Jacques Cardoze : Aucun mot pour les agriculteurs hier de la part du Premier ministre et des ministres. C'est un oubli ?
Annie Genevard : « Non, pas du tout. Je crois qu'il faut bien prendre la mesure de ce que le gouvernement vient d'annoncer pour les agriculteurs. Il se trouve que j'avais annoncé avant la réunion d'hier la prolongation du guichet GNR, donc l'aide pour le gazole non routier qu'utilisent les agriculteurs jusqu'à la fin de l'année. Donc l'annonce était faite. »
Un certain nombre d'agriculteurs réclament une augmentation de l'aide GNR de 15 centimes à 30 centimes, comme pour les pêcheurs. Est-ce envisageable ?
« Alors, je viens d'annoncer il y a quelques jours un plan massif d'aide et de soutien aux agriculteurs en difficulté après l'été qu'ils ont passé. Ce plan d'un milliard 3 est très significatif et traduit vraiment le soutien du gouvernement à nos agriculteurs. Mon souci maintenant, c'est qu'il soit déployé le plus vite possible pour que cet argent arrive sur le compte des agriculteurs. »
👩🌾Les agriculteurs oubliés des annonces sur les carburants ?
— Sud Radio (@SudRadio) September 23, 2026
🗣️@AnnieGenevard : "J'avais annoncé avant la réunion d'hier la prolongation de l'aide sur le GNR jusqu'à la fin de l'année" #GrandMatin
📻https://t.co/LIMgdJS9Le pic.twitter.com/wYc29YiDPS
"Il n'y a pas que l'argent de l'État"
Le syndicat des céréaliers annonce 6,5 milliards d'euros de pertes et demande une aide de 450 € par hectare. Que leur répondez-vous ?
« Je leur réponds comme je le réponds à toutes les filières : beaucoup ont souffert. Le maraîchage de plein champ a beaucoup souffert, les producteurs de betteraves souffrent beaucoup, les céréaliers également, et je reçois toutes ces filières. On regarde chacune d'entre elles pour évaluer la situation, pour voir ce que déclenchera l'assurance parce que beaucoup sont assurés.
Il n'y a pas que l'argent de l'État, il y a aussi l'argent des assurances, l'implication des banques et des collectivités territoriales. On regarde la situation et on essaie d'apporter des aides au plus près des besoins. »
💰Plan d'urgence de 1,3 milliards
— Sud Radio (@SudRadio) September 23, 2026
🗣️@AnnieGenevard : "Il faut aller plus vite encore et je demande à mon adminsitration d'être très réactive. Dès octobre, les premières aides doivent arriver" #GrandMatin
📻https://t.co/LIMgdJS9Le pic.twitter.com/wSwVcCpF9V
"Rien ne serait pire que d'arrêter de produire"
Vous confirmez ces chiffres de 6,5 milliards d'euros de pertes pour les céréaliers ? Ça suit une trajectoire qui est très mauvaise.
« Il faut qu'on travaille avec eux, qu'on voie les choses. Je n'ai aucune raison de ne pas faire confiance dans l'évaluation qu'ils font. La situation des céréaliers, qui jusqu'à présent était épargnée, est durement touchée par deux phénomènes. D’abord la sécheresse qui a empêché les cultures de lever convenablement, et puis la canicule durable et l'effondrement des cours mondiaux.
Parce que pour leur malheur, les prix ne sont pas fixés pays par pays, ce sont des cours mondiaux et les cours se sont depuis plusieurs années très considérablement affaiblis. Donc on fera tout ce qu'on peut pour les épauler, et surtout dans le plan d'un milliard 3 que je viens d'annoncer, auquel il faut ajouter l'argent des assurances, les efforts que feront les banques et les collectivités territoriales. Ce qu'il faut, c'est leur donner les moyens de relancer la production : qu'ils aient les moyens de semer, de planter, d'irriguer et de mettre des engrais. »
Certains céréaliers risquent de ne pas pouvoir se relever. Est-ce pour eux en priorité que ce plan est déployé ?
