Un policier témoigne : "Il y avait de la haine, ils voulaient nous tuer"

Marqué par les manifestations des Gilets Jaunes et le manque de moyens, Nicolas ne sait pas s'il va continuer sa carrière de policier.

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4 ans après avoir enfilé son premier uniforme, Nicolas se sent épuisé. "On est utilisé comme de la chair à canon, on est envoyé sur le terrain avec rien. C’est ‘Démerdez-vous avec ça et faîtes du mieux que vous pouvez !"

17 novembre, 1er décembre, 15 décembre, le jeune agent est de tous les rassemblements des Gilets Jaunes, mais le pire pour lui restera l’acte III : "Je n’avais jamais vécu ça. Il y avait clairement de la haine en face de nous. Ils voulaient nous tuer. Quand on nous envoie des bouteilles d’acide, des cocktails Molotov, qui est une arme de guerre, des boules de pétanque, quand on nous fait des signes d’égorgement en face de nous, c’est qu’en face, ils n’avaient envie que d’une seule chose, de voir des collègues à terre."

Faute de moyens dans les commissariats, ce jour-là, hormis son casque, tout le reste de son équipement vient de ses propres fonds : "On a des collègues qui ont été envoyés sans casque. Certains ont été envoyés avec des casques, mais des casques des années 1990. Sinon, la majorité du temps, c’est de l’équipement personnel."

Un week-end toutes les six semaines, des journées de travail de parfois 16 ou 17h et une vie de famille par conséquent en dents de scie. "Est-ce que je vais continuer comme ça, malgré le manque de moyens ? Sincèrement, je ne sais pas."

Et le tout pour un salaire au Smic. Nicolas le dit, s’il n’avait pas travaillé ces jours-là, il aurait pu manifester avec les Gilets Jaunes, comme un simple citoyen.

Témoignage recueilli par Mathilde Choin pour Sud Radio