Au nom du pape, de la France… et du portefeuille ! 18 ans qu’un souverain pontife n’avait pas foulé le sol français et pour marquer l’histoire, les sommes déboursées sont particulièrement élevées. Au total ? 27 millions d’euros pour 4 jours sur le territoire, du 25 au 28 septembre 2026. Une visite papale qui s'annonce très populaire : mais qui prend en charge toutes ces dépenses ?
" On dépasse les frais antérieurs pour Benoît XVI en 2008"
Au micro de Sud Radio, Arnaud Alibert, prêtre, spécialiste éco et rédacteur en chef du journal La Croix, l’affirme : « c’est la conférence des évêques de France, la CEF, qui finance le périple spirituel. » Problème ? L'Église, n’a pas le porte-monnaie de Céline Dion ! Et si le coût n’est pas rendu public, « on dépasse les frais antérieurs pour Benoît XVI en 2008, Paris et Lourdes, 4 jours. Ça avait coûté 3,5 millions d'euros à l’Église. » Le pape François à Marseille en 2023 ? 2,5 millions d'euros. Cette année, ce sera 27 millions.
Plus d'espaces et de moyens
Un bond sans appel des dépenses, motivé par l'échelle des événements. En 2026 et face à l’exigence des innombrables fidèles : « les prix grimpent parce qu’on a besoin de voir, d'entendre. Ça signifie qu'il faut être présent de mille manières. Un écran géant, ça coûte 50 000 euros. Si on en installe 40, ce qui sera le cas tout au long du voyage, ça fait 2 millions d'euros. »
Presque autant que l’intégralité des frais de la visite de son prédécesseur à Marseille. Et puis, la foule s’épaissit : « Il a fallu élargir les espaces. Il y a eu une multiplication par 3 entre l'estimation et la réalité. Vous vous souvenez, à Metz, ils étaient partis sur 20 000 personnes. Il y en aura 60 000 et ainsi de suite... »
Encore 21 millions d'euros à trouver
Et moins de trois semaines avant l'événement, l’Église n’avait pas réuni plus de 6 millions d'euros sur les 27 nécessaires. Le financement est participatif. Et puis, famille, couple, handicapé ou non, tout le monde doit avoir accès à l’événement. Une inclusivité qui augmente automatiquement les coûts.
Pour combler ce vide, « les canaux sont ouverts. Pour le diocèse de Paris, très cher puisque le pape y reste 2 jours, on prendra sans doute une partie de ses réserves, des dons accumulés. Il y a les quêtes dans les paroisses le dimanche également ». Les 2 dimanches précédant la venue de Léon XIV verront « la totalité des quêtes affectée à l'événement. »
✝️27 millions d'euros pour la visite du Pape, qui va payer ?
— Sud Radio (@SudRadio) September 23, 2026
🗣️@frArnaud : "L'Etat assure l'accueil et l'ordre public. Tout le reste est à la charge de l'Église" #GrandMatin
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Des quêtes et dons entièrement dédiés
Et puis, Arnaud Alibert garde la foi : « Il y a des donateurs privés, dons en ligne, quêtes par SMS, par QR code, les mécènes... » D’ailleurs, la municipalité de Messe et celle de Strasbourg sont sous concordat et ne connaissent pas de séparation Église-État . Ce sont 250 000 euros de dons supplémentaires. Une somme « dérisoire, mais c’est toujours ça de pris ! »
L'État paye tout de même la sécurité
15 000 policiers et gendarmes mobilisés à Paris, notamment le samedi : si la loi de 1905 (séparation entre l’Église et l’État), interdit formellement à l’État de financer un culte, l’État paye tout de même la sécurité dans l'espace public. Un investissement colossal pour assurer, comme dans toute manifestation culturelle, l’ordre et la stabilité du pays. Et puis, le voyage du pape devrait faire quelques heureux, à Lourdes, Paris ou encore Metz, les hôtels affichent complet avec des tarifs habituels multipliés par 10, 20, voire 46 pour le week-end apostolique.