« C'est tout particulièrement pour cela que nous avons déployé ce plan d'urgence, parce que rien ne serait pire que d'arrêter de produire. »
"Les forces locales connaissent le mieux les situations"
Où en est-on exactement du calendrier de déploiement de ce plan d'aide d'urgence ?
« J'ai pris la décision, en accord avec le Premier ministre, de décider d'un plan global mais d'un déploiement dans les territoires à la main des préfets en lien avec les représentants des agriculteurs. Ça n'aurait aucun sens que la ministre dise comment faire dans chaque département. Ce sont les forces locales qui connaissent le mieux les situations et qui ont la charge de déployer. »
🗣️@AnnieGenevard : "Les préfets doivent être attentifs à l'état psychologique des agriculteurs. Rien ne serait pire que de les laisser à la solitude de leur épreuve" #GrandMatin
— Sud Radio (@SudRadio) September 23, 2026
📻https://t.co/LIMgdJRBVG pic.twitter.com/1CORp0ZKVP
On en est où du calendrier actuellement ?
« Les choses se passent aussi rapidement que possible pour un certain nombre de dispositifs. Je pense qu'il faut aller plus vite encore, et c'est la raison pour laquelle je demande à mon administration d'être vraiment très réactive, notamment pour le déploiement des aides sur le GNR où il y a encore du retard. L'administration doit se mettre au diapason de l'urgence de la situation.
Dès le début du mois d'octobre, ils doivent voir sur leur compte bancaire les premières aides arriver. C'est ce que j'ai demandé aux préfets, aux administrations territorialisées et à la DGFIP avec mon collègue David Amiel. »
"La première préoccupation doit être d'être attentifs à l'état psychologique de la profession"
Au-delà de la trésorerie, la détresse psychologique touche-t-elle aussi fortement le monde agricole ?
« C'est un problème de trésorerie et la question de pouvoir relancer la production. On a commencé les semis, donc il faut qu'ils aient des semences, des engrais, de quoi faire leur récolte. Et puis au-delà de ça, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce qu'ils ont vécu les a durement éprouvés dans leur trésorerie, mais je dirais dans leur mental, dans leur moral. C'est une épreuve terrible pour eux-mêmes de voir le travail d'une année perdu, au point qu'ils s'interrogent sur le sens même de leur activité.
C'est la raison pour laquelle la première chose que j'ai dite à tous les préfets de France, c'est que leur première préoccupation doit être d'être attentifs à l'état psychologique de la profession. J'ai mis en place une cellule sécheresse dans tous les départements et activé tous les dispositifs sentinelles pour repérer les signaux faibles de la souffrance qu'ils éprouvent et les épauler. Rien ne serait pire que de les laisser à la solitude de leur épreuve. »
Que répondez-vous à ceux qui demandent d'alléger les normes et d'accélérer les transitions ?
« Ce que je peux vous dire, c'est que ce que nous avons vécu cet été, ce que les agriculteurs ont subi, nous oblige à accélérer la transition climatique et environnementale. C'est indispensable. Là, il faut qu'on se mette autour de la table pour savoir quoi cultiver, où cultiver, comment cultiver. Il faut de l'eau, et c'est l'objet de la loi d'urgence qu'on vient de voter. »
🗣️@AnnieGenevard : "Le plan d'urgence de 1,3 milliards sera probablement supérieur, c'est à l'étude" #GrandMatin
— Sud Radio (@SudRadio) September 23, 2026
📻https://t.co/LIMgdJS9Le pic.twitter.com/7rhnzOuirE
"Après ce plan d'urgence, il faudra un plan de relance"
Envisagez-vous des mesures concrètes et un budget supérieur à 1,3 milliard d'euros ?
