Retour en France des enfants de djihadistes : "Sans leur mère, ce serait rajouter du traumatisme au traumatisme"

La ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé, le 8 mai 2019, que la France allait "très probablement" rapatrier d'autres orphelins de djihadistes, des enfants choisis "au cas par cas". Alors que le gouvernement refuse de rapatrier ses ressortissants, hommes ou femmes, affiliés au groupe État islamique, cinq orphelins sont rentrés de Syrie le 15 mars dernier. Mathilde Choin de Sud Radio a rencontré Soraya (le prénom a été modifié), dont la sœur et le neveu de 3 ans et demi sont dans un camp du Kurdistan syrien.

 

 

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Dans un coin du salon, les vêtements et les jouets s'entassent. "Je lui ai acheté des affaires, un manteau d'hiver parce que je pensais qu'il allait vraiment venir là... Je ne sais pas si l'hiver prochain, il rentrera encore dedans !", confie Soraya à Mathilde Choin de Sud Radio. Depuis l'annonce, fin janvier, du retour de 130 djihadistes, Soraya s'impatiente.

Dans l'attente d'accueillir et de rencontrer, pour la première fois, son neveu de 3 ans et demi né en Syrie : "Ça passait en boucle, on était aux anges !". Mais depuis, pas de nouvelles.

Depuis le départ de son unique sœur, fin 2014, vécu pour elle comme une "trahison", Soraya a l'impression de passer par toutes les émotions : "Toutes les étapes ! Des étapes où on lui en veut, des étapes où on a de la peine pour elle, des étapes où on en veut au gouvernement de les laisser là-bas. Elle nous demande, de l'autre côté, quand elle sera rapatriée et nous dit que, dans ces cas-là, il ne fallait pas lui mentir, il fallait la laisser là-bas, elle serait morte dans les bombardements et ce serait fini".

Revenir sans leur mère, "ce serait rajouter du traumatisme au traumatisme"

Soraya ne conçoit pas que son neveu puisse revenir sans sa mère : "Je sais qu'il est très traumatisé, qu'il a très peur. Il n'ose pas s'éloigner d'elle, il est tout le temps collé à elle. C'est pour ça que c'est trop cruel, ce serait rajouter du traumatisme au traumatisme, en sachant que ces enfants n'ont connu que leur mère".

Une possibilité que les autorités françaises excluent toujours. Face à ce refus, plusieurs avocats viennent de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme. 

La ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé, le 8 mai 2019, que la France allait "très probablement" rapatrier d'autres orphelins de djihadistes. Des propos qui font bondir Marie Dosé, avocate de plusieurs familles d'enfants prisonniers au Kurdistan :