Peur du coronavirus : la ruée sur les pharmacies et les supermarchés

Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine, et Olivier Dauvers, spécialiste de la grande distribution, étaient interviewés dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 2 mars. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Les masques sont à utiliser en cas de symptômes. AFP

Les peurs liées au coronavirus entraînent une véritable ruée sur les masques et les gels hydroalcooliques dans les pharmacies, et sur les produits de première nécessité en grande distribution.

 

Ne plus venir acheter de masque en pharmacie

"Cela fait plusieurs semaines que l’on est sous tension, confirme Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine. C’est simple, il ne faut plus venir acheter de masques en pharmacie. Il faut garder les masques pour les personnes qui en ont besoin, être solidaire, ne pas en stocker. Les masques vont être réservés aux personnels de santé pour les personnes infectées par le coronavirus ou susceptibles de l’être. Une vingtaine de millions de masque de la réserve de masques d’État vont être mis à disposition des personnels de santé".

Quid des gels hydroalcooliques ? "Même s’il n’y a pas rupture totale, il faut se laver les mains avec de l’eau savonneuse régulièrement, et réserver les gels en déplacement, dans les lieux publics. Le reste du temps, utilisez de l’eau et du savon plusieurs fois dans la journée". À noter que les pharmaciens pourraient être autorisés à en fabriquer pour pallier ce moment de rupture, s’ils en obtiennent l’autorisation.

Des stockages irrationnels

Et dans la grande distribution, y a t-il un mouvement de panique ? "Cela a été la même chose dans l’ensemble des rayons pâtes, riz, sucre et conserves, estime Olivier Dauvers, spécialiste de la grande distribution. Nous avons eu la classique ruée. C’est toujours stupéfiant d’imaginer que l’on fasse des provisions ainsi, mais cela marche à chaque fois. On a vu des rayons dévalisés ce week-end". À quel point ? "Pour vous donner un chiffre sur l’évolution des ventes sur le Drive, le fait de faire les courses sans aller dans les magasins connaît une progression entre 15 et 25%, deux à trois fois plus forte que les semaines habituelles. Cela montre bien que l’on est déjà en train de modifier les comportements des consommateurs".

Il n’y a donc pas besoin de stocker dans l’immédiat ? "Les comportements des consommateurs ne sont pas toujours dictés par la rationalité, juge Olivier Dauvers. On ne dépend pas de la Chine pour manger des pâtes ou du lait, et les entrepôts sont pleins. On cumule deux craintes, celle de ne plus pouvoir accéder demain à la marchandise ou au magasin, et il est presque normal de voir ces comportements de stockage irrationnels. En Italie, on a vu des hausses de 50 à 100% des ventes des produits de première nécessité, alors que les supermarchés étaient accessibles et qu’il n’y avait pas de confinement".

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