Une religieuse violée par un prêtre, l'affaire classée sans suite

Une ex-carmélite a porté plainte pour viol contre un prêtre. L'affaire a été classée sans suite cet été par le procureur de la République d'Aix-en-Provence.

Claire Maximova , une ex-religieuse, et son avocat insistent aujourd’hui auprès du procureur d’Aix-en-Provence pour qu’un juge d’instruction soit saisi dans l'affaire de viol par un prêtre, auquel elle a consacré un livre aux éditions du Cherche Midi.

 

Un prêtre perçu comme un sauveur

Quand Claire Maximova entre au Carmel à l’âge de 24 ans, elle découvre un milieu austère, un rythme de vie éreintant, totalement coupé de la société : "C’était très difficile dès le début. Très rapidement, je me sentais épuisée. Cela a continué des années et des années."

Jusqu’au jour où Claire rencontre un prêtre, la seule personne qui semble comprendre sa souffrance… "Il est arrivé un peu comme le sauveur." S’en suivra une première agression dans le parloir du couvent : "il m’a dit on va se faire des bises pour se dire au revoir, et là il a essayé de m’embrasser sur la bouche." Après cet incident, tous les deux prennent leurs distances… 

Une affaire classée sans suite

Mais en 2010, Claire est toujours très faible. Perdue dans son engagement spirituel, elle renoue avec lui. Le seul, dit-elle, à pouvoir l’aider : "cela allait de plus en plus loin, devenait de plus en plus pervers." Une spirale infernale stoppée par la mutation du prêtre au Canada. Claire réalise alors ce qu’elle a subi et informe sa hiérarchie. Elle décide de déposer plainte auprès du procureur d’Aix-en-Provence. Une affaire classée sans suite cet été.

"On nous dit qu’il s’est peut-être passé quelque chose, mais que cette personne n’était pas consciente qu’elle n’était pas consentante, explique l’avocat de Claire, maître Philippe-Henry Hoegger au micro de Clément Bargain. Cela n’a aucun sens au regard du dossier ou de la nécessité d’enquêter. Le minimum aurait été de faire une expertise psychologique, de rentrer dans les détails pour connaître la réalité de ce qui s’est passé. Ce n’est semble-t-il pas ce que souhaite le procureur de la République."