Le Français Sébastien Ogier a été sacré samedi à Jeddah champion du monde des rallyes pour la neuvième fois, un exploit qui le place au panthéon de son sport avec un autre nonuple lauréat, son compatriote Sébastien Loeb.
Le natif de Gap (Hautes-Alpes), qui fêtera ses 42 ans le 17 décembre, a pourtant fait l'impasse sur trois des 14 courses de la saison, mais cela ne l'a pas empêché de décrocher au volant de sa Toyota une nouvelle couronne avec le constructeur japonais à l'issue d'une saison remarquable.
Il avait déjà été sacré de 2013 à 2018 puis en 2020 et 2021.
"La saison s'est vraiment déroulée comme dans un rêve, je dirais. Il y a eu un seul petit accroc en Europe centrale, avec cet abandon après une crevaison, mais à part ça, on n'aurait pas pu faire beaucoup mieux", a estimé le natif de Gap (Hautes-Alpes).
Samedi, Ogier n'a pas craqué dans la dernière ligne droite du rallye d'Arabie saoudite, repoussant les assauts de son coéquipier britannique Elfyn Evans pour rejoindre dans la légende l'Alsacien de dix ans son aîné, qui a décroché neuf titres mondiaux consécutifs entre 2004 et 2012.
La Toyota du Français Sébastien Ogier, lors de la dernière étape du Rallye d'Arabie saoudite, le 29 novembre 2025
Fayez Nureldine - AFP
Sous les yeux de ses parents, son fils et sa femme, le Français a ainsi parachevé une saison incroyable marquée par six victoires et dix podiums en onze courses disputées, preuve de sa remarquable constance.
- Régularité -
"Dix podiums en onze courses, six victoires: c'est peut-être l'une des meilleures saisons de ma carrière en termes de performance et de régularité", a souligné le Gapençais.
Alors que plusieurs pilotes ont encore été victimes de déboires sur les cassantes pistes saoudiennes, Ogier a allié vitesse et minimisation des risques pour s'assurer d'inscrire neuf points supplémentaires avec la première place au classement de la journée et la deuxième lors de la "Power Stage", dernière spéciale de la journée.
Troisième de la course alors que son coéquipier a terminé sixième, Ogier a finalement devancé Evans de quatre points au championnat alors qu'il était arrivé à Jeddah avec trois points de retard. C'est la cinquième fois lors des six dernières saisons que le Gallois termine vice-champion du monde.
Cette saison a aussi été un triomphe pour Toyota, qui a placé trois pilotes aux trois premières places du championnat et a remporté largement sa cinquième couronne constructeurs consécutive.
Le Français Sébastien Ogier (g) et son copilote Vincent Landais, sacrés champions du monde de rallye, le 29 novembre 2025 à Jeddah
Fayez Nureldine - AFP
"Sébastien a fait une saison vraiment fantastique, et Elfyn aussi. Les deux méritaient d'être champion du monde, mais un seul pouvait l'être. Gagner neuf titres mondiaux et en plus avec trois constructeurs différents, comme je l'avais fait à l'époque, c'est incroyable", a déclaré le Finlandais Juha Kankkunen, directeur sportif adjoint de l'écurie Toyota et quadruple champion du monde des rallyes (1986, 1987, 1991, 1993).
Ogier a effectivement gagné avec Volkswagen (2013 à 2016), Ford (2017-2018) et Toyota (2020, 2021 et 2025).
- Neuville s'impose, Fourmaux frustré -
Dimanche, la victoire est revenue au Belge Thierry Neuville (Hyundai), le champion sortant, qui a terminé en beauté une saison difficile.
Le Français Adrien Fourmaux (Hyundai) a terminé à la deuxième place avec 54,7 secondes de retard sur son coéquipier. Le Nordiste, qui court toujours après son premier succès en WRC, pourra regretter sa pénalité d'une minute reçue vendredi soir pour avoir pointé à l'assistance quelques secondes trop tôt.
"Je suis vachement frustré, j'ai du mal à l'avaler, c'est dur...car ça se joue à dix secondes (le mauvais pointage). Mais cela n'enlève rien à notre beau rallye", a expliqué Fourmaux.
Après les départs du Finlandais Kalle Rovanperä et de l'Estonien Ott Tänak, Evans, Neuville et Fourmaux seront les favoris pour le titre en 2026, alors qu'Ogier sera encore engagé à temps partiel avec Toyota.
"Ce sera très dur de reproduire un tel niveau de performance la saison prochaine car dans les sports mécaniques, il y a beaucoup de paramètres que l'on ne contrôle pas", a fait valoir le Gapençais.
Mais la perspective de décrocher un dixième titre mondial et de dépasser Loeb devrait être une bonne source de motivation !
AFP / Jeddah (Arabie saoudite) (AFP) / © 2025 AFP