Philippe d'Iribarne : "Les Musulmans intégrés ont besoin d’être aidés par un discours de vérité qui leur permette de résister à l’islamisme"

Philippe d'Iribarne, directeur de recherche au CNRS et auteur de « Islamophobie, intoxication idéologique » (Albin Michel), était l’invité d’André Bercoff, lundi 15 avril, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

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Chaque acte sur l'islam est "interprété comme un rejet radical de tout l'islam"

André Bercoff revient notamment sur un événement qui a marqué l'actualité : un jeune homme, Hugo, a publié sur Twitter une photo de La Mecque avec une légende, comparant la pierre noire et les croyants autour à un jeu de Gulli : "Ptdr y'a du monde à InZeBoite". Il a reçu de nombreuses menaces de mort. Philippe d'Iribarne, venu présenté son ouvrage Islamophobie, intoxication idéologique (Albin Michel), revient sur ces faits qui ont entraîné des menaces violentes. "Il y a un tronc commun entre ces phénomènes et ce que j'ai étudié dans mon livre : une très grande difficulté du monde musulman à accepter la mise en cause, les critiques, l'humour, etc. Et dès que quelque chose se passe, c'est immédiatement interprété comme un rejet radical de tout l'islam, une attitude de haine complète envers tout l'islam et tous les musulmans".

Et le chercheur de poursuivre : "Il y a une grande difficulté à admettre qu'il puisse y avoir envers l'islam comme il y a envers le christianisme, le judaïsme... des réactions très complexes, très mesurées avec un ensemble de choses qui sont bien acceptées, et d'autres mal acceptées. Il y a une sorte d'amalgame envers toute réaction qui ne soit pas totalement positive, l'assimilant au pire". Pour lui, il y a en fait deux amalgames : le premier qui consiste à dire que lorsque l'on critique un bout de l'islam, c'est tout l'islam que l'on critique et l'autre, qui est d'assimiler l'islam au refus de l'autre en général, au racisme, à la xénophobie...

"La création du concept d'islamophobie est très habile"

Pour Philippe d'Iribarne, "Le respect de l'autre est au coeur de la moralité contemporaine. Les islamistes s'en servent avec beaucoup d'habileté. Ils savent très bien se servir de cette vision très vertueuse de notre société pour s'abriter. Cette vision leur sert pour leur fournir une sorte de cape d'invisibilité aux aspects de l'islam qui font problème". Il évoque alors les différences entre l'aspect spirituel, "respectable et respecté" de l'islam et son aspect social. "Ce qui n'est pas respecté et qui entraîne des réactions négatives de la part de l'Occident, c'est la tentative d'imposer un ordre social qui refuse à la fois la liberté, et en particulier la liberté de religion, la liberté de conscience, la possibilité pour une musulmane d'épouser un non musulman et le statut des femmes". 

Et d'insister sur les différences entre le religieux et le social : "Quand on regarde dans le coran, les femmes et les hommes sont traités exactement à parité, en matière spirituelle." Puis il poursuit sur le concept d'islamophobie :  "La création du concept d'islamophobie est très habile", selon lui. "Ce qui m'étonne plus ce sont ceux qui les suivent, les compagnons de route". Et de comparer avec le phénomène du communisme des années 1930. André Bercoff estime que le changement viendra des musulmans eux-mêmes. L'auteur conclut : "Les Musulmans intégrés ont besoin d’être aidés par un discours de vérité qui leur permette de résister à l'islamisme qui leur fait croire qu’ils sont des apostats".

 

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