« C’est possible, après ce plan d'urgence de 1,3 milliard, qui sera probablement d'ailleurs supérieur, il faut un plan de relance. C'est à l'étude. Il faut que dans la foulée un plan de relance donne des perspectives et de l'espoir au monde agricole qui en a infiniment besoin. »
Avez-vous réussi à apaiser la Coordination rurale qui menace de nouvelles manifestations ?
« Avec le Premier ministre, nous recevons tous les syndicats, le dernier syndicat sera reçu aujourd'hui. Bien sûr, on est à l'écoute. Hier, nous avons reçu la Coordination rurale. Le dialogue a été tout à fait paisible et constructif. On a émis des hypothèses qu'on a partagées avec eux. S'agissant de leur proposition de creuser des réserves d'eau, je les ai mis en garde. Je leur ai dit : ne faites pas ça, n'amenez pas les agriculteurs à se mettre en défaut avec la loi. »
"Je dis aux agriculteurs : ne vous mettez pas en défaut vis-à-vis de la loi"
La Coordination rurale appelle les paysans à creuser des réserves, que ce soit légal ou non. Que leur dites-vous ?
« Je leur dis que cet été a révélé que la question du stockage de l'eau est devenue une évidence. Tous les syndicats nous l'ont dit, il faut pouvoir se préparer. La France irrigue très peu par rapport à d'autres pays. Il faut qu'elle irrigue davantage, qu'elle stocke au moment où l'eau est abondante, pas n'importe comment, de façon intelligente et appropriée à la situation hydrologique des territoires, mais il faut stocker de l'eau.
Maintenant, la question est entendue. On vient de voter une loi d'urgence qui propose de doubler le stockage de l'eau agricole. Je dis aux agriculteurs de la Coordination rurale : ne vous mettez pas en défaut vis-à-vis de la loi. C'est vous qui seriez convoqués ensuite au tribunal et condamnés. Ce n'est pas comme ça qu'il faut procéder. En revanche, il faut que tous les territoires qui ont besoin de stockage de l'eau proposent des projets, travaillent avec les préfets à des projets.
Il faut qu'ils se mettent ensemble avec les chambres d'agriculture, les organisations de producteurs, les organisations syndicales, et disent : à tel endroit c'est une réserve collinaire qui peut être appropriée, à tel endroit c'est une réutilisation des eaux usées, à tel endroit c'est une réhabilitation. »
👨🌾 La @coordinationrur appelle "tous les paysans à creuser"
— Sud Radio (@SudRadio) September 23, 2026
🗣️@AnnieGenevard : "J'ai mis en garde la CR à ne pas mettre les agriculteurs en défaut avec la loi" #GrandMatin
📻https://t.co/LIMgdJS9Le pic.twitter.com/NqXOjxHG8t
"Bien entendu qu'on peut faire mieux"
Beaucoup d'agriculteurs trouvent que les projets de stockage n'avancent pas assez vite.
« Bien entendu qu'on peut faire mieux, tout en préservant le milieu naturel. Il faut que les projets émanent des territoires. On est en France un peu contradictoires : on veut laisser l'initiative au terrain, et en même temps quand on laisse l'initiative au terrain, on dit que l'État doit décider. Non, l'État ne peut pas dire à tel endroit il faudra faire ci ou ça.
Ces réunions sont permanentes dans les territoires avec les services déconcentrés de l'État. Pour que ça avance, il faut des projets. Les engagements financiers sont là, ils ne demandent qu'à être déployés. Le Premier ministre a doublé le fonds hydraulique qui permet d'amorcer le financement de projets de stockage. Ça fait deux ans que nous cofinançons des projets de stockage, donc il y a un appel à projets, il faut y répondre.»
"L'État ne pourra pas faire comme si la saison de production avait été normale"
L'État pourra-t-il compenser l'intégralité des pertes de production subies par les agriculteurs ?
