Nos données StopCovid convoitées? Les opposants le craignent

La mise en place de l'application StopCovid en débat devant l'Assemblée nationale ce mardi après-midi. Pour accompagner le déconfinement du 11 mai, le gouvernement cherche à mettre en place une application sur les smartphones qui permettrait de savoir si on a croisé un malade du coronavirus. Pas d'obligation, cela se ferait sur la base du volontariat... Mais le traçage numérique est loin de faire l'unanimité.

(Alain JOCARD / AFP)
Reportage Sud Radio de Clément Bargain

 

Cette application de suivi: un outil efficace pour lutter contre la propagation du virus selon Arnaud Péricard: le maire de Saint-Germain-en-Laye souhaite l'expérimenter au plus vite: "C'est l'un des outils dans la lutte contre la propagation de cette épidémie !  Je pense que toutes les technologies sont bonnes à utiliser pour éviter la propagation de ce virus". Cette application mobile doit permettre d'indiquer si l'on a été en contact avec un malade du covid 19 via la technologie Bluetooth. Le député socialiste Boris Vallaud doute de son efficacité:

"Il faut un niveau de population qui soit très élevée pour que ça fonctionne, de l'ordre de 60%, alors que moins de 40% des Français se disent disposés à télécharger cette application. Ensuite ça ne fonctionne par pour beaucoup de personnes âgées qui ont un taux d’équipement moitié moindre à celui du reste de la population. Le bio-traçage ne nous parait pas être la bonne idée, compte-tenu du bénéfice attendu." - Boris Vallaud, PS

 

Données exploitables?

D'autant que de nombreux experts du numérique s'interrogent sur la protection de nos données personnelles: Thierry Vallat, avocat en droit des nouvelles technologies estime que cette application concerne "des données de santé, parmi les plus sensibles. On sait très bien que, les données étant particulièrement importantes et utilisables par des opérateurs publics au privés, elles risquent d'attirer la convoitise et d'être récupérées pour des fins autres que la lutte contre la pandémie". L'application StopCovid ne fera pas l'objet d'un vote spécifique à l'Assemblée Nationale.

 

"On sait pas qui aura accès ni combien de temps, ni à quelles données... On dit qu'elles seront anonymisées: c'est malheureusement un vœu pieux ! On aura fatalement des données associées à votre portable, utilisables par des opérateurs à des fins autres que la pandémie" - Pour Thierry Vallat, avocat en droit des nouvelles technologies, cette application peut être dangereuse pour nos libertés individuelles