Romain Bessonnet : "Vladimir voyait déjà comment ça allait se passer"

Romain Bessonnet, spécialiste de la Russie, secrétaire général du Cercle Aristote et auteur de "Poutine par lui-même : la conquête du pouvoir" (éditions Jean-Cyrille Godefroy), était l’invité d’André Bercoff, vendredi 18 juin, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Romain Bessonnet invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Vladimir Poutine est réputé pour avoir une fine stratégie en matière de gestion intérieure et de diplomatie. Pourtant, tout est connu depuis le début des années 1990, alors même que l'Union soviétique ne disparaisse. Pendant que la plupart de ses camarades étaient occupés à tourner les talons, le jeune Poutine lui, prédisait déjà les problématiques actuelles.

 

À l'époque, "plus rien ne marche"

Durant l'été 1991, alors que sur le papier, l'URSS existe toujours, "Vladimir voyait déjà comment ça allait se passer", souligne Romain Bessonnet. Alors qu'il n'était que jeune président du comité des relations extérieures à la mairie de Saint-Pétersbourg, soit l'équivalent d'un adjoint au maire en France, il dévoile déjà sa pensée politique.

À l'époque, le système soviétique est à bout de souffle, "plus rien ne marche" et Leningrad craint "des problèmes d'approvisionnement des produits alimentaires". Le jeune Poutine, qui venait de démissionner du KGB un an auparavant, est chargé de "régler ces problèmes en essayant d'avoir des contrats d'importation avec l'étranger", rapporte le spécialiste de la Russie.

 

"Il tranche déjà avec les nomenclaturistes de l'époque"

Pour sa première interview sur une chaîne de télévision locale, il donne son point de vue politique sur la façon dont il voit le futur. "Contrairement à tous les autres cadres issus du Parti communiste, Vladimir Poutine en est encore membre à ce moment-là", souligne Romain Bessonnet. Plus encore, lorsque les autres "retournent leur veste", lui appelle à "assumer notre histoire, la traiter avec respect" même s'il y a eu de grandes erreurs. "Il tranche déjà avec les nomenclaturistes de l'époque", affirme l'auteur.

Dès cet entretien, on remarque déjà ce qui va devenir le fil conducteur de sa vie politique. "Notamment le fait qu'il faut une classe moyenne forte et nombreuse pour que l'État soit stable", résume Romain Bessonnet. Plus encore, c'est "la rupture de l'Union soviétique, artificielle", qui a choqué Vladimir Poutine, plus particulièrement avec l'Ukraine, la Biélorussie et la Russie. "Il n'y avait jamais eu de frontières de mémoire de gens vivants à l'époque", souligne-t-il. Alors ces républiques "artificielles" sont "l'un des plus grands crimes des soviétiques, avec la suppression des marchés, remplacé par des barbelés avant de perdre une partie de leur pays". Une raison pour laquelle "il considère que ces pays sont une partie de lui-même". 

 

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