« Tout ça se discute au fur et à mesure où nous remontent les données du terrain. Ce que je veux dire pour dissiper un malentendu : des pertes, il y en a, elles sont importantes. L'État ne peut pas compenser toutes les pertes de production, et je crois d'ailleurs que c'est un message qui est entendu par les agriculteurs. C'est comme quand une entreprise perd un marché, elle ne va pas voir l'État pour dire qu'il doit compenser la perte d'un marché.
La perte de production est une réalité, évidemment, mais elle ne doit pas décourager les agriculteurs de continuer leur activité et de relancer la production. C'est la raison pour laquelle on allège les charges, on aide pour financer les engrais, on prend en charge une partie des cotisations sociales. On met à la main des territoires un fonds de réarmement pour acheter des semences, parce qu'il y a des agriculteurs qui n'ont pas de quoi acheter des semences ou des engrais. C'est du concret. Mais l'État ne pourra pas faire comme si la saison de production avait été normale. »
🔴 Faut-il rendre l'assurance obligatoire ?
— Sud Radio (@SudRadio) September 23, 2026
🗣️@AnnieGenevard : "La question doit être débattue. Les agriculteurs sont passés à côté de 2 à 3 milliards d'indemnisation, c'est du gâchis !" #GrandMatin
📻https://t.co/LIMgdJRBVG pic.twitter.com/GHwwnKr3qK
"Aujourd'hui, 8 agriculteurs sur 10 ne sont pas assurés"
Considérant que 8 à 9 agriculteurs sur 10 ne sont pas assurés, faut-il rendre l'assurance obligatoire ?
« C'est une question en tout cas qui doit être débattue. Moi je me pose la question parce que quand les assureurs me disent que les agriculteurs sont passés à côté de 2 à 3 milliards d'indemnisation assurantielle, je me dis que c'est du gâchis. Je leur ai dit aussi : pourquoi n'arrivez-vous pas à vendre vos produits d'assurance ?
L'État prend en charge 70 % de la cotisation d'assurance. Donc il faut identifier les freins à l'assurance, mais l'assurance est la meilleure façon de dérisquer l'activité agricole contre les aléas. En tout cas pour les productions de plus grande valeur, celles qui font perdre aux agriculteurs beaucoup de revenus, la question mérite d'être posée aujourd’hui. Aujourd'hui, 8 agriculteurs sur 10 ne sont pas assurés. »
La Politique Agricole Commune "est fondamentale"
Dans vos 3 minutes pour convaincre, vous souhaitez aborder la négociation de la prochaine Politique Agricole Commune. Pourquoi est-elle essentielle ?
« Elle est essentielle parce que d'abord c'est une politique utile aux Français. Elle garantit du revenu pour les agriculteurs, elle les aide dans leur investissement, dans la transition climatique et environnementale, et c'est ce qui permet d'apporter dans l'assiette de chaque Français une alimentation de qualité. »
Certains disent qu'il faudrait espérer plus pour les agriculteurs.
« Il faut déjà espérer autant. Notre combat, mon premier combat, celui du Premier ministre et du Président de la République, c'est de faire en sorte que cette Politique Agricole Commune demeure. C'est la première politique de l'Union européenne. Il est de bon ton souvent de critiquer l'Union européenne, mais la politique agricole est une politique fondamentale si nous voulons conserver en Europe de la production alimentaire et de la souveraineté alimentaire, parce que sinon nous serons dépendants. »
"C'est un budget essentiel pour produire de l'alimentation"
Concernant la répartition du budget de la PAC, n'y a-t-il pas le sentiment que les plus grosses exploitations sont les principales bénéficiaires ?
« Je pense que ce n'est pas exact, mais je voudrais vous parler de la prochaine PAC, puisque là nous sommes en train de négocier la PAC qui va courir de 2028 à 2034. C'est un enjeu fondamental et aussi bien le Président de la République que le Premier ministre ont dit : pas un euro ne manquera à la Politique Agricole Commune en France. C'est quand même 45 milliards sur la période. »
Les négociations ne font que commencer. Êtes-vous confiante ?
