Quatre hommes, suspectés d'être les membres du commando, et une femme considérée comme leur complice, ont été mis en examen dans les semaines qui ont suivi le vol des Joyaux de la Couronne, estimés à 88 millions d'euros. Ils sont interrogés depuis le début de la semaine par les juges d'instruction.
Q: Les interrogatoires en cours ont-ils permis de faire avancer l'enquête?
R: "À ce stade, de ce que l'on sait, les interrogatoires n'ont pas suscité d'éléments nouveaux d'enquête susceptibles de révéler de nouvelles pistes à explorer par les services enquêteurs (...) Ces investigations sont désormais à la main des magistrats instructeurs sur commission rogatoire. Mais ce que je peux affirmer, c'est qu'évidemment ce dossier reste un dossier prioritaire pour les services enquêteurs saisis, en l'occurrence la police judiciaire de la préfecture de police et l'office central de lutte contre le trafic des œuvres d'art. Ça reste un dossier évidemment sensible et prioritaire, puisqu'on reste avec l'objectif essentiel de retrouver des bijoux".
Q: À propos des bijoux, y a-t-il du nouveau ?
R: "L'office central bénéficie d'un certain nombre de relais dans le monde de l'art, y compris international. Ils ont des possibilités d'avoir des signaux d'alerte sur les réseaux de receleurs, y compris à l'étranger (...) Dans ce type d'enquête, où l'on a encore des pistes à explorer et des interrogatoires à faire, nous nous refusons, et je suis convaincue que les magistrats instructeurs aussi, à avoir une piste privilégiée. Parce que c'est le meilleur moyen intellectuellement d'en fermer d'autres qui devraient être explorées".
"Nous n'avons pas de signaux qui nous disent que les bijoux sont susceptibles d'avoir franchi la frontière, nous avons encore des chances d'explorer des pistes au niveau national. Tout est possible".
Q: Que sait-on d'un éventuel commanditaire ?
R: "C'est une hypothèse qui est examinée, mais qui ne peut pas être affirmée comme plus certaine qu'une autre. (...) Nous nous refusons à avoir une idée préconçue de ce qui peut avoir amené les intéressés à perpétrer ce vol au préjudice du musée du Louvre".
Q: Si quelqu'un rend les bijoux, la justice fera-t-elle preuve de mansuétude?
R: "Si ces bijoux sont restitués, ce que je n'ai cessé de dire, c'est que cela constituerait un repentir actif qui peut être pris en considération au stade de la peine, dans un raisonnement judiciaire classique (...) Ça ne retire pas le fait que l'infraction a été commise. Il n'y aura pas de non-lieu à poursuivre. Mais au stade du choix de la peine, il appartiendra au ministère public, puis au tribunal, de tenir compte de l'attitude de ceux qui auront coopéré à l'enquête et qui auront contribué à réduire le préjudice."
Q: En tant que procureure de Paris, gardez-vous un espoir de remettre un jour la main sur ces bijoux ?
R: "Notre détermination reste intacte. Nous n'avons pas dit notre dernier mot. Ça prendra le temps qu'il faudra. Quand je dis nous, j'inclus les enquêteurs notamment de la BRB (Brigade de répression du banditisme), les magistrats du parquet et les juges d'instruction de la Jirs (la Juridiction Interrégionale Spécialisée de Paris)."
Par François BECKER, Céline CORNU / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP