilomètres », avec un risque qui accru selon la modernité du véhicule : « plus le moteur est récent, plus on risque la panne ». L’idée d’utiliser l’huile végétale est donc pour lui « une idée à oublier d'urgence ».
Une infraction douanière, pas pénale
Au-delà des risques mécaniques, l'utilisation d'huile de colza ou de friture comme carburant est interdite par le Code des douanes. Il s'agit toutefois d'une infraction douanière, et non pénale. Les forces de l'ordre ne peuvent pas verbaliser directement un automobiliste pour cela.
Seules les douanes sont habilitées à sanctionner cette pratique, avec des amendes pouvant atteindre 135 euros et une possible saisie du véhicule. L'usage de l'huile végétale comme carburant est réservé aux professionnels disposant d'une flotte captive, dans les secteurs agricoles, du BTP ou du transport.
Le mélange essence-éthanol, une autre fausse bonne idée
À noter que l'huile de colza n'est pas la seule astuce à circuler pour réduire la facture à la pompe. Le mélange d'essence avec de l'éthanol, beaucoup moins coûteux, séduit également certains conducteurs équipés d'un boîtier adapté. Cette solution, réservée aux moteurs essence, entraîne néanmoins une hausse de consommation pouvant atteindre 30 %, tout en exposant certaines pièces, comme les injecteurs, à une usure prématurée.