"Ubuesque". 200 personnes manifestent pour soutenir l'inspecteur du travail sanctionné pour avoir réclamé des masques

Environ 200 personnes sont venus soutenir Anthony Smith hier devant le ministère du travail: cet inspecteur du travail de Reims a été sanctionné après avoir demandé de mettre des masques à disposition de salariés d’une association d’aide à domicile, au mois d’avril. Il a été mis à pied et muté à Melun, soit à 200 kilomètres de son domicile. Sanctions qui ont soulevé une vague d'indignation : pétition avec 150.000 signatures, appel dans la presse de 150 personnalités, comité de soutien de 850 personnes. Après la manifestation ce mercredi, la ministre a accepté de le muter dans la Meuse, département plus proche, mais les syndicats demandent toujours qu’il soit réintégré à son poste. Ses collègues dénoncent une injustice.

La ministre du travail vient d'allégé la sanction, même si les collègues d'Anthony Smith demandent toujours sa réintégration à son ancien poste. (Ludovic Marin / various sources / AFP)
Reportage Sud Radio de Mayeule de Charon

 

Jean fait partie de ceux venus soutenir Anthony Smith. Pour lui, son collègue n'a fait que son travail en demandant à l’employeur de faire porter des masques à ses salariés: "On était dans un contexte où les pouvoirs politiques disaient que le masque n'était pas obligatoire, et en fait Anthony a eu raison trop tôt. Ce qu'il a demandé, aujourd'hui serait parfaitement validé, mais ça ne l'était pas au mois d'avril, et il en a fait les frais". Hélène se dit choquée par cette affaire. Elle dénonce un dysfonctionnement de plus dans la gestion de la crise sanitaire:

"La consigne de la hiérarchie était de rester chez nous en télétravail, et de contrôler les entreprises à distance. Alors qu'au contraire, il fallait aller sur le terrain, aller dans les entreprises pour - encore plus que d'habitude - faire respecter le code du travail qui prévoit que l'employeur doit garantir la sécurité et la santé de ses salariés".

Depuis l’annonce de cette sanction, beaucoup ont l’impression d’avoir une épée de Damoclès au dessus de la tête. C’est le cas de Marie: "On se demande ce que notre hiérarchie va dire, si l'employeur la sollicite en disant qu'on l'empêche de travailler, qu'on gpene son activité économique. On se dmeande si notre hiérarchie nous soutiendra ou pas, si elle fera son boulot". Tous demandent qu’Anthony Smith soit réintégré à son poste.

 

"Ubuesque. Aujourd'hui la ministre demande à ce qu'on mette des maques. Lui avait juste saisi un juge en demandant la même chose, il est sanctionné pour ça" -
Ian Dufour, représentant syndical CGT dénonce une ingérence et une injustice