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Robert Ménard devant le tribunal pour avoir refusé un mariage

"Je savais les risques que je prenais". Robert Ménard a assumé mercredi devant le tribunal correctionnel de Montpellier son refus de marier un homme algérien sous obligation de quitter le territoire à une Française résidente de sa commune de Béziers.

Robert Ménard au tribunal, entouré d'élus, en rapport avec un mariage refusé.
Gabriel BOUYS - AFP

"Je savais les risques que je prenais". Robert Ménard a assumé mercredi devant le tribunal correctionnel de Montpellier son refus de marier un homme algérien sous obligation de quitter le territoire à une Française résidente de sa commune de Béziers.

Le médiatique maire d'extrême droite risque en effet gros, jusqu'à cinq ans de prison, une amende de 75.000 euros ainsi qu'une peine d'inéligibilité.

Il est arrivé au tribunal peu après 13H00 sous une pluie battante en compagnie de l'ancien ministre de l'Intérieur et candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau, qu'il a fait citer comme témoin, et entouré d'une cinquantaine d'élus portant leurs écharpes tricolores.

Leur arrivée a déclenché quelques bousculades avec des manifestants hostiles au maire de Béziers, dont les partisans ont, eux, entonné une Marseillaise alors que les autres scandaient "Ménard délinquant, Retailleau collabo" ou "tout le monde déteste les fachos".

M. Ménard est poursuivi pour avoir refusé le 7 juillet 2023 de célébrer le mariage d'Eva M., citoyenne française, et Mustapha B., Algérien en situation irrégulière, expliquant qu'il soupçonnait un "mariage blanc". Quelques jours plus tard, Mustapha B. avait été expulsé en Algérie, où le couple s'est finalement marié cet été, même s'ils vivent séparés, l'épouse résidant en France avec ses enfants.

L'affaire avait suscité une polémique au plus haut niveau, puisque même Emmanuel Macron avait qualifié, en 2025, la situation des maires devant marier des personnes en situation irrégulière d'"ubuesque".

"Je me retrouve écartelé entre deux obligations", a estimé M. Ménard à la barre du tribunal. "Je suis officier d'état civil et je sais que je dois marier des gens. Mais je suis aussi OPJ (officier de police judiciaire) et à ce titre, je m'occupe de la sécurité, de la tranquillité. La présence de gens en situation irrégulière faisant l'objet d'OQTF me semble contradictoire. Vous me mettez dans une situation intenable. Vous me demandez de marier des gens dont vous avez décidé vous-mêmes qu'ils ne devraient pas se trouver en face de moi".

- Truc de fou -

"Je suis dans un truc de fou", résume-t-il, avant de répondre sans hésiter "oui" quand le président du tribunal lui demande s'il referait la même chose "si la situation venait à se reproduire".

Et de déplorer que "nombre de maires que j'ai rencontrés depuis cette affaire se sont trouvés dans la même situation mais ont fini par marier parce que la menace est terrible".

L'avocate du couple, Me Vanessa Edberg, lui demande s'il a pris, en dépit des risques, sa décision "par conviction politique". "Non madame, mes convictions politiques n'ont rien a voir là dedans", assure l'édile, qui fut très proche du Rassemblement national, avant de s'en éloigner.

Avant le début de l'audience, M. Retailleau a réaffirmé son soutien à Robert Ménard et estimé "qu'à ses cotés il y a aussi des millions de Françaises et de Français qui ne comprennent pas qu'un maire qui fait son travail se retrouve devant la justice alors que d'autres qui franchissent nos frontières de façon irrégulière, eux ne se retrouvent pas à la barre d'un tribunal".

Une proposition de loi visant à interdire les mariages pour les personnes en situation irrégulière en France est actuellement dans les mains de la Commission des lois de l'Assemblée.

Si l'Association des maires de France - dont le président David Lisnard n'a pu venir témoigner au procès en raison des intempéries qui frappent la région montpeliéraine - est favorable au texte, les maires de l'Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) l'ont eux jugé "discriminant".

Par Julie PACOREL / Montpellier (France) (AFP) / © 2026 AFP

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