Violaine Guérin : "Il y a un certain nombre d'anomalies dans la gestion de cette crise sanitaire"

Violaine Guérin, gynécologue, endocrinologue et cofondatrice du collectif "Laissons les médecins prescrire", était l’invitée d’André Bercoff, mardi 12 janvier, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Violaine Guérin invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

À la tête du collectif "Laissons les médecins prescrire", Violaine Guérin a rejoint une nouvelle coordination, née samedi 9 janvier, regroupant déjà 30.000 médecins, autant de soignants et plus de 100.000 citoyens. Un regroupement de collectifs qui pointent "un certain nombre d'anomalies dans la gestion de cette crise sanitaire".

"Beaucoup de personnes n'ont même pas été auscultées"

Son collectif s'est très vite mobilisé au début de la crise, notamment en voyant le circuit de soins préconisé "tout à fait anormal", selon l'endocrinologue. "Normalement, si vous avez des symptômes, vous prenez votre téléphone, vous allez voir votre médecin généraliste qui connaît bien votre dossier", explique Violaine Guérin. Le médecin traitant est logiquement "la personne la plus à même de s'occuper de vous", souligne-t-elle.

Mais depuis le début de la crise sanitaire, le protocole classique est déconseillé. "On nous dit de ne pas aller voir le médecin et d'appeler le 15", rapporte la gynécologue qui constate que c'est une des raisons, selon le collectif, pour lesquelles beaucoup de gens ont fini en réanimation. "On ne les a pas pris en charge alors qu'ils présentaient des symptômes cliniques et comme on ne les a pas examinés, on ne les a pas traités", déplore Violaine Guérin.

"Interpellée par cette interdiction de prescrire"

Autre cheval de bataille du collectif : la liberté de prescription, "entravée pour la première fois dans l'histoire de la médecine dans notre pays", note-t-elle. Dans le viseur, les deux décrets interdisant l'hydroxychloroquine. "Un schéma classique" utilisé par des médecins en Alsace et en Lorraine, selon l'endocrinologue qui explique que devant une pneumonie, "on utilise beaucoup la classe des macrolides". "C'était interpellant d'avoir un blocage d'un protocole préconisé par quelqu'un qui a un savoir-faire et qui n'était pas le seul à avoir cette approche", confie Violaine Guérin qui est "interpellée par cette interdiction de prescrire".

Pendant que la porte-parole du collectif s'occupait des médecins généralistes très malades, lors de la première vague, "nous avons proposé à la direction générale de la santé, au ministère et au président de la République, de conduire une étude prospective avec le protocole recommandé par le professeur Raoult en traitement précoce", explique-t-elle. Une étude qui aurait pu clore le débat sur l'utilisation de l'hydroxychloroquine, si elle était utilisée précocement "pour éviter les passages en réanimation et les complications qu'on observe aujourd'hui". Un millier de médecins étaient "capables de donner un consentement éclairé", surveillés par des confrères. Mais l'exécutif n'a jamais donné de réponse.

 

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