Un travail particulièrement éprouvant, rythmé par des cadences intenses, qui concerne des livreurs souvent en situation de grande précarité et dont la santé en pâtit directement !
Maux de tête, troubles du sommeil, accidents du travail...
D’après une étude menée par l’Institut de recherche pour le développement et l’Institut national d’études démographiques (Ined), 66 % des livreurs souffrent de douleurs dorsales, 63 % de maux de tête et plus d’un sur deux de troubles du sommeil. Par ailleurs, 59 % des livreurs affirment avoir déjà été victimes d’au moins un accident du travail, parfois aux conséquences graves.
🛵 Chiffres chocs de la santé des livreurs
— Sud Radio (@SudRadio) April 1, 2026
🗣️ Eliott (livreur Uber Eats) : "Aujourd'hui, les conditions ressemblent de plus en plus à de l'esclavage moderne"#MettezVousDaccord
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A peine 3€ de l'heure...
Les livreurs qui travaillent pour des plateformes comme Uber Eats, Deliveroo ou Stuart, déclarent en moyenne 63 heures de travail par semaine, pour un revenu mensuel brut d’environ 1 480 euros. Mais une fois déduits les frais liés à la location de compte, aux cotisations et à l’équipement, leur revenu net chute entre 840 et 880 euros, soit à peine plus de 3 euros de l’heure.
"Ces plateformes s'assoient complètement sur nos droits"
Invité à commenter ce rapport dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Mathéo Lamblot, Yohann Taillandier, secrétaire général de la CGT des livreurs à Toulouse, dénonce une situation inacceptable : "63 heures de travail par semaine pour moins de 1 000 euros net : pour nous, c’est clairement une forme d’esclavage moderne organisée par des plateformes comme Uber ou Deliveroo. Elles s'assoient complètement sur nos droits"
"On est bien en dessous du SMIC"
"On dénonce depuis des années l’ubérisation du secteur : déjà entre 2018 et 2020, nous alertions Deliveroo sur des situations de subordination et des revenus bien en dessous du SMIC", poursuit-il. Des allégations qui vont dans le sens des révélations faites par l'étude menée par l'Ined, qui démontre que le revenu horaire est bien inférieur au SMIC.
"Après les charges, les frais et les commissions, certains livreurs tombent à environ 850 euros pour 63 heures de travail… et doivent encore payer pour exercer leur activité", détaille Yohann Taillandier.
Vers une présomption de salariat ?
La publication de cette étude s’inscrit dans un contexte de réforme à l’échelle européenne. En novembre 2024, Union européenne a adopté une directive destinée à lutter contre le "faux travail indépendant". Les États membres, dont la France, ont jusqu’à fin 2026 pour la transposer dans leur droit national.
Le texte prévoit notamment un encadrement renforcé du management algorithmique et l’instauration d’une présomption de salariat pour certains travailleurs des plateformes. La directive vise également à améliorer l’accès à la protection sociale, à garantir une meilleure information des travailleurs sur leurs droits et à faciliter les contrôles des autorités nationales.