« Les négociations se conduisent en ce moment. Chaque mois, je suis à Bruxelles. Chaque mois, je parle de la PAC et de la nécessité de conserver un budget parce que c'est un budget essentiel pour produire de l'alimentation et de la souveraineté alimentaire en France. »
💰Prochaine PAC 2028-2034
— Sud Radio (@SudRadio) September 23, 2026
🗣️@AnnieGenevard : "Pas un euro ne manquera à la PAC en France ! C'est 45 milliards sur la période (...) mais c'est un budget essentiel" #GrandMatin
📻https://t.co/LIMgdJS9Le pic.twitter.com/jMrhsT6nPF
"C'est un enjeu capital de l'Union européenne"
Avez-vous bon espoir d'obtenir gain de cause face aux pays qui souhaitent réduire le budget agricole ?
« En tout cas, je me bats avec acharnement. Et je pense que nous sommes nombreux en Europe, mais il y a aussi des pays qui voudraient diminuer cette PAC, qui voudraient la rendre moins commune. La déclaration de l'Allemagne, par exemple, qui voudrait diminuer la Politique Agricole Commune, est un danger majeur pour notre agriculture. Donc moi, je veux que cela demeure une priorité et que la PAC demeure commune, parce que si elle n'est pas commune, ça veut dire que les pays de l'Union européenne vont être en compétition les uns avec les autres, et ça ce n'est pas possible.
Et puis je pense qu'on demande beaucoup à nos agriculteurs : on leur demande de produire, d'investir, de renouveler leurs pratiques, de renouveler les générations. Si on ne les épaule pas avec les épisodes comme celui que nous venons de connaître cet été, on va achever de les décourager. Donc le combat du moment, c'est la Politique Agricole Commune, et c'est un enjeu capital de l'Union européenne. »
Écoutons la question d'une auditrice, Cynthia, maman de trois enfants à Narbonne, qui trouve les produits du terroir de grande qualité mais hors de prix pour les familles. Que proposez-vous ?
« Bonjour Cynthia. Vous êtes maman de trois enfants, vous avez envie qu'ils puissent avoir une alimentation de qualité et je voudrais vous en féliciter et vous en remercier, parce que c'est précisément ce que peut produire notre agriculture. L'agriculture française est de grande qualité et il faut qu'elle puisse effectivement être rémunérée à un juste prix. Et donc là, c'est toute une chaîne qui doit se mobiliser pour ça. Dès le début de la crise, j'ai dit à la grande distribution de tout faire pour mettre en avant les produits français. »
"Il faut mettre en avant les produits français"
La grande distribution ne fait pas toujours cet effort.
« Je ne serais pas aussi catégorique que vous. En tout cas, ils doivent le faire, parce que le jour où nos producteurs seront trop fragilisés pour produire, ce sont les distributeurs qui seront en difficulté pour vendre. Donc il faut mettre en avant les produits français et les mettre en vente à un juste prix, et c'est cela qu'il faut travailler. »
La consommation de produits issus de l'agriculture biologique repart à la hausse.
« Les chiffres sont bons. D'ailleurs, aujourd'hui c'est la Journée européenne du bio et je vais rejoindre les producteurs de bio. C'est une très bonne nouvelle parce que c'est une part importante de la politique que je conduis et que je soutiens. On a besoin d'une production diversifiée, et le fait que le bio reprenne des couleurs est une bonne nouvelle à encourager. »
Présidentielle : "Je ne suis pas l'arbitre des élégances entre Philippe et Attal"
Passons à la politique. Gabriel Attal et Édouard Philippe s'échangent des tiques par livres et déclarations interposés. Gabriel Attal se dit meilleur en campagne, Édouard Philippe le qualifie d'immature. Faut-il arrêter ces enfantillages ?
