René Chiche : "Je trouve en moyenne 3 fautes d’orthographe par page et 3 fautes de pensée par paragraphe"

René Chiche, professeur de philosophie, auteur du livre "La désinstruction nationale" (Éditions Ovadia) était l’invité d’André Bercoff mardi 25 février sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

René Chiche invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

En trente ans de carrière dans l'Éducation nationale, René Chiche a corrigé au total près de 36.000 copies de baccalauréat, soit 180.000 pages. Parmi toutes ces pages, le professeur de philosophie a pu voir le niveau des élèves considérablement baisser.

 

Et si la solution était la sélection ?

Depuis trente ans, le professeur de philosophie corrige les copies du baccalauréat. Et le constat est affligent. "Je trouve en moyenne 3 fautes d’orthographe par page, 3 fautes de pensée par paragraphe", raconte-t-il. Un constat qui a poussé René Chiche à écrire La désinstruction nationale, en juillet dernier. "J'étais effayé", témoigne-t-il.

Quelle réponse apporter ? Le professeur a pour sa part soutenu la loi "pour l'orientation et la réussite des étudiants". Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a été "consterné par le concert de contestation venant des syndicats mainstream". Une opposition à la sélection. "Pourtant, la sélection c'est la base de notre métier, si ce n'est pas la sélection, c'est le mensonge et l'hypocrisie", estime le professeur. "Ça met les élèves dans l'illusion qu'ils ont des capacités qu'ils n'ont pas, et cela finit par créer une pression terrible sur l'examen", explique-t-il, ajoutant ne pas croire au taux de réussite du bac aujourd'hui, de 88%.

Des causes multiples

Pour le professeur, les étudiants "vont arriver dans le supérieur en étant confrontés à la réalité". "On est en train de secondariser le supérieur, d'introduire des sas pour remédier et prétendre rattraper, à 18 ans, ce qu'on n'a pas fait les quinze années précédentes", s'indigne René Chiche.

Cette situation trouve sa racine dans plusieurs explications. "Il y a des causes qui relèvent de l'organisation, d'autres de l'enseignement, du fonctionnement interne des établissements", estime-t-il, sans oublier le "mode de recrutement de la profession qui est extrêmement problématique", d'après lui.

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