Les premiers Français en vacances pourront-ils partir dès demain, vendredi ? Alors que la guerre s’enlise au Moyen-Orient, plus de 1600 stations-services de l’hexagone connaissent des ruptures totales ou partielles sur au moins un carburant, soit un peu plus de 16 % du réseau. Mercredi, environ 1 300 stations étaient concernées, soit une augmentation de 20% en seulement 24 heures. Le gazole reste le carburant le plus touché avec environ 1 000 stations concernées. Le Sans Plomb 98 suit avec 635 stations, devant le E10 et le SP95. À noter que les ruptures totales restent marginales.
TotalEnergies en première ligne
Toutes les enseignes ne sont pas touchées de la même manière. Plus de 60 % des stations en difficulté appartiennent au groupe TotalEnergies, une proportion qui dépasse même les 80 % seulement pour le gazole. Pourtant, si des stations fermes et que les pompes sont vides, le sentiment de pénurie n’est qu’une impression.
Cette situation s’explique car le groupe a plafonné ses prix à 1,99 euro le litre pour l’essence et 2,09 euros pour le diesel jusqu’au 7 avril. Une initiative qui a attiré massivement les automobilistes. Résultat : la moitié des stations du réseau TotalEnergies rencontrent aujourd’hui des difficultés d’approvisionnement. Et ce phénomène a entraîné un report de clientèle vers les stations concurrentes, provoquant des tensions chez les autres enseignes.
Juste « des difficultés logistiques »
Cette impression de pénurie est également est renforcée par certains sites internet qui évoquent des taux de « pénurie » beaucoup plus élevés, avec par exemple jusqu’à 69 % de stations en manque de SP95. Des chiffres contestés par le gouvernement, qui dénonce des données issues de signalements non vérifiés et peu fiables. En réalité, les autorités parlent plutôt de « difficultés logistiques ». Le ministère de l’Énergie souligne que ces tensions sont liées à une concentration inhabituelle de la demande sur certaines stations, notamment celles proposant les prix les plus bas.
Le gouvernement se veut donc rassurant à la veille des vacances scolaires. Malgré les tensions au Moyen-Orient, la France dispose de stocks stratégiques estimés à 100 millions de barils. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, explique que « nous avons de la marge et nous répondrons autant que nécessaire aux difficultés d’approvisionnement ponctuelles », excluant tout risque de rupture à court terme.
Une situation prête à empirer ?
Malgré le risque de pénurie écarté, le nombre de stations en manque de carburants devraient continuer à augmenter dans les prochains jours. Le véritable enjeu réside désormais dans la capacité des distributeurs à réapprovisionner rapidement les stations les plus sollicitées. Car si l’approvisionnement national n’est pas menacé, la multiplication des ruptures locales pourrait continuer à compliquer les déplacements des Français dans les jours à venir.