Foot/C3 : nuit d'ivresse à Marseille, après la victoire de l'OM contre Salzbourg

Les supporteurs marseillais ont fêté comme il se doit la victoire de leur équipe qui s'est imposée 2-0 jeudi soir face au Red Bull Salzbourg, en demi-finale aller de la C3. Reportage.

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Ils ont fait la moitié du chemin. Dans un stade Vélodrome en fusion et qui avait fait le plein pour l'occasion (62 328 spectateurs, nouveau record d'affluence sur la scène européenne), les joueurs de l'OM se sont imposés (2-0)  hier soir face aux Autrichiens du Red Bull Salzbourg, en demi-finale aller de l'Europa League, grâce à des buts de Florian Thauvin (14e) et Clinton Njie (63e). À l'issue d'un match pas toujours très bien maîtrisé mais au cours duquel ils auront mis du cœur, les Olympiens ont ainsi fait un grand pas vers la qualification pour la finale, une première depuis 2004 et la fameuse épopée de la bande à Didier Drogba qui avait échoué sur la dernière marche face au FC Valence, à Göteborg. Pour la manche retour en terres autrichiennes jeudi prochain, les Marseillais pourront une nouvelle fois compter sur le soutien de toute une ville qui a vibré à l'unisson. Reportage dans les rues de la cité phocéenne.

"Il n'y a qu'ici que tu vois une ambiance comme ça. À Paris, ce sont des fatigués"

Jeudi soir, c'est tout Marseille qui semblait enivré par ce doux parfum d'antan, cet effluve envoûtant des folles soirées de coupe d'Europe dont le football français a trop longtemps été privé ces 10 dernières années. Et si la tension était palpable à l'approche du coup d'envoi sur les terrasses du Vieux Port, il n'aura pas fallu bien longtemps avant que la liesse ne s'empare des supporteurs. On ne jouait en effet que depuis un quart d'heure lorsque le meilleur joueur marseillais de la saison, Florian Thauvin, ouvrit le score à la réception d'un coup franc impeccable de Dimitri Payet. Un but entaché d'une légère déviation de la main de l'ailier international mais qui suffisait au bonheur des Phocéens, lesquels célébrèrent le but comme il se doit devant les bars retransmettant l'événement, donnant aux rues adjacentes des allures de virage Nord. Certains ont bien voulu se livrer au micro de Sud Radio. "Il n'y a qu'ici que tu vois une ambiance comme ça. À Paris, ce sont des fatigués", nous lança, chambreur, un supporteur, ivre de bonheur. "C'est quelque chose à vivre, quelque chose d'émouvant, c'est un bonheur", nous confia, les yeux rougis, un autre, tandis que son voisin fit remarquer que le match et l'ambiance lui rappelaient forcément "de très bons souvenirs d'une finale vue à Munich", faisant ainsi allusion à la victoire en Ligue des champions le 26 mai 1993, face aux Milanais de Baresi et consorts.

À un zéro, l'ambiance était certes chaude mais la menace d'une égalisation des Autrichiens - revenus des vestiaires avec de meilleures intentions en seconde mi-temps - semblait canaliser l'euphorie ambiante. Alors quand Njié donna enfin un avantage quasi-défintif à l'OM, en convertissant de l'intérieur du pied une offrande (encore) de Payet peu après l'heure de jeu, c'est toute la ville qui chavira de bonheur, comme un seul homme, avant que n'arrivent la libération et l'explosion de joie au coup de sifflet final. 

Les Marseillais n'ont évidemment pas boudé leur plaisir et ont fait la fête jusqu'à tard mais, une fois l'extase et la tension du match retombées, certains, pourtant conscients qu'il reste encore une marche à franchir, se prenaient déjà à rêver d'une qualification et d'une victoire en finale, le 16 mai à Lyon. Verdict jeudi prochain !

Un reportage de Lionel Maillet