Olivier Dussopt - "Dans chaque ministère, dans chaque grande administration, il y a des plans de continuité du service"

Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 9 mars sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Olivier Dussopt, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 9 mars à 7h40.

Olivier Dussopt : "le système médical sera armé pour répondre" au stade 3 de l'épidémie

Pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, en France, les rassemblements de plus de 1.000 personnes sont désormais interdits, mais nous n'en sommes pas encore au stade 3. "Toutes les décisions prises pas le gouvernement, par le ministre de la Santé en particulier, sont appuyées sur des avis médicaux, explique Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, au micro de Patrick Roger. L'éventuelle décision de passer au stade 3 dépend uniquement des avis médicaux. Je ne sais pas dire à quel moment la France passera au stade 3, assure-t-il. Personne ne connaît suffisamment à l'avance l'évolution de l'épidémie pour pouvoir anticiper une date, mais ce qui paraît inéluctable, c'est qu'à un moment ou à un autre nous serons au stade 3, ajoute-t-il. Cela signifiera que le virus est présent sur la quasi-totalité du territoire, avec un système médical armé pour répondre, et qui adaptera sa réponse.

 

La vraie différence, c'est qu'au stade 2, l'objectif majeur est de ralentir la propagation du virus". Il n'y a pourtant aucune restriction pour les transports ? S'étonne Patrick Roger. "La première raison est que nous devons continuer à vivre, l'activité sociale, économique doit se poursuivre, justifie Olivier Dussopt, car ça compte aussi dans une période qui peut durer plusieurs semaines".

 

"Nous faisons en sorte de garantir un plan de continuité des services"

"Dans les services publics, il y a les mêmes consignes que pour les Français dans leur ensemble, précise Olivier Dussopt. La prévention, avec les gestes barrières. Il faut aussi vérifier si les symptômes apparaissent. Nous avons aussi donné des consignes plus particulières en termes d'accompagnement des personnes confinées ou malades par mesure de précaution. Dans la fonction publique, nous avons le même pourcentage de cas qu'ailleurs, annonce-t-il. Nous faisons en sorte de faciliter le télétravail, la garde d'enfants, comme pour les salariés du secteur privé. Si l'épidémie devait être plus importante, si le nombre d'agents publics concernés devait être plus important, nous faisons en sorte de garantir un plan de continuité des services. Dans chaque ministère, dans chaque grande administration, il y a des plans de continuité des services de manière générale, rappelle le secrétaire d'État. Cela peut être le cas en période d'inondations : les ministères sont organisés pour savoir déterminer quelles sont les fonctions stratégiques qui doivent être à tout prix mobilisées. Nous garantissons que nous avons des organisations prévues pour garantir le fonctionnement de l'État en cas de stade 3", insiste-t-il.

Des réquisitions sont-elles possibles ? "Bien-sûr, le service public en général travaille sur la base de la nécessité de service, explique Olivier Dussopt, et donc, nous n'en sommes évidemment pas là, mais le service public doit avoir un fonctionnement minimal, c'est le fonctionnement de l'État".

Concernant le droit de retrait, Olivier Dussopt précise "qu'il est encadré de manière extrêmement particulière. Nous sommes à un stade où lorsque l'employeur a suivi toutes les préconisations, il n'est pas question de droit de retrait au sens du droit. Un agent peut faire valoir le droit de retrait lorsqu'il est exposé à un danger extrêmement grave voire létal, de manière rapide et impossible à empêcher, rappelle-t-il. Il y a des interrogations et c'est normal".

 

Élections municipales : "À ce stade, rien ne nous amène à les annuler ou à les reporter"

Les élections municipales sont prévues dimanche 15 mars. "À ce stade, rien ne nous amène à les annuler ou à les reporter, souligne Olivier Dussopt. Il faut être prudent, mais c'est un moment démocratique auquel nous tenons tous. Les communes prennent leurs dispositions".

Dimanche 8 mars, journée internationale des droits des femmes, seules 2 femmes étaient présentes au conseil de Défense qui s'est tenu, pour une douzaine d'hommes. "Je peux vous assurer que nous nous battons tous les jours pour que les objectifs fixés en 2012, que j'ai renforcés par un accord en 2018 et par la loi en 2019, soient tenus : parmi eux, il doit y avoir au minimum 40% de femmes nommées sur des postes définis, j'ai élargi cette liste, précise Olivier Dussopt. J'ai mis dans la loi le fait que les promotions au choix soient réparties entre les hommes et les femmes en fonction de la réparation hommes-femmes des services concernés".

 

Olivier Dussopt a lancé avec Jean-Yves Le Drian le mouvement "Territoires de progrès", qui est "l'aile gauche de la majorité". "Ce sont des hommes et des femmes de gauche, qui veulent participer à la majorité présidentielle, à la réussite du quinquennat, avec une liberté de ton et une autonomie. Ils ont rejoint la République en Marche. Nous avons dans notre pays énormément d'hommes et de femmes qui sont des socio-démocrates, qui veulent participer à la réussite du quinquennat et qui se retrouvent, parfois avec des nuances, mais dans l'action conduite par le gouvernement et le président de la République, et qui souhaitent soutenir plutôt que de s'enfermer dans une structure d'opposition stérile".

 

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