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Javier Milei à Paris : pourquoi sa visite fait polémique en France

Par Estelle Solari

Appel à manifester, action citoyenne et "coup de gueule" des médias : la venue du tant controversé président argentin, Xavier Milei, provoque de vives réactions en France.

La venue de Xavier Milei ce 30 septembre 2026 fait polémique.
La venue de Xavier Milei ce 30 septembre 2026 fait polémique.(Photo by JUAN MABROMATA / AFP)

Javier Milei est à Paris du 30 septembre au 2 octobre 2026 pour l’« Argentina Week ». Après ce forum économique, le président argentin doit rencontrer Emmanuel Macron à l’Élysée et devrait intervenir à l’OCDE. Loin d'une simple visite diplomatique, son déplacement suscite une vive controverse en France, entre manifestations, pétitions et actions coup de poing de Reporters sans frontières (RSF).

En quête de capitaux pour redresser l'Argentine

Arrivé au pouvoir fin 2023 avec une inflation à plus de 200%, Javier Milei a entamé une cure d’austérité économique. Licenciements de fonctionnaires par milliers, réduction de 30% des dépenses publiques, nombre de ministères divisé par deux... Pour redresser le pays, les effort ont été radicaux. Résultat ? L’inflation retombe à environ 30%.

Une bonne nouvelle ? Pas sûr ! Cette amélioration économique est rendue possible au prix d’une détérioration sociale. Au premier semestre 2026, la pauvreté atteint des records et touche près d’un Argentin sur trois. Sa visite n'est donc pas anodine. Javier Milei vient chercher des capitaux en Europe, la France étant le 7e investisseur en Argentine avec quelque 250 filiales et 53 000 emplois.

La presse argentine plus enchaînée que jamais

Autre sujet de tension : la liberté de la presse. Sous la présidence de Milei, l’Argentine a perdu 58 places en trois ans dans le Classement mondial de la liberté de la presse de RSF. L’ONG révèle que le président diffuse en moyenne plus de 35 posts haineux par jour contre les médias, les qualifiant de « journalistes de merde » ou d’« ordures répugnantes ».

En février 2026, le chef d'Etat a fait adopter une réforme supprimant le statut du journaliste professionnel. La loi, historique, était en vigueur depuis 80 ans. A l'annonce de sa venue, la réponse d'RSF ne s'est pas fait attendre : un camion-écran à circulé dans tout Paris, affichant ses propos les plus virulents. Des syndicats de journalistes français dénoncent un accueil en France comme « insulte à la liberté de la presse ».

Une image polarisante et des critiques contre l’Europe

Surnommé « l’homme à la tronçonneuse » pour son symbole de coupes budgétaires, Javier Milei cultive une image de dirigeant libertarien et ultraconservateur. Une posture qui explique qu'une majorité de l'opinion argentine (environ 58%), lui soit défavorable. Avant son déplacement, le président a réitéré ses critiques contre un modèle européen trop régulé et« woke ». De quoi heurter à son tour, une partie de l’opinion française alors que le chef d'Etat vient solliciter des investissements.

Une pétition contre lui

Résultat ? L’Assemblée des citoyens argentins en France appelle à manifester. Une pétition à plus de 3 500 signatures, demande également à la Ville de Paris, de déclarer Javier Milei comme persona non grata : en diplomatie, cette désignation concerne un ressortissant étranger (le plus souvent, diplomate), dont un État refuse l’entrée ou le séjour sur son territoire. C’est la sanction diplomatique la plus courante et la plus radicale, à l’encontre d’un représentant étranger.

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