Certains s'en font des nœuds dans la tête, d'autres en rêvent la nuit, mais la plupart vous diront qu'ils essaient de ne pas trop y penser. Dans un an, le 1er octobre 2027, le coup d'envoi de la 11e Coupe du monde de rugby sera donné. Pendant six semaines, jusqu'au 13 novembre, 24 nations vont s'arracher le trophée Webb Ellis, avec en point d'orgue une finale au Stadium Australia de Sydney. Une bataille que les Bleus de Fabien Galthié rêvent de gagner pour la première fois de leur histoire, et d'en finir avec le drame national de 2023.
Double tenante du titre au Six Nations, en tête de la poule Nord du Championnat des nations avec deux victoires en Australie et au Japon, et une défaite d'un souffle face aux All Blacks, la France s'avance avec des arguments qu'elle n'a peut-être jamais eus un an avant un Mondial. En plus de ces deux titres continentaux, les Bleus ont désormais une expérience collective encore plus solide qu'en 2023. Ils connaissent le poids des grands rendez-vous, et surtout le traumatisme de leur élimination en quarts de finale de leur Coupe du monde à domicile. Une blessure encore vive, qui peut aussi servir de moteur. De quoi faire des Bleus l'un des candidats sérieux à un premier titre mondial.
Un mix entre nouveaux joyaux et glorieux anciens
Au-delà de ces titres et de cette expérience, le XV de France possède surtout une profondeur d'effectif qui ferait pâlir d'envie bien des nations. En trois ans, Fabien Galthié et son staff n'ont pas hésité à bousculer les hiérarchies, quitte à pousser sur le banc des cadres installés depuis le début de son mandat. Ce choix a fait éclore de nouveaux joyaux et confirmé ceux qui brillaient déjà lors des rassemblements : Attissogbe, Brau-Boirie, Gourgues, Grandidier, Gazzotti, Depoortère, ou encore Guillard, devenu depuis un cadre des Bleus.
Ajoutez à cette jeunesse l'expérience des anciens de l'ère Galthié, tenus à l'écart lors des derniers rassemblements, comme Penaud, Aldritt ou Fickou, piqués au vif par leur non-sélection mais belle est bien toujours dans les plans du sélectionneur, fais de cette selection une équipe en constante émulations. Une concurrence qui oblige à se surpasser pour tenir le premier rôle, et décrocher un siège dans l'avion pour l'Autralie. Sans oublier le possible joueur « ovni » que le patron des Bleus pourrait sortir de son carnet à l'aube d'un rassemblement, comme il en a déjà pris l'habitude.
Des Springboks en grands favoris...
Des Bleus aux arguments solides, mais qu'en est-il des autres nations ? À un an de l'échéance, le rugby mondial reste dominé par les Springboks, doubles champions du monde en titre et recemment vainqueur de la Rugby's Greatest Rivalry face à la Nouvelle-Zélande. Leur récente défaite en Australie (42-38), au terme d'un match complètement fou, n'y change rien : portés par un pack renversant, les Sud-Africains s'avancent comme les grands favoris.

... Les Bleus et les Blacks en embuscade
Derrière eux, les Bleus et la Nouvelle-Zélande sont sans doute les mieux armés pour les faire tomber. Le XV de France avait pourtant explosé face à ces Sud Africain il y a un an au Stade de France (17-35). Il les retrouvera en novembre dans le cadre du Championnat des nations, de quoi prendre date à un an du Mondial. De leur côté, les All Blacks ont retrouvé un jeu plus flamboyant depuis l'arrivée de Dave Rennie et ont les moyens de renverser les Boks. Plus loin, l'Irlande sera bel et bien là, mais son équipe vieillit et peine à retrouver son rythme dans l'après-Sexton. Quant à l'Australie, en plein renouveau et en pleine montée en puissance, elle voudra elle aussi s'inviter dans le dernier carré, d'autant plus à domicile.
Des joueurs fatigués par une saison longue ?
Reste un problème dans l'équation : comment ménager ses joueurs dans une saison, une fois de plus, à rallonge ? On vante souvent le Top 14 comme le meilleur championnat du monde, pour son suspense et l'intensité de ses matchs. Mais à la veille d'une Coupe du monde, n'est-ce pas trop pour les internationaux ? Pour y remédier, la LNR et la FFR ont validé une nouvelle convention encadrant la libération des internationaux. Le sélectionneur a de son côté établi une liste de 33 joueurs « protégés », dont le temps de jeu sera surveillé.
Concrètement, les clubs devront leur accorder des week-ends de récupération après des blocs de matchs : un week-end de repos après quatre rencontres, deux après huit. De quoi laisser souffler les corps des futurs Bleus au du moins de ne pas les user plus qu'ils ne le seront déjà.

France - Etats-Unis pour débuter
Une chose est sûre : dans 365 jours, l'Australie lancera la compétition face à Hong Kong, depuis Perth. Le lendemain, Fabien Galthié et ses protégés disputeront leur premier match face aux États-Unis, suivi de deux autres rendez-vous de poule contre le Japon et les Samoa, avant d'attaquer l'escalier qui mène au Graal. Un huitième de finale, une première en Coupe du monde, puis un quart, une demi-finale et, peut-être, le match pour le titre le 13 novembre. Les fans de rugby seront devant leur télé. Reste à savoir si le XV de France sera de l'autre côté de l'écran.