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Pâques : la hausse injustifiée du prix du chocolat industriel fait débat

Par Elliott Léonard

A l'occasion du week-end de Pâques, les envies de chocolat ressurgissent et les industriels l’ont bien compris. Alors que le cours du cacao est en baisse depuis environ un an, le prix du chocolat industriel a augmenté… de 4 %, selon l’UFC-Que Choisir. De quoi mettre en rogne les artisans et les consommateurs.

Ferrero, Milka, Lindt : telles sont les enseignes qui ont augmenté le plus leurs prix cette année. L’inflation alimentaire étant presque nulle, ces marques réalisent des marges de plus en plus grandes. Si cette augmentation peut sembler dérisoire, elle s’inscrit dans une tendance haussière impressionnante : + 36 % en 4 ans.

L'artisanat fait de la résistance

Du côté des artisans, le constat est très différent. Pour rester compétitifs et accessibles, certains artisans chocolatiers font des sacrifices. Jérôme Lepinet, chocolatier en région parisienne, témoigne au micro de Sud Radio sur les abus des industriels : « Quand on regarde le prix au kilo d’un industriel par rapport à celui d’un artisan, il n’y a pas d’écart. Cette année, sincèrement, c’est vraiment flagrant. Parfois, même dans de grandes enseignes, ils sont plus chers que nous au prix au kilo. »

Des coûts additionnels pénalisants

Constat étonnant, alors que les uns travaillent un produit brut, à la main, et les autres fabriquent du chocolat à la chaîne. Le chocolatier parisien dévoile tous les coûts additionnels qui s’ajoutent à la production : « On a le transport maritime qui a doublé de prix. On a énormément de frais en plus. Sur l’énergie, on prend 20 %, le packaging, 10 ou 12 %. Il n’y a pas que le chocolat qui entre en ligne de compte. Ce sont davantage les à-côtés qui nous pénalisent que le prix du cacao », des coûts ressentis dans une bien moindre mesure chez les industriels puisque les quantités sont colossales.

« Une fois qu’on a mis le plein dans sa voiture, le chocolat, ce n’est pas la priorité »

Malgré la hausse de tous ces frais, les artisans doivent trouver des solutions. « Nous, on a baissé de 12 % le prix du chocolat. On sent bien qu’aujourd’hui, le pouvoir d’achat a baissé. Une fois qu’on a mis le plein dans sa voiture, le chocolat, ce n’est pas la priorité. On essaie de s’adapter », déplore-t-il au micro de Sud Radio.

Les grands groupes prospèrent pendant que les artisans peinent à survivre, et les consommateurs en subissent eux aussi les conséquences. Dans ce contexte, choisir un chocolat artisanal, à prix comparable, peut finalement s’avérer gagnant-gagnant.

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