Samuel Lafont : "De plus en plus de Français n'ont pas confiance en les médias"

André Bercoff pose la question de la légitimité des médias "vérificateurs". Avec son invité Samuel Lafont, fondateur du média "de mobilisation" en ligne Damoclès, il évoque : "désintox", "décodeurs" et autres check-news dans "Bercoff dans tous ses états", de midi à 13h, jeudi 9 mai, sur Sud Radio !

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"Le choix même des questions est orienté par les médias vérificateurs"

Samuel Lafont, créateur du "média de mobilisation" Damoclès, présente leurs actions : "Quand on a lancé Damoclès en 2017, on a commencé par lancer des pétitions sur différents sujets : on s'est opposé au retour des djihadistes en France, avec une pétition à plus de 170.000 signataires, on a également fait une pétition contre le Pacte de Marrakech (110.000 signataires) et là nous venons de lancer une pétition contre l'islamisation de la France". Quid de la vérification de l'information ? "On a trois types de contenus sur Damoclès : les pétitions, les articles de fond et "Damoclès des intox". C'est ce que l'on peut appeler le "check news", qui va vérifier les informations, dont les titres sont systématiquement des questions. On répond à des questions que les gens se posent sur Internet".

André Bercoff d'expliquer qu'aujourd'hui d'autres sites d'informations ont ce genre de service : "Les Décodeurs" pour Le Monde, "Les décodeurs" pour Libération, "Les Observateurs" de France 24... Ces médias font la chasse à la désinformation eux aussi. "Ce qui fait la différence entre Damoclès et les autres médias qui font du fact checking c'est que nous cherchons ce qui peut vraiment intéresser les gens sur Internet. En fait, le choix même des questions qui sont posées est forcément orienté. C'est ce que la plupart des médias que vous avez cité ne disent pas forcément. C'est d'ailleurs pas mal reproché aux Décodeurs du Monde : de ne pas dire que par le choix de leurs questions, ils ont un axe militant".

"L'expression 'fake news' a été utilisée pour essayer de décrédibiliser des contenus"

Pour étayer ses propos sur ces sites et expliquer ce qu'il leur reproche : "Est arrivé un mouvement de fond avec de plus en plus de désintox, qui ont été créées depuis quelques mois. En fait, il y a eu une campagne pendant le Brexit et celle de Donald Trump en 2016, l'expression 'fake news' est sortie un peu sur toutes les ondes. Evidemment, il y a de fausses informations, mais il y a toujours eu de fausses informations, ce n'est pas nouveau. En revanche, l'expression 'fake news' a parfois été utilisée pour essayer de décrédibiliser des contenus vrais. La chasse de médias conventionnés contre certains sujets qui ne les intéressait pas, s'est retournée contre eux car eux-mêmes ont distillé de fausses informations".

Il cite l'exemple de l'incendie de Notre-Dame de Paris pour illustrer ses dires. Beaucoup de Français ont rapidement voulu connaître l'origine du sinistre. "Lorsque David Pujadas, en direct sur LCI, parle de deux foyers possibles. Le site Fdesouche reprend l'information. Les Décodeurs du Monde se sont empressés de dire qu'il s'agissait d'une intox d'extrême-droite, et quand ils se sont rendus compte de leur erreur, ils ne se sont pas excusés. Ils ont même continué. Cela les décrédibilise complètement". Pour André Bercoff, toutes les hypothèses doivent être exposées avant de trancher. Il estime qu'il faut arrêter de parler de complotisme à tout-va.

 

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