Avec sa chaleur record et ses pics d'intensité à répétition, l’été 2026 semble n’en plus finir. Alors qu’en septembre, les deux tiers de la France sont encore sous un régime de fortes chaleurs, la sécheresse inquiète alors que les températures sont toujours aussi élevée sur Terre comme sous l'eau. Guillaume Ferry, directeur des opérations chez Predict Service, agence de prédictions météorologiques, tire le bilan en cours au micro de Sud Radio et se projette vers 2027.
" Bien au-delà des moyennes de températures sur les 30 dernières années "
Plus de 30°c en septembre ? Ce n’est pas normal. « D'un point de vue météorologique, nous sommes bien au-delà des moyennes de températures sur les 30 dernières années, à cette période. On est bien souvent 5 à 6 degrés au-dessus, voire plus dans certains endroits. » Le phénomène, déjà inhabituel, inquiète d’autant plus par sa durée. 53 jours de vagues de chaleur cet été et la sécheresse durera « au moins jusqu'à la fin du mois dans les prévisions. Ce n'est pas normal. »
" Des étés de plus en plus chauds "
Jusqu’ici, l’été 2026 est officiellement le plus chaud jamais enregistré, mais « désormais il faudra se dire que chaque prochain été sera encore plus difficile. Il faut s'adapter. » Un constat qui fait malheureusement consensus chez les climatologues qui étudient le phénomène depuis longtemps déjà.
Même si, « c'est vrai que là on était clairement sur un été paroxystique avec cette augmentation des chaleurs. Ça ne veut pas dire qu’ils seront tous semblables à celui-ci, mais la moyenne des étés va être vers des étés de plus en plus chauds, on le sait », reconnaît Guillaume.
" Les températures moyennes ne devraient pas baisser, bien au contraire "
Les spécialistes du climat projettent un été 2027 avec « un peu plus d'humidité, un peu moins de chaleur continue, mais globalement les températures moyennes ne devraient pas baisser, bien au contraire. » 90% du territoire ont dépassé au moins une fois 35°c cet été et 45% ont connu plus de 40°c.
L'excédent de réserve de pluie, presque à sec
Mais dans quel état seront les sols après l’été ? « La sécheresse généralisée des sols est très préoccupante. On a heureusement eu un hiver 2025 très pluvieux qui a permis d’obtenir des stocks un peu profonds, dans les nappes plus profondes. Mais on arrive aux limites de cet excédent de pluie. » Cette situation inédite désempare.
Pas de phénomènes météorologiques violents à venir
Les départs de feu, toujours plus faciles, inquiètent certaines régions. D’autres frémissent face aux risques d’inondations : les phénomènes météorologiques violents se multiplient. Mais le directeur des opérations rassure : « Il n'y a encore rien dans les modèles météo, qui nous montre des phénomènes très violents [pour les prochaines semaines]. »
Une canicule marine, lourde de conséquence
Et la canicule s’illustre également vingt milles lieux sous les mers. « On a des températures à plus de 28-29 degrés, encore pas très loin de nos côtes, même de la Corse. Une météo très élevée sur la mer et qui génère, lorsque ça rentre en phasage avec des systèmes météorologiques perturbés, énormément d'évaporation. C'est clairement un risque potentiel pour l'hiver. »
Un océan ou une mer durablement chaude jusqu'en hiver, peut générer des précipitations si des phénomènes atmosphériques se synchronisent avec les potentielles évaporations. « En Méditerranée, on sait que c'est un élément déterminant face aux risques de très fortes précipitations. »