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Présidentielle 2027 : à droite et au centre, l'union divise

A un an de la présidentielle, la droite et le centre peuvent-ils décréter l'union sacrée face à un possible duel RN-LFI? L'appel à une candidature unique de dizaines de personnalités allant des macronistes aux Républicains semble très compliqué à mettre en place et divise les caciques des partis.

Bertrand GUAY - AFP/Archives

A un an de la présidentielle, la droite et le centre peuvent-ils décréter l'union sacrée face à un possible duel RN-LFI? L'appel à une candidature unique de dizaines de personnalités allant des macronistes aux Républicains semble très compliqué à mettre en place et divise les caciques des partis.

"Je me contrefous de sauver les partis", tonne sans ambages sur LCI dimanche la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon (Renaissance), dans une adresse aux chefs des formations politiques et particulièrement à celui des Républicains, Bruno Retailleau.

Le Vendéen, candidat pour 2027, a argué jeudi que "ce qui risque d'entraîner la mort de LR, ce serait l'absence de notre parti à la présidentielle". Quelques jours plus tard dans le JDD, il a rejeté toute "synthèse molle, dans la continuité du macronisme", et estimé qu'une éventuelle "candidature unique ne peut-être que le produit d'une dynamique" de campagne.

Le contre-pied d'un appel lancé par 90 personnalités de droite et du centre dans La Tribune Dimanche. Parlementaires, ministres et anciens ministres, de Renaissance à LR en passant par le MoDem et Horizons, exhortent leurs dirigeants à "dialoguer" et "construire" un "large rassemblement" et à dépasser "les querelles d'ego".

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon (Renaissance), le 27 mars 2026 à Paris

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon (Renaissance), le 27 mars 2026 à Paris

Ludovic MARIN - AFP

"On leur dit +entendez vous+", résume Maud Bregeon, signataire. Tout comme le député LR Antoine Vermorel-Marques, sur X : "sans union, la gauche radicale et l'extrême droite se retrouveront seules au second tour".

Reste que le chemin vers une candidature unique semble très compliqué à tracer, entre les ambitions des chefs et les divergences, qu'elles soient politiques ou stratégiques.

Ainsi, le ministre des Affaires étrangères et cadre du MoDem, Jean-Noël Barrot, désapprouve le timing: "nous aurions tort de nous précipiter dans des rassemblements de partis, il faut d'abord passer par une période d'affirmation", a-t-il estimé sur France 3 (Dimanche en Politique).

Le président du groupe parlementaire Ensemble pour la République à l'Assemblée national, Gabriel Attal, le 11 mars 2026 à Paris

Le président du groupe parlementaire Ensemble pour la République à l'Assemblée national, Gabriel Attal, le 11 mars 2026 à Paris

Bertrand GUAY - AFP/Archives

D'autant qu'il est difficile d'imaginer aujourd'hui un pont de Gabriel Attal, patron de Renaissance, à Bruno Retailleau.

Le premier ayant reproché au second des positions qui "glissent vers l'extrême droite" et proposé à Horizons et au MoDem un "comité de liaison", sans LR.

Pas en reste, le patron des Républicains abonde: "qui me voit faire campagne pour Gabriel Attal? Soyons sérieux".

- "Pas cinq à la fin" -

Un grand écart sur la ligne de départ qui donne des munitions aux oppositions : ce sont "des gens qui n'ont pas grand-chose à faire ensemble, qui veulent garder leur place", a évacué dimanche sur BFMTV le député RN Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen.

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin à Paris, le 27 mars 2026

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin à Paris, le 27 mars 2026

JULIEN DE ROSA - AFP

Quant à l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, dans les starting-blocks pour 2027, il a prédit à tout candidat du bloc central un risque de "déficit de crédibilité", sur le plateau du Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat. Car, à ses yeux, "le macronisme est mort" et, tous, jusqu'à l'ex-ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, seront comptables de ce bilan qu'il juge raté.

De son côté, en privé, le Premier ministre Sébastien Lecornu n'exclut pas de jouer lui-même un rôle de facilitateur. L'influent président du Sénat Gérard Larcher (LR), qui a réuni à plusieurs reprises les chefs de partis, se veut aussi un intermédiaire.

A la question de la ligne politique s'ajoutera la difficulté du mode de désignation d'un éventuel candidat commun, entre partisans d'une primaire et d'une sélection par les sondages.

Le président du Sénat, Gérard Larcher, lors de l'"université" d'été des Républicains à Port-Marly, le 6 septembre 2025 dans les Yvelines

STEPHANE DE SAKUTIN - AFP/Archives

Le patron du Sénat serait, lui, plutôt favorable à une primaire de la droite et du centre et un candidat commun d'ici "novembre".

Un proche de Gabriel Attal se veut optimiste, - "ce qui est important c'est qu'il n'y en ait pas cinq à la fin", sans manquer de relativiser l'avance sondagière d'Edouard Philippe, "candidat depuis un an et demi".

Dans un sondage Elabe paru samedi, le patron d'Horizons est considéré comme le seul de son espace politique à même de battre au second tour l'extrême droite, toujours loin en tête des estimations.

Il a "pris une sérieuse option" mais "douze mois c'est long" et "ça ne règle pas cette question de l'unité", a souligné Maud Bregeon.

Par Sami ACEF / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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