Yves de Kerdrel: HSBC envisage de supprimer 10.000 postes, et ce n'est que le début pour le secteur bancaire

Editorial économique

Yves de Kerdrel - Sud Radio

Le monde bancaire a été secoué hier en apprenant que l’une des plus grandes banques britanniques HSBC, envisageait de supprimer 10.000 postes en plus des 4.700 licenciements récemment annoncés.

C’est d’autant plus une douche froide que HSBC est une banque mondiale qui se porte bien et compte 238.000 collaborateurs. La banque n’a pas fait de commentaires officiels à cette information du Financial Times. Mais de ce qui se dit à Londres, il s’agirait pour la banque de faire face aux taux négatifs, aux incertitudes du Brexit et aux troubles de Hong Kong. En fait il s’agirait d’un vrai plan d’économies visant les fonctions les mieux rémunérées qui sont en Europe et non pas en Asie. On a vraiment le sentiment que les grandes banques qui ont longtemps gagné des milliards commencent à voir le monde changer. Elles découvrent qu’elles ne sont pas assises sur une rente et que leur modèle économique est complètement bouleversé. C’est ce qui explique aussi que la Deutsche Bank a annoncé 18.000 suppressions d’emplois et la Commerzbank près de 5.000

Et ça va continuer ?

Oui bien sûr ça va continuer. Parce qu’il y a beaucoup trop d’agences bancaires, alors que les opérations se font par internet. Parce que depuis la crise de 2008, les banques ont fait en sorte d’abandonner une partie de leur métier de prêteur aux grandes entreprises. Parce que les taux négatifs les empêchent de gagner de l’argent. Et que ça pourrait être durable. Parce que surtout on voit fleurir des quantités de start-up qui travaillent dans la technologie financière, les fintechs. Elles commencent à occuper un poids décisif dans l’industrie financière. Et cela ne va faire que accroître aux dépens des vieilles banques. Il y a quelques années un économiste avait déclaré que la banque serait la sidérurgie de demain. Nous y voilà donc. Et après les plans de licenciement que j’ai évoqués il faut s’attendre à bien d’autres réductions d’effectifs. Et encore tout cela c’est sans compter un krach boursier et bancaire que tout le monde redoute et qui accélérerait ce grand chambardement.