« Oui, je le crois. J'ai connu ces épisodes dans ma famille politique et je vois bien que pour l'emporter, il faut davantage attaquer l'autre que de faire valoir ses propres atouts. Je ne suis pas l'arbitre des élégances entre Édouard Philippe et Gabriel Attal, mais que chacun se rappelle quand même l'enjeu fondamental devant lequel est notre pays, c'est-à-dire d'éviter un deuxième tour que nous ne voulons pas. Chacun dans le bloc central dit "nous ne voulons surtout pas d'un deuxième tour Mélenchon - Le Pen", mais il faut pour cela s'en donner les moyens plutôt que de s'attaquer l'un l'autre. »
🗳️ Une primaire du centre et de la droite ? #Presidentielle2027
— Sud Radio (@SudRadio) September 23, 2026
🗣️@AnnieGenevard : "Il faudra le moment venu, un seul candidat. Le choix ne doit pas intervenir trop tard. Donc pourquoi pas une primaire." #GrandMatin
📻https://t.co/LIMgdJRBVG pic.twitter.com/C4UTYCOyVZ
"Il faudra, le moment venu, un seul candidat"
Au-delà du bloc central, Bruno Retailleau incarne la droite. Quelle est votre position au sein des Républicains ?
« Vous savez quelle est ma famille politique : ce sont Les Républicains. Les Républicains ont un candidat, dont j'ai dit qu'il était notre candidat et que je le reconnais comme tel. Mais je dis aussi qu'il faudra le moment venu se donner les moyens d'éviter ce duel dont nous ne voulons pas. »
Le PS organise sa primaire, LFI a son candidat, tandis que la droite et le bloc central apparaissent divisés. Faut-il envisager une candidature unique ou une primaire ?
« Il y a une double question : une question de temporalité, c'est-à-dire jusqu'où il faut aller dans le temps pour ne pas aller trop loin et rendre les choses irrémédiables. Autrement dit, il faudra le moment venu, j'en suis persuadée, un seul candidat. Il ne faut pas que ce choix arrive trop tard, parce que sinon les gens n'y croiront pas. Et la deuxième condition, c'est qu'ils ne se soient pas étripés au point de ne plus pouvoir se rassembler. »
Primaire socialiste : "La démocratie est aussi une compétition"
Gabriel Attal ne semble pas vouloir renoncer à sa candidature à ce stade.
« Personne ne veut lâcher l'affaire à ce stade. Personne ne veut lâcher l'affaire parce que chacun joue sa carte et c'est le jeu démocratique. La démocratie est aussi une compétition, mais une compétition qui doit être saine et respectueuse. »
Fixer une date trop tardive, comme février 2027, ne risque-t-il pas de nuire à la campagne ?
« Certains disent que la date ne cesse d'être reportée : on disait novembre, puis janvier, et certains parlent de février, ce qui est bien tard. Des choix trop tardifs emportent toujours des campagnes qui n'aboutissent pas comme on le souhaiterait. »
"Soit vous prenez la vague, soit vous prenez le toboggan"
La division ne risque-t-elle pas de priver votre camp d'une qualification au second tour ?
« La démocratie se nourrit du débat et que chacun fasse valoir ses atouts est normal. Mais tout ce qui va du côté de l'attaque personnelle et de la mise en cause laisse forcément des traces et empêche le rassemblement. »
Tout va-t-il se jouer sur les dynamiques de sondages entre les différents candidats ?
« C'est très compliqué. Pour avoir fait un certain nombre de campagnes électorales et les avoir souvent remportées, je sais très bien qu'une campagne est d'abord une dynamique : soit vous prenez la vague, soit vous prenez le toboggan. Il y a des moments où vous sentez que la dynamique est de votre côté. Là, je ne sens pas le toboggan pour aucun d'entre eux, c'est trop tôt pour le dire. Et j'espère que les Français vont s'intéresser au programme que proposent les candidats. »