Thierry Guerrier : "À 10 mois de la présidentielle, la droite n’a jamais été en si bonne position"

Dans son édito politique ce matin, Thierry Guerrier revient sur les enjeux de la semaine politique qui s’ouvre et qui sera sûrement essentielle pour la droite.

Dans son édito politique ce matin, Thierry Guerrier revient sur les enjeux de la semaine politique qui s’ouvre et qui sera sûrement essentielle pour la droite.

La question qui est posée, depuis les dernières élections, à la droite est simple : veut-elle se donner les moyens de gagner en 2022 ? À 10 mois de la présidentielle, elle n’a jamais été en si bonne position car les résultats des Régionales et les sondages le montrent : la droite classique, hors RN, est poussée aujourd’hui par un certain regain de confiance, un intérêt des Français qui veulent plus d’ordre et de fermeté, mais qui ne veulent pas pour autant de marine Le Pen à l'Élysée.

Reste que ce petit vent porteur et régulier pourrait très vite retomber si la droite renoue avec ses démons: l’arrogance, l’absence d’idées nouvelles et surtout la division !

Mais elle est déjà divisée entre ses trois présidentiables, issus ou non des Républicains ?

Rassurer-vous, elle peut faire pire. Mais c’est vrai que la Droite a fait émerger 3 têtes crédibles avec les Régionales. Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, en rupture de banc avec les LR, la jouent solo, et Laurent Wauquiez, très bien réélu en Auvergne-Rhônes-Alpes. Tout le problème maintenant va être de trouver un moyen de les départager. Eux, et éventuellement d’autres personnages qui pourraient entrer dans la danse comme François Baroin, poussé par Nicolas Sarkozy qui tente toujours de tirer les ficelles et qui n’a pas envie de soutenir Xavier Bertrand.

Xavier Bertrand est en tête dans les sondages, mais peut-il vraiment s’immiscer entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron ?

Les sondages montrent qu’il a pris un avantage certain en se déclarant il y a quelques semaines, et après sa belle victoire dans les Hauts-de-France. Il ne serait plus qu’à 4 à 5 points derrière Marine Le Pen, vers 20% d’intentions de vote. Un écart de la sorte ça se comble, tout est possible pour lui mais il n’a pas encore "plié le match" avec ses concurrents de droite et les jalousies sont telles chez Les Républicains que beaucoup chez eux se demandent surtout comment l’empêcher d’être "le" candidat de la droite.

Christian Jacob, le patron des Républicains doit présenter une "méthode" mardi. Mais une méthode de quoi ?

Une feuille de route pour essayer de sélectionner leur futur champion dans la course à l’Élysée. Ce sera d’abord une commande de sondages auprès de leurs sympathisants pour la rentré et en fonction de leurs résultats, si personne ne se détache, peut-être une primaire qui serait ouverte à tous les électeurs sympathisants de LR. Mais dans la mesure où Xavier Bertrand a dit qu’il irait au bout, sans passer par la primaire, ça complique la tenue d’une telle compétition.

Mais une primaire ouverte, vu l’expérience Fillon, ce n’est pas risqué ?

Ce n’est pas la primaire qui a abimé François Fillon mais ses affaires d’argent et de costumes offerts. La droite a une vraie chance l’an prochain car les Français veulent éviter la redite du scénario Le Pen/Macron à elle de ne plus être "la droite la plus bête du monde".