Renaud Muselier : achat de vaccins par les Régions : "on nous le refuse à chaque fois"

Renaud Muselier, Président LR de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur et Président de Régions de France, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 12 février 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Renaud Muselier interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 12 février 2021 à 7h40.

Renaud Muselier : "On fait des propositions en permanence et, finalement, on finit par avoir raison trois mois plus tard"

Les variants sud-africain et brésilien de la Covid-19 inquiètent en France, notamment en Moselle où ils sont très présents selon Olivier Véran. Le maire de Metz demande un confinement localisé. "Je suis pour la territorialisation", souligne Renaud Muselier, Président LR de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur et Président de Régions de France. "Je suis pour des règles par rapport à des normes qui soient bien clarifiées", comme le taux d’incidence ou le nombre de patients en réanimation. En PACA, "nous sommes à un taux élevé, pas en positivité mais en nombre de patients hospitalisés en réanimation". Toutefois, "nous sommes à un plateau élevé mais on tient".

Quant aux variants, ils n’inquiètent pas plus que ça le Président de la région Sud PACA : "on en est déjà à une dizaine de variants, au moins". Contrairement à la volonté de fermer, Renaud Muselier est plutôt "partisan du quoi qu’il advienne", c'est-à-dire "ouvrir, rouvrir, tester, retester, revenir à la médecine, revenir à la prévention, et faire en sorte qu’on retrouve la vie". Pour lui, médecin de formation, il faut qu’on apprenne "à vivre avec une pathologie".

C’est possible aujourd’hui car la maladie "on la connaît mieux". Il rappelle que malgré la fermeture en octobre des bars et restaurants, "ça ne nous a pas empêchés d’avoir le pic en novembre et le pic en janvier".

Les relations entre les collectivités territoriales et le gouvernement, "on ne peut pas dire que ça s’améliore", déplore Renaud Muselier. Pour lui, "c’est l’entre-soi du ministère de la Santé qui fait en sorte qu’ils prennent du temps pour prendre des décisions, qu’ils ont du retard sur tous les ballons et ils se retrouvent dans une situation où les décisions qui sont prises sont toujours prises avec retard". "On fait des propositions en permanence et, finalement, on finit par avoir raison trois mois plus tard. C’est un peu dommage."

 

"L’avenir passera par les auto-tests"

Pour lui, "l’avenir passera par les auto-tests", notamment salivaires et antigéniques et qui permettent d’avoir un résultat en quelques minutes. Moins fiables, ils seront toutefois utiles : "si déjà vous avez 80% ou 90% de fiabilité, le matin quand vous vous levez vous savez si vous êtes positif".

Grâce à ces tests, explique le Président de Régions de France, "vous avez une capacité à rouvrir un certain nombre d’activités professionnelles, de retourner à la faculté, de retourner à l’université en ayant des auto-tests salivaires". "J’ai fait un appel d’offres pour 500.000 auto-tests salivaires de façon à les mettre dans la région, et je n’ai pas l’autorisation du gouvernement." Il estime qu’il aura l’autorisation "dans trois mois, car c'est toujours la même histoire : les décisions sont prises avec retard. On prend toujours, toujours du retard", déplore-t-il. Comme ce sont toujours les mêmes qui décident des mêmes choses de la même manière, en se donnant toujours raison.

 

"Les territoires légitimes" pour décider d’un reconfinement local ou non, "c’est les régions"

Quant au reconfinement possible de la population, il rappelle que les "critères" et les "modalités de fermeture" ont "changé en permanence". "Aujourd’hui, il y a trois critères qui sortent", souligne Renaud Muselier, "et je pense qu’il faut le faire par territoire". "Et les territoires légitimes" pour décider d’un reconfinement local ou non, "c’est les régions".

Renaud Muselier a déclaré vouloir rouvrir les activités culturelles de sa région à l’horizon du 1er juillet 2021. "Moi, je suis pour le quoi qu’il advienne. Donc, quelle que soit la situation, on va s’adapter. On nous explique toujours comment il faut fermer, et pourquoi. Et moi je propose de rouvrir en fonction", notamment de la typologie du spectacle. Pour autant, "je ne suis pas pour la désobéissance civile", explique-t-il, "je suis pour les propositions permanentes". "Louis Aliot, avec son étiquette d’ailleurs, qui prône l’ordre et la discipline et qui nous explique qu’il faut rouvrir sans discipline… mais sur le fond, il n'a pas tort" car il serait possible de trouver un protocole pour rouvrir les musées et la gestion des flux.

 

Achat de vaccins par les régions : "on nous le refuse à chaque fois"

Hervé Morin avait annoncé son intention d'acheter lui-même des vaccins pour sa région. "On a demandé, et c'est pareil, on nous le refuse chaque fois", souligne Renaud Muselier. "Sur le plan sanitaire, on nous refuse tout." Il rappelle que c'était la même chose avec les masques et tient à souligner que la région "n'est pas là pour concurrencer et mettre en difficulté l'ARS ou l'État. Nous, on est là pour venir en soutien."

 

 

Concernant les vaccins, il a demandé à ce que soient mis "10 millions de vaccins en plus" dans le cadre des demandes faites à l'Europe. "Notre logique, c'est de s'appuyer sur les pharmacies, explique le Président de Régions de France. On nous dit depuis le mois de novembre de nous appuyer sur les pharmacies et les généralistes pour vacciner, rappelle-t-il. Pour la grippe, vous avez 15 millions de vaccinés en 1 mois et demi traditionnellement ; il suffit, par les répartiteurs, de livrer de la même manière pour ce vaccin !" estime-t-il.

 

 

 

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